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GIANT SQUID - Metridium Fields (2006)
Par VOLTHORD le 5 Juillet 2010          Consultée 2870 fois

Les eaux sont encore troubles. Presque noires.
Pourtant, on aurait comme envie d’y plonger, de nager, de prendre son souffle et le perdre à mi-chemin vers les profondeurs, de côtoyer le monstre marin quelques instants avant de s’effacer dans l’oubli.
Si les terriens ont le ‘cafard’, les êtres maritimes ont le ‘calmar’.
Ou quelque chose comme ça.

Une dépression aussi lourde que douce, se mouvant dans des courants froids et chauds, où l’on perçoit des vagissements souterrains plus doux, atténués par les vagues. Et même les quelques bouffées d’air suffoquées en surface suggèrent que la peine véritable est celle d’êtres au-dessus du niveau de la mer.

GIANT SQUID revient sur son premier amour, une version plus lourde et désarmante, moins brute mais plus rigoureuse d’une démo à qui il manquait un certain perfectionnisme.
Le ton de "Neonate" anime une nouvelle verve largement plus pachydermique que celle de "Monsters In The Creek", plus rude, s’enfonçant quelques pieds (ou quelques tentacules) de plus sous les mers. Guitares plombées en avant, et un Aaron Smith largement plus présent seront deux éléments remettant le groupe clairement d’appui sur ses bases métalliques, juste à côté de l'épaule gauche de NEUROSIS.

La lourdeur Doom (ou Sludge, à ce niveau là) de GIANT SQUID prend tout son sens, la noirceur et la modernité devient un emblème absurde d’une musique qui semble cacher son désespoir véritable derrière des roches arrondies ou des algues soyeuses, usant du clavier ou de relents jazz ou de bourdonnements typiquement Drone pour mieux aiguiser ses contrastes.

Les notes lointaines d’un trombone, le chant soyeux d'Arielle... dès "Versus The Siren", le noir des abysses se transforme en un bleu nuit plus gracieux, alors que la rythmique d’abord éperdue de Michael Conroy nous engloutira dans une tempête époustouflante.
Paradoxe vivant, "Metridium Fields" garde un fond planant malgré toute sa lourdeur, la preuve emblématique en sera un "Summit" où un chant lointain de sirène côtoie le chant éraillé d'Aaron, dans une atmosphère post rock planante et mélancolique qui garde son explosion pour ses deux dernières minutes de distorsions gémissantes qui resteront indélébiles dans l’esprit de l'auditeur.

Le groupe expirera un morceau éponyme rare en son genre comme un dernier souffle long et éreintant, d’une répétition hypnotique révélant des nuances subtiles à chaque nouvelle minute. Rarement un morceau de 20 minutes avec un seul leitmotiv n’aura été aussi bien ficelé.

La faille pourrait être des guitares étouffantes et des riffs doom parfois redondants. Les deux morceaux les plus courts proposeront également moins de nuances ("Neonate" et "Revolution In The Water") et auraient été un argument en faveur d'un 4/5.

Mais non, "Metridium Fields" est trop imposant, et même dans ses longueurs, je me sens absorbé dans cette vague d’extase étrange, entre la joie d’être dans une bulle d’idées grises et l'amertume de n’être au final qu’un petit être humain débordant d’un trop-plein de trop de choses.
Ni paradis, ni enfer, mais un ailleurs marin parfait.

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   VOLTHORD

 
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- Aaron Gregory (chant, guitare)
- Aurielle Gregory (chant, guitare)
- Bryan Beeson (basse)
- Michael Conroy (batterie)
- Tim Conroy (trompette, clavier)


1. Megaptera In The Delta
2. Neonate
3. Versus The Siren
4. Ampullae Of Lorenzini
5. Summit
6. Eating Machine
7. Revolution In The Water
8. Metridium Field



             



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