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BRUTAL DEATH METAL  |  E.P

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REBAELLIUN - Bringer Of War (the Last Stand) (2017)
Par T-RAY le 19 Avril 2018          Consultée 814 fois

Depuis le temps que je voulais vous parler de REBAELLIUN… À quand cela remonte-t-il donc ? À il y a dix ans, déjà ? Oui, c’est ça ! Entre temps j’ai pris congé de Nightfall In Metal Earth, les disques du groupe ont été récupérés par d’autres chroniqueurs, qui n’ont finalement jamais donné leur chance aux Brésiliens. À présent, je m’y recolle et ils vont voir ce qu’ils vont voir ! Enfin, non, c’est plutôt vous qui allez entendre ce que vous allez entendre. Du moins, si vous pouvez l'entendre… Car REBAELLIUN est un adepte du Death Metal à la mode brutale et ne fait pas dans la dentelle. Loin de là.

"Bringer Of War (The Last Stand)" est un E.P. et n’est même pas le premier disque sorti par le trio de Porto Alegre, puisqu’il est paru pour la première fois, sans les parenthèses ni leur contenu, en 2000. Soit un an après le premier opus studio du combo. Drôle de choix que cette réédition pour une première chronique de REBAELLIUN sur NIME, vous direz-vous (ou pas). Pourtant, elle est idoine pour bien commencer la découverte de l'œuvre des Brésiliens. Pourquoi ? Parce qu’elle contient les versions remasterisées des quatre titres originaux du "Bringer Of War" d'origine, auxquels s'ajoutent quatre nouveaux morceaux (d'où l’ajout de "The Last Stand" dans le titre).

Et ces quatre nouveaux morceaux, en plus des quatre anciens, permettent de saisir avec justesse l’essence même du style REBAELLIUN. Qui n’a que peu changé en vingt ans de carrière, mais qui n'est allé qu’en se perfectionnant. Et ce, jusqu'à une maîtrise remarquable. Depuis toujours, en effet, le trio do Brasil n’hésite pas à ne compter que sur un ou deux (plus rarement trois ou quatre) éléments minimalistes – riff basique ou suite d’accords simple, par exemple – mais accrocheurs, et à les marteler parfois longtemps pour qu’ils entrent dans le crâne de l'auditeur.

Résultat : REBAELLIUN offre depuis ses débuts un Death Metal certes brutal – parfois très violent, même – mais hautement addictif. Un peu comme les drogues qu’on filait aux soldats sur le champ de bataille pour qu’ils continuent d'accepter d’aller se faire exploser la gueule jusqu'à finir par aimer ça et à en redemander (voyez le sergent Barnes de "Platoon" ? Ben, pareil… Sauf que lui carburait à l’alcool fort). Et la bonne idée qu’a eu la formation au moment de rééditer en version augmentée cet E.P., c’est de placer les nouveaux morceaux en premier ! Ainsi, l’on prend mieux la mesure du travail effectué en dix-huit ans, sans jamais perdre de vue – ni d’ouïe – qu’il s’agit du même groupe.

Les quatre premiers titres sont d’un niveau très élevé, dans la violence comme dans le pouvoir d’accroche. Et ça ne tient souvent à rien. Bon sang, les deux riffs de base de "War Cult Anthem", qui s'enchaînent sans coup férir, sont envoyés à répétition et avec vigueur à nos oreilles par les trois musiciens sans jamais craindre de lasser... Les mesures se suivent et se ressemblent parfois longtemps… Et pourtant on en redemande ! Ce morceau, c’est l’assaut de la ligne fortifiée adverse sous un feu nourri. On répète ledit assaut jusqu'à ce que, en face, ça flanche. Et face à REBAELLIUN, on flanche. Pour le meilleur, fort heureusement.

"The Last Stand" et "Ground Zero" utilisent une formule similaire pour faire mouche, mais avec légèrement plus de variété. L’on a le sentiment, à travers eux (et leurs samples d’explosions et de tirs d’artillerie) de découvrir les différentes phases d’une bataille, tantôt violente et meurtrière – ce refrain de "The Last Stand" ! – tantôt plus calme, le temps de recharger les munitions. "Ground Zero", lui, s’avère plus lourd et moins brutal que ses prédécesseurs, mais comme on n’est à l’abri d’aucune bombe avec REBAELLIUN, il se montre capable de se déchaîner soudainement aussi.

Si l’on se replonge, ensuite, dans les morceaux plus anciens, l’on remarque toujours, quoique plus discrètement, cette propension des Brésiliens à asseoir leur suprématie en usant et usant encore de la répétition d’une même idée. Écoutez donc "Bringer Of War", l’éponyme ayant donné son titre à l’E.P., et constatez combien REBAELLIUN fait usage, encore et encore, du même riff, avant de céder la place à un autre. Entre les deux, vous headbanguez déjà, et à la deuxième écoute, vous vous souvenez de tout. Le trio de Porto Alegre vous possède comme il me possède. "Kings Of The Unholy Blood", d’abord rapide puis plus lourd et mid-tempo, le démontre également, sans toutefois générer le même taux d’adhésion.

En parlant de taux d’adhésion, les deux morceaux qui ressemblent le moins au REBAELLIUN standard parviennent tout autant, pourtant, à rendre accro le Deatheux en quête de brutalité bien ordonnée et administrée. Cette reprise du "Day Of Suffering" de MORBID ANGEL révèle le genre de classiques que chérit le groupe, qui l’interprête ici fidèlement. Mais surtout, le tout récent "There Is No Horizon" démontrerait presque, à lui seul, que le groupe sait pratiquer autrement son art de la composition et ses mécanismes d’addiction auditive. Avec lui, ce ne sont pas un, ni deux, ni même trois riffs, mais quatre, cinq, six qui se succèdent sans jamais se répéter longtemps, signe que le regretté Fabiano Penna, décédé fin février 2018, deux mois seulement après la sortie de cet E.P., en avait beaucoup sous la pédale.

Preuve, aussi, que REBAELLIUN sait être accrocheur même en n’implantant pas à coups de pelle ses effets dans le crâne de l’auditeur. Parfois, l’addiction arrive seule, sans que l’on cherche à la provoquer. Tel est le propre des goûts puissants. Et en matière de goût, REBAELLIUN arrache. Propre et net.

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- Sandro Moreira (batterie)
- Fabiano Penna (guitares)
- Marcello Marzari (basse, vocaux 5-8)
- Lohy Fabiano (basse, vocaux 1-4)


1. War Cult Anthem
2. There Is No Horizon
3. The Last Stand
4. Ground Zero
5. Agonizing By My Hands
6. Bringer Of War
7. Kings Of The Unholy Blood
8. Day Of Suffering (cover De Morbid Angel)



             



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