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DEATH METAL THRASHY  |  STUDIO

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MERCYLESS - Abject Offerings (1992)
Par T-RAY le 1er Mai 2021          Consultée 799 fois

Quel panard que l'écoute du premier MERCYLESS ! Sombre. Menaçant. Massif. Et hyper catchy. Voilà quatre adjectifs, parmi d'autres, capables de qualifier "Abject Offerings". Vingt-neuf ans après sa sortie, ce debut album n'a pas pris une ride et représente un illustre exemple du niveau élevé que pouvait atteindre le Death Metal français au début des années 1990, même s'il n'était qu'en position de suiveur sur la scène internationale. J'irai même jusqu'à dire que ce longue-durée orné du célèbre "Christ de saint Jean de la Croix" de Salvador Dalí - hélas absent de la réédition digipak de Great Dane Records en 2014 - est l'un des deux meilleurs premiers L.P.s de l'histoire du Death Metal français. Avec le "Final Holocaust" de MASSACRA. Rien que ça.

Vous objecterez sans doute qu'il s'agit là plutôt de Death/Thrash que de Death Metal en bonne et due forme et je vous donnerai probablement raison dans un premier temps. Parce qu'en effet, le riffing Thrash coule dans les veines de Max Otero et Stéphane Viard. Il suffit d'ailleurs d'entendre l'impie "Without Christ" pour se rendre compte que MERCYLESS doit alors encore beaucoup à SLAYER, entre autres. Il y a du "Raining Blood" sur l'introduction de ce titre, avec notamment ces coups de grosse caisse initiaux annonçant, comme un coup de tonnerre, la tempête à venir. Car Gérald Guenzi est lui aussi un musicien marqué par le Thrash, avec un goût certain pour le skank beat typique du genre.

Du SLAYER, il y en a aussi sur le début de "Substance Of Purity", qui rappelle "Dead Skin Mask", et le terminal "Selected Resurrection", probablement LE morceau le plus ouvertement SLAYERien de l'album. Comme un clin d'œil à ce qui l'a inspiré au tout début - le genre et ceux qui l'ont porté au paroxysme de la brutalité - ce morceau final mêlant accélérations subites et ralentissements bienvenus avec un long passage plus calme et ambiancé, est un bel hommage à tout ce qui est arrivé avant MERCYLESS. Mais c'est aussi l'un des morceaux qui rend le mieux compte de la transition du Thrash Metal vers le Death Metal et l'accélération furieuse en son milieu, avec ses blast beats bien marqués, en témoigne.

En réalité, "Abject Offerings" est l'un des albums européens (avec le "Consuming Impulse" de PESTILENCE) qui illustrent le mieux ce passage du Thrash au Death. Un quasi écho, trois ans plus tard, au "Altars Of Madness" de MORBID ANGEL qui, lui aussi, capitalisait beaucoup sur le style SLAYER, au niveau des ambiances et des soli de guitare en particulier. Même si ceux de Stéphane Viard sont plus construits et moins dissonants que ceux de Trey Azagthoth, qui tiraient alors leur inspiration d'un certain Kerry King. MERCYLESS, c'est en effet un sens du solo particulièrement aigu (le sens, pas le solo) et accrocheur. Tous ceux de ce premier album studio sont bons et tombent à-propos. Écoutez… et entendez !

"Abject Offerings" rappelle également les premiers travaux au long cours de l'Ange Morbide de par la savante construction des morceaux et l'enchaînement fatal des riffs en leur sein. Car MERCYLESS, c'est aussi et surtout un sens du riff qui découpe et bon nombre des huit véritables morceaux de l'album, exception faite de cette intro instrumentale qu'est "Nyarlathotep", en renferment plusieurs. Là, on est clairement dans le Death Metal, et leur côté brutal et agressif est saisissant. Le soin qui leur est apporté et l'atmosphère obscure dans laquelle ils sont drapés confère, en outre, à "Abject Offerings" cette aura supplémentaire qui fait encore de lui, près de trente ans plus tard, une œuvre remarquable.

Bien sûr, il faut citer le travail de la vedette des consoles, Colin Richardson, à la production, qui a permis au son du quartette de prendre une épaisseur et un muscle tout autres que ce dont le groupe faisait preuve sur ses démos. Ici, tout est effectivement plus puissant, plus orageux. Mais son côté menaçant, la musique de MERCYLESS ne le doit qu'à ses principaux compositeurs, Max Otero en tête. Avec une voix dans l'air du temps - on pense un tantinet au John Tardy d'OBITUARY - le hurleur n'en oublie pas son instrument principal, la guitare, dont il tire le meilleur sur des riffs comme ceux du morceau-titre, extrêmement variés et qui s'enchaînent imparablement.

En vérité, dénombrer le nombre de riffs efficaces sur "Abject Offerings" revient à chercher les brins de foin dans une botte de foin, pour prendre le contre-pied d'une expression usée jusqu'à la corde. On en trouve plein parce qu'il n'y a que ça ! Un vrai festival. Et ils apportent chacun leur supplément d'atmosphère et leur nuance de noir. Parfois, ils sont accompagnés de quelques nappes de claviers discrètes mais audibles qui renforcent la sournoiserie de l'ensemble, comme sur "A Message For All Those Who Died". Mais ils n'ont pas besoin de tels artifices pour être prenants. Passez-vous le précis et concis "Flesh Divine", en guise d'échantillon, et constatez par vous-mêmes. Ou un "Unformed Tumours" surprenamment Heavy.

Attraper l'auditeur à coups de riffs de guitare pour ne plus le lâcher : tel est le plan d'attaque du quartette mulhousien ici. MERCYLESS captive, et ce, dès les premières écoutes. Sur ce premier album, la musique du groupe a beau ne pas se faire aussi complexe qu'elle ne le sera sur l'opus suivant, "Coloured Funeral", ou qu'elle ne l'était sur certaines démos précédentes, elle atteint sa cible en plein cœur à chaque fois. Encore faut-il que la cible en question aime le Death Metal, ou le Thrash sans être allergique aux growls... Mais une fois ces deux prérequis cochés, il n'y a effectivement aucune raison pour ne pas prendre son pied à l'écoute de "Abject Offerings". Et d'en profiter à fond car dans sa position, le Christ de Dalí, lui, ne le peut plus…

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- Max Otero (guitares, vocaux)
- Stéphane Viard (guitare lead)
- Gérald Guenzi (batterie)
- Rade Radojcic (basse)


1. Nyarlathotep
2. Abject Offerings
3. A Message For All Those Who Died
4. Substance Of Purity
5. Flesh Divine
6. Without Christ
7. Unformed Tumours
8. Burned At The Stake
9. Selected Resurrection



             



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