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METAL GOTHIQUE  |  STUDIO

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TIAMAT - The Scarred People (2012)
Par DARK BEAGLE le 13 Septembre 2018          Consultée 603 fois

J’aime TIAMAT. Vraiment beaucoup, même si certains objecteront que les notes que je laisse tomber parfois ne le prouvent pas forcément. Mais il faut savoir que TIAMAT fut son pire ennemi à une époque. À force d’innover constamment, de repousser les frontières des genres et les siennes également, il est arrivé un moment où le groupe ne pouvait tout simplement plus être visionnaire, où il ne pouvait plus se réinventer. Et dans la stagnation – qui reflétait plutôt des choix mélodiques assumés – naît la déception, qui est un sentiment légitime. Imaginez : on vous offre la Lune trois fois de suite. Vous contenteriez-vous d’un diamant brut juste après ? Non, vous voulez plus, forcément. Puis Johan Edlund, tête pensante et tyran en chef de la formation suédoise, semble avoir accepté le fait de vivre avec le passé de TIAMAT et s’est ouvert des portes dans le domaine de l’écriture qu’il paraissait avoir pourtant scellé après un "Wildhoney" de toute beauté. "Amanethes" retrouvait quelques teintes plus Doom, "The Scarred People" lui emboîte le pas.

Il s’est encore écoulé quatre ans entre ces deux albums. TIAMAT devient de moins en moins prolifique et de plus en plus nomade. Après avoir fait presque toute sa carrière sur Century Media, "Amanethes" était paru sous les couleurs du label Allemand Nuclear Blast. "The Scarred People" voit le jour, quant à lui, sous la bannière de Napalm Records. La pochette est plutôt colorée, avec un caractère religieux prononcé, peut-être plus orthodoxe que réellement catholique dans l’idée. Elle tranche avec les quelques précédentes. TIAMAT se défait du monochrome et des sépias comme pour montrer qu’il y a toujours de la vie en lui, qu’il n’est pas encore mort, malgré les années de silence qui à présent semblent encadrer ses albums. Et cette fois-ci, plutôt que d’opter pour une production maison, le groupe fait appel à Siggi Bemm (ANGEL DUST, THERION, CALIBAN…) pour les aider à tirer le meilleur d’eux-mêmes.

Musicalement, nous sommes vraiment dans la continuité d’un "Amanethes" dans la forme. Edlund ne s’embête pas à composer dans un style unique. Si majoritairement il nous propose un Metal Gothique raffiné, dégageant une certaine mélancolie, nous retrouvons également quelques relents plus Doom par moments, ainsi que des parties plus évaporées, qui font indéniablement songer à PINK FLOYD, groupe pour lequel Edlund n’a jamais caché sa passion. Cela s’entend parfaitement sur "Messinian Letter", plus légère, qui permet de souffler entre les plus intenses "Love Terrorists" et "Thunder & Lightning". Et si la mélancolie ne semble pas avoir déserté les plages de TIAMAT, il y a également autre chose qui en ressort, de presque antinomique au discours du groupe depuis toutes ces années : une espèce de sérénité, une paix intérieure (re)trouvée qui fait plaisir à entendre. Oui, sur un album de Metal Gothique. Et alors ?

Les morceaux sont assez variés dans leur ensemble. Si certains répondent complètement aux codes qu’a érigé TIAMAT au fil des ans ("The Scarred People", qui évolue dans la logique même de ce qu’est un opener chez les Suédois depuis "A Deeper Kind Of Slumber"), d’autres surprennent avec des refrains parfois entraînants, ou par leurs artifices éculés qui fonctionnent pourtant toujours bien, à l’instar de "384" aux relents Doom, ponctué de cris à faire peur qui dégage une intensité terrible, enivrante à souhait. Le tout s’écoule plutôt bien, il n’y a pas ce sentiment de longueur inutile qui naît, contrairement à "Amanethes" qui finissait pas faire décrocher l’auditeur sur ces derniers moments et nous nous laissons séduire par la voix de Edlund qui se montre impérial derrière le micro. Son chant clair se veut toujours aussi touchant, les parties les plus colériques sont pour leur part très réussies également. Et dans certains domaines, il va même se montrer étonnant, comme sur "Paradise", une reprise de Bruce SPRINGSTEEN présente sur l’édition limitée de l’album, qu’il interprète à sa façon, avec beaucoup de retenue et d’humilité. L’humilité. Une qualité que nous ne pensions pas lui connaître.

Et ce "Scarred People" est une mer de contrastes. Avec élégance, TIAMAT parsème ses chansons tout du long avec souvent beaucoup de justesse, devenant parfois un peu trop précieux dans les moments où il est le plus attendu (le title-track, "Thunder & Lightning" jouissif mais terriblement convenu malgré un solo de Gus G (FIREWIND)). Puis, venu de nulle part, il y a la petite idée qui fait son chemin et qui débouche sur quelque chose d’inattendu et qui fonctionne, à l’image du court instrumental "Tiznit", bucolique à souhait et qui renvoie à "Clouds" ou "Wildhoney", ou encore le très Gothique "The Red Of The Morning Sun", qui semble volontairement forcer le trait de la caricature pour arriver à un résultat étrange mais appréciable, le moment le plus triste de l’album certainement. Personnellement, cette chanson m’évoque beaucoup "The Party Is Over" de LACRIMOSA (sur "Lichtgestalt") en raison de lignes de chant un brin similaires par moments ainsi que pour son côté désespéré.

Une édition limitée de l’album a été évoquée un peu plus haut, via la cover du "Paradise" du Boss. Non, pas Hugo. Ce n’est pas parce que le groupe s’est un temps appelé TREBLINKA qu’il faut tout ramener aux nazis, merci. Nous trouvons également deux titres live, "Divided" (où la dramatique prend toute son ampleur) ainsi que "Caïn", joliment exécuté, ainsi qu’une autre reprise. Dans ce domaine, nous avons déjà vu que TIAMAT aime se faire plaisir en n’allant pas vers ce qui est le plus évident, le plus attendu de sa part. Après les ROLLING STONES ("Sympathy For The Devil" sur "Skeleton Skeletron") et Bruce SPRINGSTEEN, c’est au tour de LANA DEL REY de voir son "Born To Die" réinterprété avec intelligence ici, alors que le single était sorti fin 2011 ! Une curiosité qui vaut bien le détour.

Et au final, "The Scarred People" est le meilleur album de TIAMAT depuis "A Deeper Kind Of Slumber", sans que le groupe n’ait eu à se révolutionner. "Amanethes" avait déjà bien amorcé la procédure et il est juste dommage d’avoir eu à attendre quatre ans entre les deux disques pour se délecter de celui-ci. Frais, régulier, il ne demande qu’à ce qu’on lui laisse sa chance et il serait presque criminel de passer à côté, surtout qu’il s’agit à ce jour de la dernière livraison de la bande à Johan Edlund, qui est murée dans un silence de très mauvais augure, hélas. Et je tenais également à remercier Belingo de m’avoir suggéré de reprendre la discographie de TIAMAT via la Boîte à Demandes, cela m’a permis de retrouver ce groupe qui m’avait beaucoup séduit fut un temps et que j’avais progressivement abandonné, ne me retrouvant plus en sa musique. Les retrouvailles ont été fortes, puissantes et m’ont douloureusement rappelé qu’il ne fallait pas ranger TIAMAT dans la catégorie des seconds couteaux.

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- Johan Edlund (chant, guitare, claviers)
- Roger Öjersson (guitare, claviers, mandoline)
- Anders Iwers (basse)
- Lars Sköld (batterie)


1. The Scarred People
2. Winter Dawn
3. 384
4. Radiant Star
5. The Sun Also Rises
6. Before Another Wilbury Dies
7. Love Terrorists
8. Messinian Letter
9. Thunder & Lightning
10. Tiznit
11. Born To Die (bonus Track)
12. The Red Of The Morning Sun
13. Paradise (bonus Track)
14. Divided (bonus Track)
15. Caïn (bonus Track)



             



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