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TIAMAT - Skeleton, Skeletron (1999)
Par DARK BEAGLE le 25 Août 2018          Consultée 487 fois

TIAMAT, en cette fin de décennie, celle des années 90, aura franchi énormément d’étapes dans sa jeune carrière, passant du groupe pas très finaud (faut dire, s’appeler TREBLINKA, c’est pas très fin) à une formation reconnue pour son intelligence de composition et sa capacité à continuellement se renouveler, pour ne sonner comme personne, mais délivrant une musique qui, malgré des mélodies insistantes demeurait très sombre. Brillante, la bande menée par Johan Edlund semblait capable de changer le plomb de n’importe laquelle de ses compositions en barre. Mais à force de tutoyer les sommets, on finit par se brûler les doigts (… Hum… À moins que ce soit à force de s’approcher des flammes, on risque de chuter. Bref.) et c’est ce qui va arriver avec "Skeleton Skeletron".

La pochette est étrange, comme une affiche pour un film fantastique indépendant, une gentille petite série B dont le seul but serait de divertir le public, sans trop se prendre au sérieux, impression renforcée par les diverses annotations que l’on retrouve partout. Cela change des jaquettes précédentes, qui dégageaient toutes quelque chose d’étrangement paisible ou de tourmenté. D’un point de vue strictement musical, en revanche, TIAMAT poursuit son évolution, sa soif incessante d’évolution, mais pour une quelconque raison perverse, la formation devient commune.

Il faut bien comprendre que TIAMAT, ce chef de file d’un Doom funèbre, n’a cessé de muter, pour enrichir se musique de façon très intelligente (le terme d’intelligence convient parfaitement au travail des Suédois), au point de paraître avant-gardiste quand "Wildhoney", à la fois beau, torturé et poétique est arrivé, suivi par un "Deeper Kind Of Slumber" qui se teintait d’influences New Wave et qui ouvrait une nouvelle voie encore. Peu de groupes parvenaient à sonner comme TIAMAT, peu de groupes allaient sonner comme ça avant deux ans, deux ans qui ont fait que la bande à Edlung s’est laissée rattraper.

TIAMAT retrouve bien le chemin des guitares plus imposantes et va tirer vers un Rock Gothique joliment calibré, aux mélodies bien présentes, sombres, intimistes et qui n’évoquent en rien la joie, mais pour le coup, TIAMAT va sonner comme un groupe standard. Sans la moindre recherche du truc qui va lui permettre de briller, de sortir du lot. Ici, le groupe est juste terriblement anodin et se fond dans la masse, ce qu’il n’avait jamais réellement fait auparavant, même à l’époque de "Sumerian Cry" où le groupe était capable de se sortir les tripes pour parvenir à être différent.

Et quand cette différence n’est plus, quand le groupe n’a pas deux ou trois longueurs d’avance sur les autres, il ne parvient pas à être aussi excitant que par le passé. Mais il ne faut pas se mettre d’ornières, il faut écouter et il faut surtout bien admettre qu’il y a de très bons titres sur cet album, même s’il ne s’avère pas transcendant sur la longueur. Entrer dans "Skeleton Skeletron" n’est pas forcément aisé même s’il s’avère plus calibré, plus évident que les deux opus précédents (trois en comptant l’éblouissant "Clouds"). Nous sommes sur la suite logique de "A Deeper Kind Of Slumber", avec un retour des guitares donc, mais si on voulait plus, si on voulait que TIAMAT aille encore plus loin, forcément, ça passe moins bien.

Pourtant, quand on revient en arrière, on se rend facilement compte que "Clouds" n’était pas si éloigné que cela d’un "Astral Sleep", il était juste plus fin, plus déterminé et de ce fait plus juste que son prédécesseur. Cet état des lieux n’a pas lieu d’être sur "Skeleton Skeletron", qui n’arrive pas à sublimer le travail accompli sur "A Deeper Kind Of Slumber", il n’est qu’une continuité, en moins bien, d’où un sentiment de pas assez qui se fait ressentir passé quelques titres et qui va persister jusqu’à la fin de l’album, malgré de jolis coups d’éclat.

Cela démarre plutôt bien, avec un "Church Of Tiamat", un brin égocentré, mais qui fonctionne avec le chant doucereux d’Edlund, presque susurré par moments, qui développe une aura inquiétante et cette bonne impression se poursuit sur "Brighter Than The Sun" qui brille (sic) de par cette voix féminine qui apporte quelques couleurs intéressantes. La production de Dirk Draeger (MORGOTH) est excellente et bien adaptée à la situation, offrant au groupe un son démentiel. Après… Après TIAMAT va jouer sur ces gimmicks avec plus ou moins d’insistance, sans forcément se renouveler alors que l’on sait qu’il en a la possibilité et surtout, la capacité.

Cela on s’en rend compte quand on arrive à la reprise du "Sympathy For The Devil" des ROLLING STONES. L’originale développe un côté un vaudou grâce aux percussions tribales de Charlie Watts, amenant ce fameux côté exotique qui donne toute la latitude nécessaire à Mick Jagger pour s’exprimer pleinement. Johan Edlund, lui, va effacer tout cela et on se retrouve avec ce que l’on pourrait appeler une version « vieille Europe », avec un développement plus FAUSTien dans l’expression. Et là, on se dit que TIAMAT tient quelque chose de fort, qu’il aurait pu, dû, approfondir au sein de ses propres compositions.

Et cela, on finira par le retrouver à la toute fin de l’album, au travers de l’énergique "As Long As You Are Mine" et surtout de "Lucy", qui achève ce disque d’une façon sinistre et mélancolique. Il y a un alpha et un omega sur "Skeleton Skeletron", mais entre, nous avons quelques éclairs, des moments de lucidité, comme sur le plus électrique "For Her Pleasure" ou "Sympathy For The Devil", le reste n’étant que du vent, finalement et pour la première fois depuis longtemps, TIAMAT va mettre un genou à terre et proposer un opus en-deçà de toutes les espérances.

Bien sûr, cette chronique semble alarmiste et désespérée, mais il y a de bons titres dessus. Il manque juste d’une Vision plus grande, d’une Âme plus importante, comme sur les trois opus précédents. Mais, quelque part, c’est également la faute de TIAMAT quelque part, à force d’avoir placé la barre tellement haut, de s’être à chaque fois (ou presque) sublimé, on en attend plus, toujours plus, certainement de trop, quand sa musique a fait école et que d’autres combos ont fini par lui emboîter le pas, flirtant avec leur style avec plus ou moins de réussite. "Skeleton Skeletron" n’est pas entièrement un faux-pas, mais un coup de moins bien, de moins exceptionnel, de moins novateur. La rançon du visionnaire qui ne voit plus assez loin.

Note réelle : 2,5/5 baissée à 2.

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- Johan Edlund (chant, guitare, claviers)
- Anders Iwers (basse)
- Lars Sköld (batterie)
- Nicole Bolley (chant)
- Andrea Schwarz (chant)
- Jessica Andree (chant)
- Stefan Gerbe (piano)


1. Church Of Tiamat
2. Brighter Than The Sun
3. Dust Is Our Face
4. To Have & Have Not
5. For Her Pleasure
6. Diyala
7. Sympathy For The Devil
8. Best Friend Money Can Buy
9. As Long As You Are Mine
10. Lucy



             



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