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MEAT LOAF - Midnight At The Lost & Found (1983)
Par DARK BEAGLE le 5 Juillet 2018          Consultée 533 fois

Si MEAT LOAF a connu un succès stratosphérique avec "Bat Out Of Hell", c’est surtout grâce à Jim Steinman, auteur-compositeur à l’imagination débordante, issu de l’univers des comédies musicales, ce qui donne un aspect grandiloquent et démesuré aux chansons, dont certaines sont devenues de véritables classiques. Mais que se passe-t-il si le chanteur et son auteur se disputent et que ce dernier claque la porte derrière lui ? Qu’arrive-t-il quand une partie du tandem s’éloigne, que le double devient un simple ? On s’adapte, on change le fusil d’épaule et on espère limiter au maximum la casse. C’est un peu ce qu’a dû se dire Michael Lee Aday au moment de mettre en boîte son nouvel album.

Obligé contractuellement à sortir un successeur à "Dead Ringer", MEAT LOAF a à sa disposition deux compositions de Jim Steinman, mais la maison de disques, Epic, refuse de payer l’auteur pour quoi que ce soit et les chansons vont être confiées à d’autres groupes. L’une de ces compositions va échoir à Bonnie TYLER et deviendra un énorme succès : "Total Eclipse Of The Heart". Autant dire que cela doit être démotivant au possible ou du moins, filer les glandes. MEAT LOAF va s’entourer de divers compositeurs, venant parfois d’horizons très différents, de Dick Wagner (ALICE COOPER) à Dan Peyronel (ex UFO), en une espèce de flot décousu qui va avoir du mal à pérenniser tout cela.

Et surtout, il a dû mettre la main à la pâte lui-même. Jusque là, vous me direz que c’est normal que le chanteur s’implique dans l’écriture des morceaux. Sauf qu’il l’avouera bien plus tard, ce n’est pas sa tasse de thé, il n’y prend pas de plaisir et cela ressemble plus à une contrainte qu’autre chose. Et forcément, cela va s’entendre. "Midnight At The Lost & Found" ne part pas sur de très bonnes bases et le résultat aurait pu être bien pire. Le fait est que la pochette s’éloigne de l’imagerie du Motard de l’Enfer et ne présente que le chanteur avec un minimum d’esthétique. Décidément, le but affiché est clairement de gommer tout ce qui peut faire référence à Steinman…

Et l’album n’est pas bon. Pas nul non plus, il ne faut pas pousser. Il est étrangement court, moins de quarante minutes et il ne contient aucune pièce capable de rivaliser avec les monstres qu’étaient "Bat Out Of Hell", "Peel Out" ou encore "Paradise By The Dashboard Light". Ici, les morceaux sont ramassés et s’ils ont bien quelques chœurs qui le font bien sur certains refrains, il leur manque plusieurs choses, à commencer par cette grandiloquence kitsch qui faisait le charme des deux premiers opus. Il n’y a pas cette folie des grandeurs, ce côté larger than life qui avait conquis les foules en 1977, en pleine déferlante Punk.

MEAT LOAF nous fait voyager ici à travers un Hard Rock somme toute sommaire, qui suit les grandes lignes du genre et qui se veut plus fou sur certaines parties, les refrains notamment. Mais difficile de vraiment prendre son pied à l’écoute, il n’en ressort pas grand-chose. On s’arrêtera sur le morceau-titre qui se veut revanchard et qui pour le coup sort clairement la tête de l’eau par rapport à pas mal de ses congénères qui peinent à briller. Et ce n’est même pas tant que l’ensemble est mou, c’est gentiment rythmé, mais ça ne décolle jamais vraiment. Et quand l’opportunité se présente, MEAT LOAF s’arrange pour être à côté de son sujet, comme sur la reprise très moyenne du "Promised Land" de Chuck BERRY, qui n’a pas la fougue de l’originale.

Tout n’est pas à jeter bien sûr, il y a des choses qui fonctionnent plutôt bien. Même s’il n’est pas aussi incisif qu’il le devrait, "Razor’s Edge" est une mise en jambes somme toute correcte, "Fallen Angel" est une ballade sympathique qui s’inspire des grandes envolées de Steinman dans le genre sans pour autant se montrer aussi touchante (nous sommes très loin d’un "For Crying Out Loud", ne le nions pas). Il y a un manque d’équilibre certain, ainsi qu’une certaine motivation et si le tour de chant de Aday est tout à fait convenable, nous sommes loin de la qualité qui fut la sienne sur les deux premiers opus.

"Midnight At The Lost & Found" peine donc à se montrer satisfaisant. À sa décharge, rappelons qu’il succède à deux très bons, voire excellents disques, qui étaient volontairement dans la démesure, avec tout ce que cela implique : une production énorme, des chœurs à se damner et des titres taillés pour littéralement exploser sur scène. Celui-ci, il est plus banal. Tout simplement banal. Ce n’est pas taillé pour Broadway, mais peut-être juste pour la salle des fêtes de Collonges-La-Rouge. Et c’est fort dommage parce que MEAT LOAF, en termes de capacité de salles de concert, allait connaître le même cheminement…

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- Meat Loaf (chant)
- Mark Doyle (guitare, basse, claviers, chant)
- Rick Derringer (guitare, basse)
- Tom Edmonds (guitare)
- Gary Rossington (guitare)
- Steve Buslowe (basse)
- Paul Jacobs (piano)
- Max Weinberg (batterie)


1. Razor's Edge
2. Midnight At The Lost & Found
3. Wolf At Your Door
4. Keep Driving
5. The Promised Land
6. You Never Can Be Too Sure About The Girl
7. Priscilla
8. Don't You Look At Me Like That
9. If You Really Want To
10. Fallen Angel



             



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