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PRONG - State Of Emergency (2023)
Par DARK BEAGLE le 27 Février 2024          Consultée 1101 fois

PRONG, ou plutôt Tommy Victor revient après six ans d’absence avec ce "State Of Emergency" orné de cette pochette à la fois moderne et rétro. Et si cela fait forcément plaisir aux fans du guitariste chanteur (et par-delà, du groupe), force est de constater que PRONG n’est plus tout à fait aussi impérial depuis son retour sur "Scorpio Rising". S’il est encore possible de lâcher un bon 4 sur un disque ou l’autre depuis cette reformation, il convient de se dire qu’il ne s’agit pas du même 4 que je pourrais lâcher sur un "Beg To Differ" ou sur un "Cleansing", qui saluait alors une progression stylistique et une originalité plus que bienvenue. Un 4, aujourd’hui, consisterait plus à saluer l’efficacité d’un disque, le talent d’écriture de Victor ou même son abnégation. La saveur et la valeur n’est donc pas/plus la même.

Et forcément, avec son famélique 3, "State Of Emergency" pourrait être traduit par « album fade » sur l’échelle Prongienne de notation de ce combo mis au goût du jour. En fait, c’est un peu plus compliqué que cela et il convient de prendre son scalpel pour disséquer la bête. PRONG revient avec un énième line-up. Cette fois-ci, nous retrouvons Jason Christopher à la basse qui apporte un sentiment de stabilité et les fûts sont malmenés par Griffin McCarthy (qui aurait œuvré au sein de DESPYRE). Si cette section rythmique s’avère très efficace, il convient de reconnaître que Ted Parsons restera toujours le meilleur batteur qu’ait eu le groupe, capable d’insuffler un groove monstrueux sur des lignes de guitares qui empruntaient largement au Thrash et au Metal Indus. Après son départ – et surtout son non retour – PRONG n’a plus jamais aussi bien sonné.

Alors oui, "State Of Emergency" est un album qui ne fait pas dans la finesse, qui tabasse même sévèrement avec des aspects Thrash bien présents ("The Descent", qui s’inscrit dans la lignée des ouvertures rentre-dedans du combo, un "Breaking Point" autrement plus efficace pour malmener son cou), avec toutefois une recherche mélodique affirmée et des relents Groove Metal saupoudrés d’Indus ("Obeisance", le title-track) et toujours ce chant qui vient brouiller les pistes, lorgnant parfois vers la scène NYHC d’où est originaire PRONG, mais toujours plaisant de l’ami Victor. C’est d’ailleurs le point de satisfaction de ce disque, avec le son de guitare, toujours aussi abrasive. Cependant, vous pouvez le sentir, la frustration pointe rapidement le bout de son nez.

En effet, passé une efficacité initiale, il est amère de constater que Tommy Victor se contente de faire du PRONG, sans chercher à se renouveler. Sans être mauvais, "State Of Emergency" est balisé de toute part, c’est tout juste s’il a réussi à m’étonner avec le très lisse "Disconnected" qui ne m’a pas vraiment réjoui pour autant. Le disque est prévisible, il tape exactement là où nous l’attendons, sans trop se soucier de l’homogénéité globale, ça part parfois un peu dans tous les sens sans être aussi convainquant que ce qui fut fait sur "Prove You Wrong" à l’époque. La plus grosse surprise résiderait dans cette reprise du "Working Man" de RUSH, alors que Victor n’est pas particulièrement fan des Canadiens. Et c’est certainement ce qui permet à cette cover de tirer son épingle du jeu, car le groupe n’a pas de scrupule à se l’approprier tout en conservant sa mélodie de base. Mais d’un titre Hard Rock, la formation en tire quelque chose de Doom, quasiment Sabbathien, qui permet de terminer le disque sur une très bonne note.

Entre, il y a les moments de bravoure où Tommy Victor étale sans vergogne son sens du riff qui tue, une agressivité mordante qui jaillit à de nombreux moments et ces passages un peu vide de sens qui donnent l’impression que malgré les six années qui séparent ce "State Of Emergency" de "Zero Days", l’inspiration n’est pas franchement revenue et que le groupe est en pilotage automatique. La croisière se fait sans heurts, mais ceux qui pensaient repartir à l’aventure dans des contrées musicales inédites en seront pour leur frais : cela restera l’un des fondamentaux de PRONG, mais qui reste en veilleuse depuis le retour de 2003. Difficile d'être et d'avoir été en même temps.

Cependant, cela reste un bon album dans son ensemble, qui n’a pas franchement à rougir face à la concurrence. Si on mettait par exemple "State Of Emergency" en balance avec le "72 Seasons" de METALLICA, le 4 tomberait, sentencieux, marquant l’efficacité concentrée de ce disque par rapport à celui des Horsemen qui a tendance à s’enfoncer dans des longueurs d’une langueur monotone (et là vous devez vous demander ce que Verlaine vient faire ici). Cependant, à l’échelle des valeurs de PRONG, cet opus est loin d’égaler les meilleurs du combo newyorkais, mais il n’est pas à ranger du côté des gros ratés de la formation (car contrairement à une idée reçue, il y en a !). Un disque honnête en somme, qui ne révolutionnera absolument rien, mais est-ce encore un leitmotiv pour Tommy Victor ?

Pour les fans, il va s’agit d’un disque de plus et un espoir de recroiser la route du groupe lors d’une tournée, la scène restant toujours un terrain de prédilection pour Tommy Victor et sa bande. Pour celui qui n’a jamais écouté de PRONG, c’est une porte d’entrée intéressante, qui peut tenter par la suite d’essayer de comprendre en quoi les albums de la première moitié des années 90 sont tout simplement imparables, entre évolution constante, prise de risque intelligente et opportunisme ingénieux. "State Of Emergency" est un disque qui ne va pas ternir la légende du groupe, mais qui ne va pas l’entretenir pour autant. Un album de plus en somme, absolument pas désagréable, qui permettra de contenter les amateurs du groupe à défaut de fédérer.

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   (2 chroniques)



- Tommy Victor (chant, guitare)
- Jason Christopher (basse)
- Griffin Mccarthy (batterie)


1. The Descent
2. State Of Emergency
3. Breaking Point
4. Non-existence
5. Light Turns Black
6. Who Told Me
7. Obeisance
8. Disconnected
9. Compliant
10. Back (nyc)
11. Working Man



             



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