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TOKYO BLADE - Night Of The Blade (1984)
Par DARK SCHNEIDER le 14 Septembre 2015          Consultée 4381 fois

"Night Of The Blade" a failli ne pas être le chef d’œuvre de la NWOBHM qu'il est. Si TOKYO BLADE avait su faire vibrer le cœur de n'importe quel metalhead de son époque avec son premier album et son EP "Midnight Rendezvous", il ne semblait pas que le combo britannique puisse rivaliser avec les plus grands. En bref, il leur manquait un truc, et cela n'était pas difficile de deviner quoi : une grande voix. Car Alan Marsh n'avait pas le niveau pour marcher sur les plates bandes des plus grands. Andy Boulton aurait eu beau se transcender dans son rôle de compositeur, sans un chanteur au dessus du lot ses efforts auraient été vains. TOKYO BLADE ne pouvait que se contenter de faire du bon, voire du très bon Heavy Metal, mais pas de l'excellent. "Night Of The Blade" était donc parti pour être un album de ce genre. A l'origine, ses parties vocales furent intégralement interprétées par Alan Marsh, mais finalement le groupe se sépara de lui peu de temps avant sa sortie, et recruta au dernier moment le survolté Vic Wright qui réenregistra dans la foulée toutes les lignes de chants (sauf les backing vocals, gardés en l'état). Le coup fut sans doute rude à accepter pour Marsh, d'autant qu'il avait écrit tous les textes de l'album, mais tant pis, car nous ne pouvons que nous réjouir de ce changement de dernière minute.

Vic Wright est donc l’élément qui manquait à TOKYO BLADE pour franchir un cap. La différence entre Wright et Marsh est à peu près similaire à celle qui distingue John Deverill de Jess Cox (TYGERS OF PAN TANG) : un virtuose prenant la place d'un bon faiseur. Et TOKYO BLADE d'accoucher de son meilleur album, de faire office d'espoir de la scène Heavy Metal, un futur grand en perspective...

Car "Night Of The Blade" déchire. Aussi affûtés qu'un katana, les huit morceaux gravés sur les sillons du vinyle nous assènent chacun de violentes estocades, toutes aussi mortelles les unes que les autres. C'est bel et bien la nuit de la lame ! Pourtant, TOKYO BLADE ne révolutionne rien dans sa musique, la recette est la même que pour l'EP "Midnight Rendezvous", mais le niveau de composition s'élève d'un cran, et comme déjà dit, Wright fait la différence au chant. Doté d'une voix beaucoup plus puissante que son prédécesseur, il illumine l'album. On sent que le chanteur est à la recherche d'une gloire certaine et donne donc tout ce qu'il a, et du coffre, il en a ! C'est ce que se doit être un chanteur de Heavy à son meilleur niveau : une voix claire et puissante, dominatrice, arrogante et haranguant ses auditeurs. Wright a tout cela, ce pouvoir de fédérer les foules. La source d'inspiration de Wright ? En aucun cas ses compatriotes Anglais, l'homme tirait son envie d'hégémonie des Rock Stars Américaines, tout en frasques et en exagérations, et notamment d'un certain David Lee Roth. Avec cette envie de se mettre à tout prix en avant, on aurait pu craindre que Vic Wright cherche à trop s'imposer au détriment des autres zicos, mais comme il fut recruté au dernier moment et ne put qu'apposer son chant sur des lignes déjà écrites, son ambition n'affecta en rien la cohésion du groupe.

TOKYO BLADE parvient alors à trouver un parfait équilibre entre les compos purement Heavy Metal, tel que le redoutable title track joué pied au plancher, ou encore "Unleash The Beast", et les moments lorgnant vers leurs habituelles tendances Hard Rock (Ah ! le très catchy "Rock Me To The Limit"). Le niveau de l'album est d'une rare homogénéité, et cependant chaque titre est porteur de sa propre identité : tout est parfaitement mémorisable et les riffs s’enchaînent les uns après les autres sans coup férir. Le climax de l'album étant incarné par "Warrior Of The Rising Sun", avec sa structure épique, sa richesse mélodique et riffique, ses breaks et changements de rythme, et surtout les « Samouraï » scandés par le chanteur qui donnent envie de partir pour le pays du soleil levant afin de marcher sur les traces de ses anciens guerriers d'élites. On décernera aussi une mention pour la magnifique "Dead Of The Night", ballade sombre et dramatique qui évite tous les écueils du slow larmoyant.

Toute en intensité et en spontanéité, "Night Of The Blade" est l’œuvre d'un groupe dont la cohésion est encore pleine et entière. Tous les ingrédients étaient cette foi-ci réunis pour que TOKYO BLADE gravisse fièrement les marches vers le succès, sans la moindre hésitation. La concurrence était cependant encore trop rude à cette époque, surtout pour un groupe Anglais qui de fait ne disposait pas d'un maximum de moyens. Pour autant, ils parvinrent à un certain degré de reconnaissance, juste récompense pour tous leurs efforts. Et si le nom de TOKYO BLADE ne signifie sans doute pas grand chose pour le métalleux d'aujourd'hui, le véritable connaisseur de la NWOBHM sait que "Night Of The Blade" est un classique indiscutable du genre, qui, de surcroît, vieillit très bien.

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Vic Wright (chant)
- Andy Boulton (guitares)
- John Wiggins (guitares)
- Andy Wrighton (basse)
- Steve Pierce (batterie)


1. Someone To Love
2. Night Of The Blade
3. Rock Me To The Limit
4. Warrior Of The Rising Sun
5. Unleash The Beast
6. Love Struck
7. Dead Of The Night
8. Lightning Strikes (straight Through The Heart)



             



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