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KROKUS - Stampede (1990)
Par WILD ONE le 14 Octobre 2010          Consultée 2906 fois

Le succès est tout de même quelque chose de très éphémère.

Si en 1983 KROKUS était un groupe qui surfait sur une immense vague de popularité aux USA, remplissant arène sur arène, sept ans plus tard, il n'en est plus rien. "Heart Attack", dernier opus en date, avait pourtant semblé annoncer le meilleur pour 1988, et une grande série de concerts en Europe devait suivre et marquer le retour de nos cinq Suisses sur le devant de la scène, après quelques années parsemées de changements de line-up, de conflits d'égo, d'arnaques, d'annulations et de pertes d'argent... Rien que ça ! L'illusion ne dure évidemment pas bien longtemps, et à peine cette fameuse tournée entamée, les vieux démons refont surface et KROKUS implose.

Von Arb réalise pourtant vite (même s'il est un des premiers à claquer la porte en grande trombe) qu'il ne sait pas faire grand-chose d'autre à part de grands soli grandiloquents assortis de vibrato, le tout sapé d'un beau collant jaune et noir à en faire pâlir Bruce Dickinson dans ses grands moments. Deux ans passent avant qu'il ne craque et décide de finalement revenir par la petite porte avec quatre nouveaux musiciens (dont un chanteur inconnu, Peter Tanner, qui n'a aucune anatomie arachnéenne) et un nouvel album, qui malgré son nom, ne provoque pas l'émeute. Est-ce le résultat d'une mauvaise promo ou d'une période musicale en plein renouvellement ? Je ne sais pas, peut-être les deux. Mais une chose est sûre : il y a dans "Stampede" de quoi rivaliser avec les grands noms du Heavy Metal.

Je ricane souvent en imaginant la tête d'un fan fidèle de l'époque qui s'attend justement à retrouver du Hard Rock « boogie » assez gentil (bon, la pochette n'annonce pas de la musique œcuménique non plus, hein !) comme celui des premiers albums, et qui tombe face à la chanson-titre. Je ne crois pas qu'il a dû concevoir un tel coup de pelle dans la figure : avalanche de guitares, Peter Haas qui déboite sa batterie, solo hallucinant, ainsi que cette voix qui pimente le tout d'un quelque chose qui ressemble à… de la violence ! Autrement dit, du jamais vu chez KROKUS. (A propos de voix, un détail assez amusant : pendant dix ans on a reproché au groupe d'avoir un frontman qualifié de « clone vocal de Bon Scott ». A peine Storace parti, il a fallu que Von Arb aille nous dégoter un chanteur dont le timbre ressemble curieusement à… Brian Johnson !)

La pression n'a même pas le temps de retomber : "Electric Man" arrive. Mid-tempo rythmé au riff en acier trempé, son refrain est tout bonnement « à s'en décrocher la mâchoire ». Beaucoup la comparent à une pâle copie de "Kings Of Metal" de MANOWAR, mais mis à part quelques similitudes, la version suisse est bien plus intéressante (et n'a pas la même prétention...). "Rock 'N' Roll Gypsy" et "Shotgun Boogie" s’inscrivent, elles, dans cette fameuse veine typique et tant attendue du KROKUS du début des années 80 et permettent de respirer un peu, alors que toute trace de Rock 'N' Roll semblait définitivement avoir disparu face à ce véritable rouleau compresseur. Deux réussites bien alignées, qui rendent compte de la qualité de la composition et de la cohérence de l'ensemble, point fort que l'on retrouvera tout au long de cet album. Autre exemple : "Nova-Zano", dont le riff un poil inquiétant laisse place à un chanteur un peu mystérieux, et qui se rapprocherait presque de quelque chose de ...« progressif » (bon, notez les guillemets) ! Tanner, quant à lui, a une technique et une qualité vocale vraiment bluffantes pour un simple inconnu qui n'a chanté dans aucun autre enregistrement (quel autre type de cordes vocales pourrait chanter "Good Times" d'une façon aussi rythmée ?)...

L'incroyable "Wasteland" passée (le contraste entre les différentes parties de la chanson est saisissant, chapeau à Von Arb pour la magnifique performance), le bilan est d'ores et déjà positif. Hormis quelques lourdeurs représentatives de l'époque à la "In The Heat Of The Night" ou "Rhythm Of Love", sympathiques mais pas à se taper la tête contre les murs, "Stampede" est homogène. Son, musique, technique, inventivité ; tout colle. Et pourtant, privé de la lumière du jour pour des raisons hypothétiques citées ci-dessus, cet album fait un énorme flop à sa sortie et reste un obscur obstacle dans la carrière de KROKUS, souvent cité comme leur pire album. Trop Metal, pas assez Storace, les fans ne sont pas convaincus et laissent tomber un à un la légende suisse. Face à cet échec et à un cancer, Von Arb les imite, faisant basculer du même coup Peter Tanner dans l'oubli, malgré son talent évident. Quel dommage, car cette formation était probablement, et cet opus en est la preuve, une des plus ambitieuses de la scène chevelue du début des années 1990 !

Difficile à trouver vu le peu d'éditions écoulées, mais néanmoins indispensable pour tout fan de Heavy Metal.

4,5/5.

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   WILD ONE

 
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- Peter Tanner (chant)
- Fernando Von Arb (guitare)
- Manny Mauer (guitare)
- Tony Castell (basse)
- Peter Haas (batterie)


1. Stampede
2. Electric Man
3. Rock 'n’ Roll Gypsy
4. Shotgun Boogie
5. Nova-zano
6. Street Love
7. Good Times
8. She Drives Me Crazy
9. In The Heat Of The Night
10. Rhythm Of Love
11. Wasteland



             



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