Recherche avancée       Liste groupes



      
HARD ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Style : Bonafide, Sideburn, Saxon
- Membre : Unisonic, Fox, China, The German Panzer
- Style + Membre : Gotthard

KROKUS - Big Rocks (2017)
Par DARK SCHNEIDER le 5 Décembre 2017          Consultée 526 fois

"Nan mais l'autre, il chronique du KROKUS !! Ahah mais quel intérêt ? C'est de la merde !!! Des mecs qui ont passé leur vie à plagier AC/DC, on est même plus en deuxième division là... Non mais attends, en plus c'est un album de reprises ? Remarque c'est cohérent de la part d'un tribute band officieux... Allez petit, fous-moi ça à la poubelle et que je t'y reprenne plus".

Voilà le genre de remarque que l'on pourrait se fader de la part de certains prescripteurs du bon goût métallique qui pensent détenir la vérité Rock'N'Roll. On a certes - en tant que chroniqueurs - tous notre petit côté donneur de leçon, mais il faut toujours savoir un minimum à peu près de quoi on cause. Fuyez donc comme la peste ceux qui vous affirment avec autorité que KROKUS n'est qu'un simple clone d'AC/DC, ces gens ne savent pas de quoi ils parlent et ne maîtrisent pas leur sujet. Zéro crédibilité. Alors certes, KROKUS ne s'est pas non plus taillé cette mauvaise réputation pour rien, dans son répertoire bon nombre de titres rappellent effectivement les Australiens, et Marc Storace aurait pu remplacer sans problème Bon Scott, mais il est juste impossible de résumer le groupe à cela, loin de là, surtout en ce qui concerne leur "âge d'or" des années 80. La suite de leur carrière étant plus problématique il est vrai.

Mais venons-en donc à cet album de reprises. Nous sommes en 2017 et KROKUS est donc un groupe de vieux (premier album en 1976 quand même), les grands-pères du Hard Rock suisse. Bien des groupes finissent par fortement ralentir la cadence avec l'âge, ça se comprend, l'inspiration ne peut pas être toujours évidente et parfois vaut mieux s'abstenir que s'évertuer à sortir des albums décevants. Donc allez hop, un petit album de reprises fera l'affaire pour ce millésime 2017. Je vous avoue que souvent, ce genre de disque me passe un peu au-dessus de la tête, l'intérêt de l'exercice n'étant pas toujours au (Metal) rendez-vous, entre ceux qui se contentent de reprendre à la lettre les morceaux originaux, et d'autres qui au contraire les triturent beaucoup trop. Bref, ça ne fait pas toujours rêver, mais quand même ça sera toujours mieux qu'un best of à la noix ou pire un album de réenregistrements à la con.

Premier réflexe avant l'écoute : un œil sur la track-list. Hum... Que des titres des années 60 et 70 à une exception près, on a compris que les musiciens veulent rendre hommage à la musique de leur jeunesse, mais en plus ils n'ont choisi que des gros classiques des groupes en question, ça sent vraiment le zéro prise de risque pour le coup et tout cela parait donc beaucoup trop sage... Sur le papier, la seule petite originalité semble être la reprise de Bob DYLAN, et encore, pas tant que ça quand l'on sait que les compatriotes de GOTTHARD l'ont également reprise. Bon, appuyons sur play. Ahh ce fameux riff SABATHien, tellement simple, tellement bon... Tellement court ! 1:16 cette version de "N.I.B." ? Et oui, ce n'est qu'une intro, et ma foi, ça passe très bien en fait. Hop hop hop on enchaîne direct sur du QUEEN... "Mais dites-donc, c'est possible ça un cover band d'AC/DC qui reprend du QUEEN ??" Parpaing dans ta face. Première véritable reprise donc, et première réussite ! Évidemment, Marc Storace, toujours très en voix, ne fait pas du Freddie, il adapte le morceau à sa sauce. Alors certes, KROKUS ne reprend ici que des gros classiques, mais il a opté pour l'option la plus intelligente : réarranger les morceaux à sa sauce, sans les dénaturer pour autant, mais en les personnalisant suffisamment pour que l'on soit systématiquement curieux du résultat. Et bon sang que tout cela fonctionne bien ! Ce disque s'écoute d'une traite. C'est du bonheur que d'entendre ces morceaux réinterprétés par des musiciens de qualité, qui ont certes de la bouteille mais aussi toute la maturité et le feeling qui va avec, et, il faut le dire aussi, toujours beaucoup d'énergie.

Parmi ce recueil, on retiendra en premier lieu "The House Of The Rising Sun", basé évidemment sur l'interprétation des ANIMALS qui fait autorité. Le morceau est déjà magnifique à la base, mais ce n'est pas donné à tout le monde de délivrer une prestation vocale digne de celle d'Eric Burdon, soutenu par une instrumentation puissante derrière, donnant un énorme coup de fouet à ce qui est à l'origine un morceau Folk. Et que dire de cette version on ne peut plus musclée de "Rockin' In The Free World" de Mr Neil YOUNG ? Ça bute. Le riff est déjà très puissant à la base, mais interprété ici avec un gros son maousse costaud, whoaa ! Globalement, toutes les reprises tiennent la route en fait, même si chacun ira de sa petite préférence. Ah et puis pour rigoler le groupe a planqué un clin d’œil discret à AC/DC, faut dire aussi que Marc Storace ne s'était pas caché en 2016 qu'il était partant pour remplacer Brian Johnson.

"No fillers, no ballads, no bullshits" qu'il disent sur la pochette de l'album... Hum pour les deux premiers c'est une certitude. En revanche, "No bullshits" ? euh pour "Born To Be Wild" il faudrait que le groupe s'explique. Oui parce que bon, faire une nouvelle reprise de ce tube sachant que KROKUS l'avait déjà fait sur leur album "Hoodoo" qui date de 2010, j'en vois pas bien l'intérêt surtout que cette nouvelle interprétation est très similaire à la première, à quelques nuances près. Étonnamment, c'est la seule reprise qui n'est pas surboostée par rapport à l'originale. Un peu bullshit quand même non ? Oh et puis ils n'ont pas pu s'empêcher non plus de faire dans l'autosatisfaction en reprenant un de leurs propres titres (merde les gars, je vous avais dit pas de réenregistrement !!), avec "Back Seat Rock'N'roll" de l'album "Metal Rendez-Vous", alors c'est sûr que niveau production y a un monde, mais le choix du titre me laisse un peu dubitatif tellement ils en ont de meilleurs et surtout de plus originaux dans leur répertoire. Pas le meilleur choix pour terminer cet album.

Une très bonne friandise en tout cas ce "Big Rocks", ça passe tout seul. Les Suisses ne prennent pas de gros risques mais ont bien bossé leur sujet. Un album qui est forcément loin d'être indispensable mais toujours plus utile qu'un nouvel opus studio médiocre. Et puis cela demeure plutôt cohérent pour ce groupe habitué à l'exercice de la reprise. Une bande-son idéale pour l'apéro whisky du dimanche soir (testé et approuvé).

A lire aussi en HARD ROCK par DARK SCHNEIDER :


DEEP PURPLE
Perfect Strangers (1984)
Une reformation réussie

(+ 2 kros-express)



NAZARETH
Loud'n'proud (1973)
Plus c'est vieux mieux c'est!


Marquez et partagez




 
   DARK SCHNEIDER

 
  N/A



- Marc Storace (chant)
- Chris Von Rohr (basse)
- Fernando Von Arb (guitare)
- Mandy Meyer (guitare)
- Mark Kohler (guitare)
- Flavio Mezzodi (batterie)


1. N.i.b. (black Sabbath Cover)
2. Tie Your Mother Down (queen Cover)
3. My Generation (the Who Cover)
4. Wild Thing (the Troggs Cover)
5. The House Of The Rising Sun (the Animals Cover)
6. Rockin' In The Free World (neil Young Cover)
7. Gimme Some Lovin' (spencer Davis Group Cover)
8. Whole Lotta Love (led Zeppelin Cover)
9. Summertime Blues (eddie Cochran Cover)
10. Born To Be Wild (steppenwolf Cover)
11. Quinn The Eskimo (bob Dylan Cover)
12. Jumpin' Jack Flash (the Rolling Stones Cover)
13. Back Seat Rock'n Roll



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod