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DRUDKH - A Furrow Cut Short (2015)
Par ERWIN le 1er Juin 2015          Consultée 4771 fois

Comment éviter les amalgame lorsqu'on évoque les arts en Ukraine ? Les données politiques sont toujours sous jacentes, terribles et complexes. Aujourd'hui plus que jamais il nous faut donc faire preuve de circonspection. Cependant, toutes les ambitions d'indépendance de l'Ukraine sont légitimes, on ne peut daigner à une nation son droit à la souveraineté sur son propre sol. Il faut aussi tenir compte des souffrances passées entre les divers jougs russes, nazis et consorts, mais aussi les déplacements des populations russes effectuées lors des années staliniennes. Alors comment faire ? Lorsque retentissent les revendications nationalistes, elles sont souvent dévoyées; déformées, transformées même si certaines sont indéniablement extrêmes. N'oublions jamais les leçons de l'histoire. Je ne chroniquerai pas les œuvres de Roman Saenko si je n'étais pas persuadé du bien fondé de ses revendications, c'est dit et assumé. Voila le dixième opus de l'entité DRUDKH, phénoménal projet du génial ukrainien, assurément un des plus grands groupes de Black existant. Amis poètes bonsoir, vous trouverez ici les écrits de Tchevchenko, Lesych et Franko - hérauts du nationalisme ukrainien - portés au pinacle dans l'écrin du Black Metal.

Le "Bois" narre donc ici l'histoire d'un "sillon qui ne put jamais être achevé". Vous reconnaîtrez aisément l'impavide Mêre patrie à cheval qui terrasse et écrase les simples paysans ukrainiens, tel le fléau de Dieu apportant feu et destruction dans son sillage. Vous avez pigé... C'est pas aujourd'hui qu'on risque de sortir de la tentation nationaliste. Mais, croyez moi, si la revendication qui émane du hurlement rageur et continu de "To The Epoch Of Unbowed Poets" est celle de l'injustice, alors les russes n'ont pas la moindre chance de voir leur politique d'asservissement et de satellisation réussir, quel qu'en soit le prix. Le déferlement hypnotique des légions métalliques Ukrainiennes est juste dévastateur. En revanche pas le moindre aspect malsain dans l'approche.

On démarre avec les enfants maudits "Cursed Sons Pt I", devinez de qui on parle...? Oui, ça débute bien tiens ! Bonjour la quiétude ! Les grattes prennent possession de l'espace avec une rage insensée, vous allez être immédiatement pris à la gorge par le molosse de Kharlov, il ne relâchera pas son emprise avant la fin de l'opus. Le déluge qui s'ensuit n'a que peu d'équivalent en terme de violence déchaînée et maîtrisée. "Cursed Sons Pt II" est sans doute plus dépressive dans les premiers motifs, mais rapidement la cavalcade démarre dans le déploiement furibard d'un soulèvement tellurique de fort belle tenue. Les nappes de synthé servent à merveille les sombres desseins d'un drone lancinant et reptatif. La fin est en mode Pagan, DRUDKH reste un tenant de musique traditionnelle, damned !

Le bulldozer du drone est bien de retour. Pour moi, pas un groupe au monde ne saurait s'aligner face à la puissance évocatrice de ces rythmiques d'acier mêlées de sève. Notre brave Varg n'est désormais plus qu'un gentil fleuriste normopathe face à son rival slave. Même à comparer les premiers BURZUM, nous serions instantanément pris à la gorge par l'invraisemblable magnétisme hypnotique des mélopées de cet opus. Saenko y déverse sa rage revancharde, son impuissance de citoyen face à l'omnipotence de la nation voisine. Constatez donc l'état de vos neurones après une écoute à pleine puissance de "Dishonour I & II"... De quoi transformer en émule de Nietschze à peu près n'importe qui, pour sur... Le chant de l'autre Roman "Thurios" Blahyik, se fait tantôt féroce tantôt torturé, pas de doutes nous sommes en terre d'Ukraine.

"Embers" déboule à son tour tel un rouleau compresseur, mais, s'il fallait la résumer, toute l'invraisemblable beauté épique du black metal se trouve ici à son apogée symbolisée par un seul titre, il porte le nom de "Till Foreign Ground Shall Cover Eyes". Les grattes sont cinglantes, la batterie y martèle son blast beat tel le cheval apocalyptique dépicté sur la pochette, et les screams stridents de Thurios y deviennent le symbole de la souffrance de ses frêres.

Pour le moment, l'album de l'année, de très loin et sans le moindre doute pour moi. Très très proche de la perfection. Aucun élément nazillon là dessous. Pas le moindre faux pas dans cet album, de très grande qualité et qui doit figurer dans toute discothèque de Beumeuh qui se respecte.

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   ERWIN

 
   MEFISTO

 
   (2 chroniques)



- Роман (guitare-claviers)
- Роман (chant-guitare)
- Ktechet (basse)
- Vlad (batterie)


1. Cursed Sons Pt1
2. Cursed Sons Pt2
3. To The Epoch Of Unbowed Poets
4. Embers
5. Dishonour Pt.1
6. Dishonour Pt.2
7. Till Foreign Ground Shall Cover Eyes



             



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