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MALEVOLENT CREATION - The 13th Beast (2019)
Par T-RAY le 11 Avril 2019          Consultée 759 fois

Bret Hoffmann est mort. En 2018. Emporté par la maladie. Phil Fasciana, son compère de toujours, l'autre éternel visage de MALEVOLENT CREATION, lui survit. Et leur créature commune, elle aussi, s'accroche à l'existence. Avec un personnel remodelé par la force des choses, le groupe vétéran de la scène Death Metal new-yorkaise puis floridienne est revenu en 2019 pour nous expliquer par A+B que, non, la disparition de l'un de ses membres-clefs ne soustrait rien à son potentiel créatif… En vrai, ça n'est pas par une démonstration mathématique que MALEVOLENT CREATION nous explique pourquoi il n'est pas près de tirer sa révérence, mais à grands coups de semelles cloutées dans la face !

Renforcé de trois membres spécialistes de l'extrême, le combo natif de Buffalo est revenu plein de vigueur. Les nouveaux zicos ne sont pas venus pour enfiler des perles, c’est certain ! Pour leur premier album avec MALEVOLENT CREATION, Lee Wollenschlaeger, Josh Gibbs et Philip Cancilla ont tenu à marquer le coup en offrant au groupe de Fort Lauderdale un retour à un Death Metal brutal, que les précédents opus studio avaient plus ou moins laissé de côté pour un Death franchement plus mélodique mais qui n'était pas Melodeath pour autant. “This beast inside has awakened!”, mugit Wollenschlaeger sur "The Beast Awakens", morceau qui a tout d’un manifeste de brutalité. C'est effectivement ce que signe le nouveau line-up avec "The 13th Beast" : le comeback de MALEVOLENT CREATION au sein de la famille tape-dur.

Le growl du nouveau guitariste/vocaliste est d'ailleurs plus adéquat que celui du regretté Bret Hoffmann pour exprimer cette violence retrouvée. La voix de ce dernier, pourtant capable de plus de variété, s'était quelque peu assagie au fil des années et si le gaillard restait fort charismatique, ses cordes vocales ne lui permettaient plus de transmettre autant d'agressivité aux morceaux de MALEVOLENT CREATION que par le passé. La voix du Sud-africain Lee Wollenschlaeger, en revanche, est un rugissement qui fait son petit effet sur le Death que propose la formation ici. Oh, elle n'a rien de bien original, cette voix, car bon nombre de vocalistes de Death disposent d'un timbre similaire. Mais elle s'avère tout-à-fait appropriée pour transmettre le sentiment d'inextinguible colère et d'urgence qui colle à "The 13th Beast".

Musique violente, vocaux brutaux, compos carrées et contondantes… On peut dire que Phil Fasciana a réussi son coup sur ce treizième album : transmettre à l'auditoire la rage qui est la sienne d'avoir perdu son éternel compère au sein de MALEVOLENT CREATION. En outre, le son dont bénéficie le combo, massif et bien in your face, permet de distinguer l'effort fourni par chaque musicien, malgré la brutalité de la musique qu'ils interprètent. Ce qui donne clairement l'impression que tous les membres du quartette apportent leur pierre à cet édifice solide comme du granit. Même si les cymbales de Cancilla sont trop en retrait à mon goût, il s'agit là de la seule erreur de prod’ notable sur ce disque. Les grattes, elles, découpent bien comme il faut et la basse gronde comme rarement : un vrai plaisir.

Même si le son est mastoc, point de surproduction, ici : la captation réalisée par Bartho Lubbe et Josh Gibbs lui-même, ainsi que le mixage et la masterisation signés Dan Swanö, tiennent plutôt d'une approche old school du Brutal Death qui permet de donner du relief à chaque partie et d'optimiser l'impact des morceaux de "The 13th Beast". Parce qu'ils auraient pu paraître bien plats et banals, ces morceaux, sans cette agressivité et le traitement sonore idoine ! D'autant que leur structure est archi classique et sans surprise. Prenez le tiercé qui ouvre cet album, tiens. De "End The Torture" à "Agony For The Chosen", MALEVOLENT CREATION nous offre des titres qui paraissent bien similaires sous leur déluge de blast beats, mais dont les riffs parfois très SLAYER-iens se distinguent clairement les uns des autres au fil des passages sur le lecteur. À condition de passer outre l'agression ressentie aux premières écoutes. En vérité, "The 13th Beast" est un disque qui se dévoile progressivement. Il mérite qu'on lui laisse la chance de révéler son charme suranné.

Car il est facile de le laisser de côté pour son côté monolithique et son manque d'originalité et d'audace, alors qu’il fait montre d'une grande constance et d'un côté accrocheur qui se dévoile au fur et à mesure. "End The Torture", "Mandatory Butchery", "Agony For The Chosen" et "Canvas Of Flesh" ont tous ce petit truc qui fait qu'on les retient, au bout du compte, même pour quelques heures. Les refrains simples mais martelés pour le premier et le troisième, le riff de guitare en mode cisaille pour le deuxième et le quatrième. Pour d’autres titres, c'est tantôt un passage mid-tempo gavé de lignes de basse vibrantes ("Born Of Pain"), tantôt des parties de gratte échevelées ("Trapped Inside") qui se font le plus remarquer. Enfin, pour le titre de clôture, "Release The Soul", c’est le morceau tout entier, lourd et à la structure moins standardisée, qui accroche l'oreille. Le tremolo picking prononcé sur le riff principal, que l'on retient d'autant mieux, permet à celui-ci de bien conclure l'album.

Bien sûr, il ne faut pas chercher une quelconque inventivité là-dedans. Tous ces morceaux, en revanche, répondent clairement à l'objectif de démontrer que MALEVOLENT CREATION reste un groupe sur lequel compter lorsque l'on parle de Death Metal à l'ancienne. Même si l'album aurait gagné à être délesté de certains titres plus accessoires, comme l’inutile "Bleed Us Free", comme "Decimated", qui se distingue tout de même par son solo de guitare plaintif signé Lee Wollenschlaeger, ou "Knife At Hand", dont les inattendus ralentissements offrent un peu de répit à l'auditeur. On peut également déplorer que MALEVOLENT CREATION fasse durer artificiellement plusieurs titres – et même des efficaces comme "Born Of Pain" ou "Mandatory Butchery" – en répétant un peu trop leurs différentes parties, contribuant ainsi à la durée excessive du disque. D'autant plus excessive lorsque l'on tient compte de sa brutalité sans répit ou presque. Entre long et brutal, on aurait préféré que MALEVOLENT CREATION fasse un choix...

Oui, Bret Hoffmann est bel et bien mort en 2018. Mais Phil Fasciana, lui, est toujours là. Et leur Malfaisante Création n'a certainement pas fini de briser des tympans et des nuques. C'est encore le cas sur ce "The 13th Beast" plutôt recommandable pour qui aime la brutalité Death à l'ancienne. Si vous êtes du genre à kiffer les coups de tatane au menton administrés avec l’expérience et le savoir-faire des vieux briscards, ce nouveau MALEVOLENT CREATION devrait vous convenir parfaitement. Car, au-delà de son manque total d'originalité et de sa durée de vie modeste en dépit de ses quasi cinquante minutes, la faute à un tempo trop souvent bloqué sur presto, seule son atroce pochette, illustrée d'une sorte d'hybride loupé d'un Alien et d'un Predator, s'apparente à une authentique faute de goût sur ce treizième opus.

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   T-RAY

 
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- Phil Fasciana (guitares)
- Lee Wollenschlaeger (guitares, vocaux)
- Josh Gibbs (basse)
- Philip Cancilla (batterie)


1. End The Torture
2. Mandatory Butchery
3. Agony For The Chosen
4. Canvas Of Flesh
5. Born Of Pain
6. The Beast Awakened
7. Decimated
8. Bleed Us Free
9. Knife At Hand
10. Trapped Inside
11. Release The Soul



             



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