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DARK MOOR - Ancestral Romance (2010)
Par BAST le 27 Janvier 2011          Consultée 7331 fois

La conclusion d’abord. Car il me semble judicieux de tempérer, comme un avertissement proposé à ce que cette chronique comptera de lecteurs, l’enthousiasme dont je vais immanquablement faire part d’ici quelques lignes et plusieurs paragraphes durant. Il suffit en effet que DARK MOOR lègue quelques titres forts en saveur pour que mon impression générale tutoie les sommets, à l’endroit où les neiges éternelles voient défiler la course du soleil sans crainte pour leur intégrité (d’où leur nom, il est important de le rappeler).
Un magazine porno vous louerait les mérites érectiles d’un film dont il fait son ordinaire par ce genre d’argumentaire où l’énumération thématique fait loi : excellent film, deux scènes avec une fille et ses fesses, une avec trois filles totalement éprises l’une de l’autre et une dernière improbable quoique réussie rassemblant un dogue, une grenouille, une momie apprêtée par Van Hagens et une fille qui sait bien que, parfois, par temps de crise, quantité vaut mieux que qualité.
Parce qu’il faut savoir varier ses sources d’inspiration, présenter la huitième œuvre de DARK MOOR de cette manière m’est une belle occasion de renouvellement : excellent "Ancestral Romance", deux titres étincelants, six autres dont la recommandation coule sous le sens, un hymne de bon goût et une longue ballade décevante.

L’excellence, commençons par elle, est atteinte… que dis-je, dépassée, perforée même (ou comment les digues de l’enthousiasme évoqué plus haut s’ouvrent à la volée) par "Gadir", assemblage de cinq minutes moins une seconde qui se permet tout un tas de choses. D’abord de présenter l’Arkham Filarmonic Orchestra. Ensuite de conforter à son poste l’Imperial Choir of Rivendel. Aussi d’exhiber une production charnue, la meilleure à l’actif de DARK MOOR. J’en veux pour preuve la manière dont l’orchestre et les chœurs sont mis en valeur. Au point que – et jamais je n’aurais pensé l’écrire un jour - DARK MOOR se voit gratifié d’orchestrations au rendu supérieur à celui entendu sur le dernier album de RHAPSODY ("The Frozen Tears Of Angels").
L’excellence susmentionnée tient à cet enrobage parfait et surtout, à un caractère proche de la perfection. Pour les connaisseurs des Espagnols, "Galdir" aurait figuré sur "Tarot" qu’il en aurait conforté le niveau : superbe intro, chœurs emphatiques et profonds, solo caressant, rythmique entrainante, autant d’éléments garantissant cette sorte d’adhésion que suscite un grand titre fédérateur. La seconde pépite d’"Ancestral Romance" est enchâssée par "Mio Cid". La structure s’avère identique à celle entrevue sur "Galdir" mais DARK MOOR y pousse une densité caractérisée par deux ponts, l’un que domine un solo de basse, l’autre rehaussé par une grande interprétation d’Enrik García, lui qui reprend à la guitare le thème véhiculé par le refrain et qui exhibe un feeling propre à faire frissonner un parpaing mort. Le refrain, justement, se montre entrainant malgré une répétitivité insistante. Il intervient après une montée en puissance épique qui rompt elle-même un couplet plus doux superbement conduit par Alfred Romero et son timbre chaud bourré de charme.

De part et d’autre de ces deux titres, on s’attache sans difficulté à "Love From The Stone", légèrement gothique avec l’intervention d’une soprano et d’un refrain opératique, "Alaric De Marnac" et son allure théâtrale confortée par le refrain solennel et des effets de voix (susurrements, cris…), l’intense "Tilt At Windmills" posé sur un refrain doux comme un oreiller et un bon solo, le folklorique "Canción Del Pirata" caractérisé par un refrain pris en charge par des chœurs dont le rendu a été épuré (le résultat est surprenant) et un solo, concis et pertinent, ou encore "Ah ! Wretched Me", titre le plus Heavy de l’album, avec un riff appuyé et un refrain épique rappelant dans sa structure le dernier album de RHAPSODY (on répète des lignes de chant trainantes).

"Just Rock" est l’ovni de l’album. DARK MOOR singe QUEEN, à sa sauce, pour un effet plutôt étonnant. D’abord, consultons ensemble les paroles du refrain :

"Rock is our voice,
rock is our truth,
rock is our choice,
rock is our youth.
That's rock'n'roll.
Just rock your way!
Just rock your soul!
Just rock today!"

"Just Rock" sent la niaiserie, c’est probablement la conclusion qui vous vient à l’esprit à la lecture de ces lignes. Eh bien non ! Sans forcément aboutir à un chef-d’œuvre, DARK MOOR livre une copie exempte de ridicule. On peut même évoquer une manière de bon goût. Quelles formations peuvent réellement se targuer d’avoir composé un hymne similaire, de manière aussi mesurées et juste ? Ni METALIUM, ni GAMMA RAY pour donner deux exemples récents.

Enfin, il y a "A Music In My Soul", la ballade qu’on aurait préféré entendre ailleurs et dans une version plus courte. Agréable, avec un Romero juste et attachant de bout en bout, et un refrain proche de SONATA ARCTICA joliment appuyé par l’orchestre, il me semble que décliner un thème globalement peu novateur aussi abondamment (c’est le titre le plus long de l’album) est une erreur. DARK MOOR se trompe sur ce titre ; avec la présence d’un orchestre, il aurait probablement gagné à se concentrer sur ce genre de pièce épique qu’on aime à retrouver en fin d’album. Là, c’est évident, "Ancestral Romance" aurait détenu assez d’atours pour faire de l’ombre à la référence des Espagnols période Alfred Romero, "Tarot". Hélas, ce titre, parce qu’il ferme l’album et parce qu’il le ferme mal, laisse un goût d’inachevé.

Alfred Romero chante de mieux en mieux et Enrik García continue à proposer d’admirables soli, tout en feeling, totalement au service des titres, exempts d’une technique qui aurait été ici inappropriée. Le guitariste, si peu connu comparé à un Luca Turilli pour demeurer dans un registre similaire, fait encore une fois preuve d’un savoir-faire magistral. Guitariste adroit et intelligent, il conforte en outre sa stature de compositeur hors pair.

La note est évidemment bonne. Mais elle aurait pu être meilleure. La faute à "A Music In My Soul".
Ce qu’il faut retenir, et quoi qu’il en soit, c’est que DARK MOOR demeure une des valeurs sûres du Metal Symphonique. Même si le meilleur des Espagnols ("Tarot") n’est pas ici atteint, ce huitième album studio livre des titres forts et calibrés pour occuper longtemps celui que le Heavy Mélodique attire inlassablement. Mieux, DARK MOOR, à chaque album, trouve le moyen de progresser ou d’innover. En 2010, c’est l’apport d’un orchestre et le renforcement de la production qui est à noter.

"Ancestral Romance" a déjà marqué 2010 de son empreinte.

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   (2 chroniques)



- Alfred Romero (chant)
- Enrik García (guitare)
- Mario García (basse)
- Roberto Cappa (batterie)


1. Gadir
2. Love From The Stone
3. Alaric De Marnac
4. Mio Cid
5. Just Rock
6. Tilt At Windmills
7. Canción Del Pirata
8. Ritual Fire Dance
9. Ah! Wretched Me
10. A Music In My Soul



             



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