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MEAT LOAF - Bat Out Of Hell (1977)
Par DARK BEAGLE le 15 Septembre 2017          Consultée 1011 fois

"Bat Out Of Hell" ! En voilà un album que l'on connaît bien, même si contrairement à "Thriller" ou "Back In Black", ce n’est pas toujours très assumé. Il convient d’avouer que question kitsch, ce disque se pose là. Le temps a fait son œuvre et évidemment, le tout a pris un petit coup de vieux. Pourtant, il a ce charme qui fait qu’on y revient de temps en temps, pas trop souvent parce que la musique de MEAT LOAF, c’est un peu comme de la meringue ; c’est sucré, on s’en gave et après, on finit souvent par le regretter parce que c’est un peu écœurant quand même. Pourtant, "Bat Out Of Hell" fait partie de ces classiques inusables qui ont marqué des générations entières et qui, encore aujourd’hui, arrive à captiver l’auditeur.

Et il faut sérieusement que je m’arrange pour ne pas placer mes conclusions dans l’introduction…

Meat Loaf, c’est une sacrée carrière quand même, une carrière qu’il avait déjà entamé depuis de longues années. Son pseudonyme paraît fort peu gracieux, ce « pain de viande » que lui aurait attribué un prof de sport quand il était gosse et qu’il pesait déjà dans les 120 kilos. Le genre de truc qu’on lit dans un roman de Stephen King en quelque sorte. L’homme est imposant à cette époque, en 1977. Il n’est pas très grand, mais son physique, il en a fait un avantage et il compose avec. Il fait le personnage, le définit. Il commence sa carrière à la fin des années 60, en postulant dans des comédies musicales : il fera ainsi partie du casting du pamphlet hippie de "Hair" en 1970. Avant cela, il avait formé un groupe dont le nom changeait constamment. Il se fera ensuite remarquer dans la comédie musicale "The Rocky Horror Show", ce qui lui vaudra un rôle dans l’adaptation ciné, "The Rocky Horror Picture Show" avec Susan Sarandon. C’est un peu avant cela qu’il fait la connaissance de Jim Steinman, un compositeur de comédies musicales. Entre les deux hommes, ce sera un véritable coup de foudre.

"Bat Out Of Hell" n’est pas le premier véritable album de MEAT LOAF. Il y a eu cette collaboration avec Stoney MURPHY, une artiste de la Motown, qui officiait dans une registre plus Rythm'N'Blues (je vous en parlerai peut-être un jour). "Bat Out Of Hell" est en revanche le réel point de départ dans ce pour quoi MEAT LOAF sera connu. Et la mythologie autour de ce personnage commence déjà avec cette pochette monstrueuse, signée Richard Corben, un dessinateur spécialisé dans l’horreur (Creepy Story) et qui fera les beaux jours des fans de "Hellboy" et de "Hellblazer" dans les années 90. Ce motard qui surgit du sol, dans ce cimetière sous le regard aveugle d’une chauve-souris géante, marque indéniablement les esprits. On devine que l’on va entendre quelque chose d’épique.

Pourtant, l’œuvre aurait pu ne jamais voir le jour. Ici, c’est Steinman qui est entièrement à la composition, Meat Loaf, Marvin Lee Aday de son nom de baptême, n’était que l’interprète. Et Steinman, il est profondément ancré dans l’univers de la comédie musicale et cela se ressent d’ailleurs, mais on en reviendra plus tard. Le morceau "Bat Out Of Hell", à l’origine, faisait dans les vingt minutes et cela n’intéressait pas franchement les maisons de disque. À force de coupes franches, ils vont finir par obtenir un contrat avec Epic. Et là, c’est la baffe.

Enfin, la baffe. Celle-ci n’est pas directe. Elle ne vient pas de nulle part pour faire un une-deux avec nos joues, non. Elle est bien plus insidieuse, elle arrive après quelques écoutes et elle manque de nous arracher la calotte crânienne. Il n’y a rien de particulièrement Heavy dans la musique de MEAT LOAF, ni même de franchement Hard Rock en fait. On se retrouve en réalité face à un Rock à tendance Hard par moments. Et la construction n’est pas conventionnelle. Il faut bien se rendre compte que les morceaux proposés par Steinman s’écartent des constructions standards. "Bat Out Of Hell", c’est une comédie musicale qui n’est pas pensée pour Broadway. C’est l’exubérance d’une comédie musicale sur l’intimité d’un disque.

La chanson-titre, qui ouvre le bal, est une véritable petite merveille. L’introduction est longue, majestueuse, complètement folle. Et Meat Loaf commence à chanter et là, la messe est dite. Le type a du coffre et il sait manier sa voix. Il s’accommode très bien des changements de mélodies, il se donne complètement sur le refrain dantesque de cette composition au format XXL. Le piano se taille une belle portion également, donnant un côté enjoué à l’ensemble, ainsi qu’une approche Rock’N’Roll pas dégueulasse. La guitare n’est pas en reste. Elle est assurée par Todd Rundgren, qui est également producteur (l’éponyme des NEW YORK DOLLS ou le "We’re An American Band" de GRAND FUNK RAILROAD, c’est lui). Lui, il va apporter un côté hargneux bienvenu, qui offre un joli contraste. Et le tout, avec d’autres ingrédients, est une alchimie qui fonctionne. Et plutôt bien d’ailleurs vu le choc que l’on ressent à l’écoute de ce morceau infernal.

Mais il n’est pas l’arbre qui cache la forêt. Ce serait trop facile : un titre monstrueux, en ouverture et le reste, c’est du vide. MEAT LOAF, sur son premier album, met les petits plats dans les grands. "You Took The Words Right Out Of My Mouth", d’une durée plus humaine, se veut également très accrocheuse avec son saxophone, mais c’est surtout sur "Heaven Can Wait" que l’on se fait salement secouer. Et c’est par une ballade. Moche. Mais quelle ballade ! D’un minimalisme presque outrancier par rapport au baroque du Rock de MEAT LOAF, elle a la sobriété nécessaire pour se montrer vraiment touchante. La voix d'Aday fait mouche, il se montre impressionnant de sensibilité et tout fonctionne à merveille. Cependant, elle fait pâle figure face à "For Crying Out Loud" et sa montée en puissance magistrale, orchestrée par des membres du New York Philharmonic And Philadelphia Orchestra. Rien que ça. Merci les contacts de Steinman ! Pour une telle claque en fin d’album, il pourrait avoir le numéro du pape pour un numéro de claquette, je signerai derechef.

En revanche, "Bat Out Of Hell" n’est pas un album concept à proprement parler. Il s’inscrit certes dans une logique de trilogie avec des pochettes qui à chaque fois font des rappels des précédentes, mais globalement, sur ce premier opus, pas mal de titres ont leur indépendance, comme "Two Out Of Three Ain’t Bad" (avec une belle dose de cynisme) et surtout l’éclatante "Paradise By The Dashboard Light", en compagnie de Ellen Foley (qui jouera dans le film… "Hair" de Miloš Forman !), où l’on assiste à la discussion poilante d’un jeune couple qui n’a pas vraiment les mêmes priorités, au grand désespoir du mec prêt à toutes les promesses pour arriver à ses fins ! Et le tout reste parfaitement logique, il n’y a rien qui parait déplacé ou hors sujet. "Bat Out Of Hell" se tient parfaitement et si on ne peut pas parler d’homogénéité en raison de son éclectisme musical, il y a toutefois une espèce de fil conducteur qui relie le tout et qui, surtout, parvient à faire en sorte que cet album ne s’écroule pas comme un château de cartes.

En 1977, les SEX PISTOLS et le Punk tentaient de redéfinir le paysage musical en brisant tous les vieux groupes qui sonnaient de façon archaïque et pompier. Pourtant, MEAT LOAF va casser la baraque avec "Bat Out Of Hell", sans franchement exploser les charts anglais avec son Rock grandiloquent. Sans être numéro un, il est resté 474 semaines dans les charts britanniques. Un véritable paradoxe. Mais 43 millions de copies vendues dans le monde plus tard, il est de nos jours difficile d’avouer aimer ce disque pleinement. Si vous l’aimez, exprimez-vous ! Si vous le détestez, faîtes de même ! Il a aujourd’hui un peu vieilli, certes, mais il conserve toujours sa force évocatrice. Et bien peu de disques de MEAT LOAF peuvent s’en vanter.

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- Meat Loaf (chant, choeurs sur 6, percussion sur 2)
- Todd Rundgren (guitare sur 1, 2, 4 et 6, percussion sur 1 et 2, claviers su)
- Kasim Sulton (basse sur 1,2,4 et 7, chœurs sur 1)
- Roy Bittan (piano, chœurs sur 1,2,6)
- Steve Margoshes (piano sur 7)
- Cheryl Hardwick (piano sur 7)
- Jim Steinman (claviers sur 1,2,6, percussion sur 1 et 2)
- Roger Powell (claviers sur 1,2,5,6)
- Edgar Winter (saxophone sur 2,4,6)
- Max Weinberg (batterie sur 1,2,6)
- John Wilcox (batterie sur 4,5,7)
- Marcia Mcclain (dialogue d'intro sur 2)
- Phil "scooter" Rizzuto (play-by-play sur 6)
- Ellen Foley (chant sur 6, chœurs sur 1,2,4,6)
- Rory Dodd (chœurs)
- Gene Orloff (chef d'orchestre sur 7)
- New York Philharmonic & Philadelphia Orc (orchestre sur 7)


1. Bat Out Of Hell
2. You Took The Words Right Out Of My Mouth
3. Heaven Can Wait
4. All Revved Up With No Place To Go
5. Two Out Of Three Ain't Bad
6. Paradise By The Dashboard Light
7. For Crying Out Loud
8. Great Boleros Of Fire (live, Intro)
9. Bat Out Of Hell (live)
10. Dead Ringer For Love (1981)



             



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