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DIAMOND HEAD - The Coffin Train (2019)
Par DARK SCHNEIDER le 24 Juillet 2019          Consultée 2435 fois

On savait DIAMOND HEAD en regain de forme ces dernières années depuis le recrutement du vocaliste danois Rasmus Bom Andersen, venu redonner un coup de fouet à la formation vieillissante menée par un Brian Tatler semblant artistiquement usé, pour ne pas dire complètement fini. Néanmoins, si l'album éponyme de 2016 se voulait rassurant, il était encore loin de proposer une musique réellement au niveau de ce qui a rendu DIAMOND HEAD légendaire. Cela sera t-il le cas de "The Coffin Train" ? Déjà, sa sortie même prouve que le groupe a retrouvé une véritable envie, car Brian Tatler déclarait il y a quelques années qu'il ne voyait plus aucun intérêt à sortir un nouvel album au vu des ventes très faibles, on sera donc content qu'il ait changé d'avis, mais surtout qu'il ait compris que l'intérêt de sortir un album c'était surtout que celui-ci soit de qualité. Et franchement, rien qu'à la vue de la pochette, qui en impose et fait écho à celle de la compilation "Am I Evil" de 1987 (qui constituait d'ailleurs la dernière belle pochette du groupe, un signe, sans doute...), on a envie d'y croire, plus que pour l'éponyme.

Et nos espoirs seront récompensés ! "The Coffin Train" relève presque de l'exploit quand l'on repense à ce que le groupe nous a servi dans les années 2000. Il faut vraiment croire que Tatler s'est dit qu'à l'aube de la soixantaine il était peut-être temps de sérieusement se ressaisir, très certainement galvanisé par la présence du plus que compétent Andersen, qui s'il ne fera pas oublier les envolées de Sean Harris, saura sans peine nous convaincre de par son énergie mais aussi de par ce timbre de voix ma foi fort agréable, fin, et qui ne se contente en aucun cas de vouloir sonner comme un simple revival de la NWOBHM. Il a son style, n'en fait jamais trop (au contraire de Sean Harris qui parfois tombait un peu dans l'outrance), et se fond parfaitement dans la musique de DIAMOND HEAD. Par rapport à l'album précédent, on notera également l'arrivée d'un nouveau bassiste, Dean Ashton, remplaçant un Eddie Moohan fatigué par les tournées.

Dès lors, la puissance de feu du titre d'ouverture est du jamais vu pour le groupe depuis... Le début des 80s ! Ni plus ni moins. Certes, "Belly Of The Beast" joue un peu la fibre nostalgique avec ce riff qui évoque forcément celui de "The Prince", mais avec un coup de boost en plus. On sent que Tatler veut prouver qu'il a toujours cette patte si caractéristique qui faisait tout le sel de ces riffs mythiques, tout en montrant qu'il n'est pas dépassé par la puissance dévastatrice des groupes de Heavy de la jeune génération. Oui, DIAMOND HEAD a sa place dans le monde du Heavy Metal en 2019. Et le second titre, "The Messenger", doté d'un excellent riff d'intro auquel lui succède une rythmique plus groovy, va enfoncer le clou. La bande à Tatler ne semble désormais plus vouloir se contenter de vivre sur sa gloire passée, on sent que ces nouveaux morceaux vont s'imposer avec autorité dans la discographie du groupe. Ce "Death By Design", par exemple, renoue avec ces titres énergiques taillés pour la scène avec ces "ohohoh" qui parviennent à ne pas sonner ringard. Le groupe n'est pas avare sur cet album en accélérations bien Heavy et toujours parfaitement menées ("Shades Of Black" entre autres, qui est d'ailleurs un titre hommage à Chris Cornell, dont Andersen était un grand admirateur, et ça s'entend).

Mais n'oublions pas que DIAMOND HEAD, à sa grande époque, ne s'est jamais contenté de faire du Heavy direct et punchy, bien au contraire. Ce qui faisait la grandeur du premier album et de "Borrowed Time" c'était ces développements à tiroirs, riches en changements de riffs et de rythmes, retenant les leçons d'un certain BLACK SABBATH dont il était bien difficile de savoir où les morceaux allaient nous emmener à l'écoute des premiers riffs. Et cette richesse instrumentale on va la retrouver dès le troisième morceau qui donne son titre à l'album, une véritable merveille qui commence avec des accords doucereux et dont le développement nous mène vers une rythmique militaire implacable qui ne sera pas sans nous rappeler un certain... "Am I Evil ?", mais sans en être un pauvre ersatz vidé de toute substance. Dans le même registre, "The Sleeper" se révèle tout aussi grandiose, et allant sur des territoires plus ambiancés et qui rappelle clairement les expérimentations Prog de "Canterbury" qui avaient logiquement dérouté le public à l'époque mais qui ici s'avèrent totalement intégrées, parfaitement dosées. Et c'est dans ce registre particulièrement grandiloquent et mélodique que va s'achever l'album, avec le très beau "Until We Burn", partagé entre espoir et mélancolie.

Certes, on pourra déceler quelques petites faiblesses ou longueurs par-ci par-là ("Serrated Love" notamment), mais dans l'ensemble difficile de ne pas sortir très satisfait de l'écoute de cet album. "The Coffin Train" fait bien mieux que tout ce que l'on pouvait espérer : il surpasse sans problème l'opus de 2016, explose les piètres réalisations des années 2000, mais se révèle aussi bien meilleur que le "Death And Progress" de 1993. Il s'agit ni plus ni moins que de leur meilleur album depuis "Borrowed Time" !

Brian Tatler a beau avoir un jeu de guitare lead complètement ancré dans sa génération, son sens du riff, son approche mélodique, ses expérimentations musicales le rendent totalement idoine avec son époque. Il signe ici une magnifique résurrection musicale, avec cette oeuvre somptueuse qui pourra sans doute sans problème séduire au-delà des amateurs habituels de DIAMOND HEAD (de ceux qui apprécient le Hard Rock moderne, souvent teinté de riffs lourds et ambiancés, aux amateurs de Prog pas trop alambiqué et technique).

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   (2 chroniques)



- Rasmus Bom Andersen (chant)
- Brian Tatler (guitare)
- Andy Abberley (guitare)
- Dean Ashton (basse)
- Karl Wilcox (batterie)


1. Belly Of The Beast
2. The Messenger
3. The Coffin Train
4. Shades Of Black
5. The Sleeper (prelude)
6. The Sleeper
7. Death By Design
8. Serrated Love
9. The Phoenix
10. Until We Burn



             



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