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TOMBS - The Grand Annihilation (2017)
Par MEFISTO le 3 Juillet 2017          Consultée 1553 fois

Et s'il était possible et pertinent de réinventer le Black d'un millimètre en y injectant ses graines, son eau, ses vitamines et ses engrais ? Qui vous prouvera que les racines ainsi créées ne découlent pas de vos efforts pour reprogrammer l'ADN d'un style à votre couleur, selon le pedigree de votre nation dans ce style ?

Le leader de TOMBS, Mike Hill, recherche un peu ce résultat depuis la fondation de sa créature en 2007, il y a donc 10 ans. Il ne l'avouera pas, mais c'est ce qu'il souhaite. TOMBS est devenu, en trois recueils, une référence en Black organique moderne à la sauce Sludge de plus en plus mince, signe que ses riffs et sa colère suffisent désormais à le qualifier sans arrière-pensée. C'est encore plus vrai sur "The Grand Annihiliation", l'album de la maturité pour les New-Yorkais, dont la fange s'avère fortement caramélisée… De la bonne grosse mélasse goudronnée pour les amateurs de Metal gras, charnel et dépressif.

Mike Hill déchire absolument tout sur "The Grand Annihilation", que ce soit à la guitare rythmique ou au chant, qu'il a voulu ici d'une polyvalence extraordinaire ; on a droit à du rustre de première classe, du sépulcral et surtout, à un chant clair mystifiant qui ajoute une dose de psychédélisme doomesque sur les parties ou morceaux plus tranquilles tels que "November Wolves" (putain, ce groove !), "Underneath", "Walk With Me In Nightmares" et "Saturnalian". Ces tranches de Sludge viennent équilibrer un disque basé sur les agressions désormais classiques du groupe, qui pioche à qui mieux-mieux quand vient le temps de dévoiler sa vraie nature d'Américains aux lourdes bottes ("Black Sun Horizon", "Way Of The Storm", "Old Wounds"). On remarquera aussi une mince touche de Prog sur les titres plus longs, "Way Of The Storm" et l'inquiétante finale "Temple Of Mars", ce qui, une fois encore, permet de balancer toutes les influences de TOMBS.

"The Grand Annihilation" est une œuvre obscure réussie parce que même si elle lorgne quelques fois du côté de la mièvrerie neurasthénique ("Walk With Me In Nightmares"), on ressent une réelle envie de tout envoyer valser. Je vous préviens, quand le quintette se décide à accélérer en jouant les gros mammouths enragés, ça dépote à un niveau assez vif. La batterie de Charlie Schmid sonne comme une machine de guerre de Death Brutal et la basse vrombissante de Ben Brand vient lier les riffs et trémolos dantesques de Hill et Evan Void, duo de rapaces qui abat un énorme boulot de démolition. Le plus admirable dans tout ça est que Hill réussit à nous libérer de nos chaînes en nous faisant nager du côté ténébreux de l'existence, comme il aime le répéter…

Et quand on a Erik Rutan derrière les manettes, c'est encore plus écrasant comme atmosphère… C'est la seconde fois que les New-Yorkais font appel aux talents indéniables de Rutan pour « polir » leurs compos. Cela veut dire les enduire d'alluvions nauséabondes qui, avec le temps, résisteront aux intempéries. Un beau cadeau que les Américains se sont offerts en réengageant la bête Rutan, dont le souffle fétide agit comme un cadenas sur "The Grand Annihilation".

Cela fait longtemps que j'attends ce moment ; TOMBS est désormais un leader de la scène Black moderne américaine. Il a complété sa grande annihilation débutée en 2007 et s'empare d'une partie du trône des marécages réchauffés par le soleil le plus ténébreux qui soit.

Ce soleil qui se couche derrière les colonnes du "Temple Of Mars" en nous promettant de revenir plus meurtrier que jamais… J'attendrai son ombre avec impatience !

Dark Angel rise!!!


Podium : (or) "Temple Of Mars", (argent) "November Wolves", (bronze) "Way Of The Storm" – "Old Wounds".

Indice de violence : 3/5.

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- Mike Hill (guitare, chant)
- Ben Brand (basse)
- Charlie Schmid (batterie)
- Evan Void (guitare)
- Fade Kainer (synthé, chant)


1. Black Sun Horizon
2. Cold
3. Old Wounds
4. November Wolves
5. Underneath
6. Way Of The Storm
7. Shadows At The End Of The World
8. Walk With Me In Nightmares
9. Saturnalian
10. Temple Of Mars



             



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