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DYING FETUS - Wrong One To Fuck With (2017)
Par T-RAY le 17 Décembre 2017          Consultée 978 fois

Les grands noms du Death Metal se sont bousculés pour sortir un nouvel album en cette année 2017. OBITUARY, SUFFOCATION, CANNIBAL CORPSE, MORBID ANGEL, INCANTATION, IMMOLATION, SIX FEET UNDER, BENIGHTED, EXHUMED… et bien évidemment DYING FETUS ! Ne mettons pas tous ces artistes sur un pied d'égalité car leurs carrières, leurs influences, la qualité de leurs discographies et leurs styles de Death sont relativement incomparables. Néanmoins, constater qu’ils avaient faim de nouveauté et l’envie de revenir sur le devant de la scène reste, en tout état de cause, une très bonne nouvelle pour le “Metal de Mort”, tant artistiquement que commercialement…

Une fois ce constat établi, il faut toutefois reconnaître que ce n’est pas de ces groupes-là - pas tous, du moins - que les plus grosses claques Death Metal sont venues en 2017. Aucun des albums de ces légendes du genre ne peut prétendre au statut de futur classique, même si BENIGHTED et CANNIBAL CORPSE ont accouché (par voie haute, de manière bien sanglante) d’excellents disques avec "Necrobreed" et "Red Before Black". Le DYING FETUS ici chroniqué ne leur fera pas d'ombre, cependant. Pourtant les furieux Ricains sont en grande forme et ont envie d’en découdre grave. Deux éléments visuels suffisent à le constater et à nous mettre dans le bain de sang.

D’abord, le logo historique du groupe, acéré comme jamais, est de retour ! Une bonne nouvelle en ce qui me concerne : DYING FETUS écorche et il faut que ça se voie. Que ça se lise, même. Y en avait marre de cette lisse police - quoiqu'intemporelle - qui affublait le nom du groupe sur ses pochettes depuis plus de quinze ans… Ensuite, l’artwork lui-même. Depuis combien de temps le Fœtus Mourant ne nous avait pas offert un tel outrage visuel ? Oh oui, je sais, c’est éculé en 2017 de jouer sur de telles pochettes… Reste qu’au rayon violence, cette photo très travaillée et hyper graphique à mon sens apporte une double lecture savoureuse au titre de l'album, "Wrong One To Fuck With".

Le meurtrier de l’illustration, en effet, est venu surprendre sa compagne adultérine en compagnie d’un autre homme, qu’il a décapité à la machette avant de tuer la femme à son tour. Pour l'amant, celle-ci était manifestement la mauvaise personne à baiser… “To fuck with someone” signifiant également “faire chier quelqu’un”, le titre de l’album laissant clairement entendre que le cocu d’un soir n'était pas le bon type à emmerder. DYING FETUS envoie aussi, de cette façon, un message à son auditoire. En gros, “on ne s’en laisse pas compter, on va vous défoncer” avec ce huitième album. Ah, ça, la défonce, on la subit derechef ! Mais elle est un poil vaine...

Comment expliquer qu’un disque aussi dense et brutal fasse finalement l’effet d’un DYING FETUS de plus, joué avec talent et une indéniable hargne, mais qui ne provoque pas l’excitation souhaitée ? Un disque qui, à mon humble avis, souffre de la comparaison avec son aîné, "Reign Supreme", qui était, lui, un véritable missile à guidage laser. "Wrong One To Fuck With" n’est pas tant un projectile de précision qu’un boulet de bombarde bien lourd, qui peut rebondir après l’impact et démembrer quelques adversaires en plus d’avoir niqué la muraille du château. Qu’est-ce qu’il est mastoc ! Et rude, avec ça… Pas du tout calibré comme son prédécesseur, en tout cas. Hélas !

Certains morceaux le sont, oui, mais comment voulez-vous les distinguer ainsi noyés dans un océan de brutalité d’une cinquantaine de minutes ? C'est foutrement long ! Cet album est “too much”. Too much to take, too much to endure, too much to comprehend. Ce ne sont pas les paroles de l’un des dix titres, mais ma façon JCVD d'exprimer qu’il y a trop d’informations dans "Wrong One To Fuck With", trop de matière, trop de violence administrée à tire-larigot. Et même si ça n’est pas forcément le cas tout le temps, ça en donne l'impression tant le groupe n’est pas “focused”, concentré sur un objectif suprême : pulvériser l’auditeur propre et net. Là, il nous assaille de multiples façons avec surtout le désir de nous mutiler, mais sans nous envoyer ad patres direct.

DYING FETUS abuse même des différentes armes de son arsenal. Trop de BRAIN DRILL-ing tuent le BRAIN DRILL-ing et John Gallagher en use plus que de raison. Cette technique de guitare, capable de se frayer un chemin, comme une vrille, dans le crâne de l’auditeur, perd en impact quand elle est utilisée aussi fréquemment ("Fixated On Devastation". En outre, les breakdowns sont un peu trop fréquents pour qu’on les suive correctement, à force de se succéder. De manière générale, à l’image de "Die With Integrity" et "Reveling In The Abyss", pourtant gavés d'éléments redoutables d’efficacité lorsqu'ils sont utilisés plus parcimonieusement, c'est un album un peu trop fragmenté que livre DYING FETUS en 2017, surtout comparé à son aîné de 2012...

Heureusement qu’il y a des morceaux plus lisibles, et donc plus impactants, dans cette masse de brutalité. Comme "Seething With Disdain", où le BRAIN DRILL-ing est pour une fois utilisé pertinemment, sur un titre majoritairement mid tempo qui prend le temps d’installer une ambiance d’une pesanteur hypnotique. Les plus Thrashy "Ideological Subjugation" et "Weaken The Structure" s'avèrent eux aussi plus accrocheurs que les titres qui les ont précédés, car eux savent mesurer leur violence et frapper avec efficacité là où ça fait le plus mal. "Wrong One To Fuck With", le morceau final, joue également d'éléments Thrash de façon appréciable, avec un refrain tout en growls et presque rappé par le phrasé du vocaliste à l'œuvre.

Heureusement, encore, que les titres les plus efficaces constituent le cœur de cet opus, offrant une assise solide à ce disque et lui permettant de ne pas se faire oublier trop facilement. Car s’il n'était constitué que de morceaux plus banals comme "Fallacy" ou "Unmitigated Detestation", on n’en retiendrait pas tant que ça. Toutefois, l’amateur acharné du groupe y trouvera son compte, encaissera l’assaut sans sourciller, même s’il lui paraîtra désordonné. Le niveau technique est évidemment toujours très haut avec DYING FETUS. Ses fondamentaux sont indiscutables, mais contrairement à ce qu’il pouvait proposer sur certains des précédents albums du combo, le groupe pêche ici par un léger manque de musicalité. Et ça, même dans le Brutal Death, ça passe moins bien.

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   T-RAY

 
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- John Gallagher (guitares, vocaux)
- Sean Beasley (basse, vocaux)
- Trey Williams (batterie)


1. Fixated On Devastation
2. Panic Amongst The Herd
3. Die With Integrity
4. Reveling In The Abyss
5. Seething With Disdain
6. Ideological Subjugation
7. Weaken The Structure
8. Fallacy
9. Unmitigated Detestation
10. Wrong One To Fuck With
11. Induce Terror (bonus Track)



             



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