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GIANT SQUID - Minoans (2014)
Par VOLTHORD le 30 Novembre 2014          Consultée 1693 fois

Après trois perles marines d’une richesse encore peu reconnue et un caillou faussement brillant récolté en 2011, le Calmar Géant vient empourprer l’année 2014 d’un nouveau jet d’encre qui restera dans les mémoires. Il remonte le temps et embrasse la tragédie de la civilisation minoenne (peuple crétois ayant disparu aux alentours de 1450 Av JC.) pour une aventure dans la droite lignée de "The Ichtyologist".

Les Américains menés par un Aaron Gregory aux idées lumineuses réalisent aujourd'hui ce qui paraissait être une intention mal transformée sur le EP "Cenotes". Un album calme, où la tristesse se veut aussi bénigne que présente. Les lourds nuages de "Metridium Fields" sont désormais loin et les rayons de soleil de la méditerranée sont aussi palpables que les lueurs d’un drame justement dosé. De ce point de vue, GIANT SQUID s’est clairement affranchi de son influence principale qu’était NEUROSIS (groupe trop peu connu de mes oreilles pour que la ressemblance ne m'ait jamais dérangé) et fait encore un pas de plus en direction de son cousin proche GRAYCEON.

Aujourd’hui, ses couleurs Sludge grisonnantes sont tapies derrière le violoncelle de Jackie Perez Gratz (qui joue et chante aussi pour ce même GRAYCEON). À chaque moment, l’instrument dit le plus proche de la voix humaine vient se superposer aux riffs, une omniprésence qui impose la couleur de "Minoans". Il contribue cependant à rendre les titres trop homogènes, un comble lorsqu’on se rappelle des incroyables remous de "The Ichtyologist". Ce sentiment d’homogénéité est renforcé par une rythmique toujours calée sur un standard doomesque que le groupe ne remet décidément plus en question.

Et si l’on ose mettre cela de côté et prendre l’album comme une histoire au récit et aux variations pondérées et dont l’éclat ne se lit qu’entre les notes ? Alors de nouveau GIANT SQUID fascine, et on se laisse tomber avec lenteur dans les tréfonds marins, la voix d’Aaron, toujours plaintive à souhait et de plus en plus travaillée, porte une trame riche en déboires et incarne le poids insidieux de la tragédie de "Minoans", et ce dès un premier titre où le refrain, imitant des murmures fantomatiques, se pare dans ses derniers instants d’une mélancolie lourde de sens.

Des titres comme "Thera" à la montée en puissance éclatante viendront asseoir de nouveau le groupe sur son trône de corail. "Mycenaeans" sera le réel point culminant de l’album (aussi fort que le "Summit" de "Metridium Fields"), façonnant, entre un bouzouki habité, un orgue tragique et ses teintes orientalisantes, un condensé du paysage sonore exploré par GIANT SQUID. Difficile de passer à côté d’un "The Pearl And The Parthenon" aux mélodies d’une rare beauté, qui fait autant penser à "The Age of Accountability" (dans "Monsters In the Creek"), "Versus The Siren" ("Metridium Fields"), que "Sevengill" ("The Ichtyologist"), titres lascifs bénéficiant de cette même douceur originelle. La montée en puissance dans "The Pearl And The Parthenon" ne sera pas aussi orgasmique que dans les morceaux cités (surtout "Sevengill", titre à écouter IMPERATIVEMENT là tout de suite !), pourtant on ne pourra s’empêcher de revenir dessus avec une joie non contenue.

C’est là aussi où l’on mesurera à quel point les deux voix complémentaires d’Aaron (parfois râpeuse, craillarde ou infiniment belle et mélodique) et celle de Jackie (éthérée, parfois doucement menaçante) sont dosées à la perfection sur cet opus. On notera d'ailleurs le retour d'Andrew Southard (troisième chanteur sur "Monsters In The Creek") qui certes n'aura que peu de temps de micro mais une présence appréciable notamment sur la conclusion "Phaistos Disc".


Un album fascinant et qui mérite largement les éloges et (enfin) la reconnaissance que le groupe mérite (penchez-vous dessus, vraiment !), mais qui manque de m’impressionner autant que les deux albums précédents. Des idées qui auraient parfois mérité une ou deux minutes de plus pour être entièrement explorées ? Un violoncelle trop présent ? Difficile à mettre le doigt sur le petit détail de moins ou de trop… toujours est-il que "Minoans" inspire, envoûte, nous embarque dans une trame unique.

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   VOLTHORD

 
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- Aaron Gregory (chant, guitare)
- Bryan Beeson (basse)
- Jackie Perez Gratz (violoncelle, chant)
- Andrew Southard (clavier, chant)
- Zack Farwell (batterie)


1. Minoans
2. Thera
3. Sir Arthur Evans
4. Palace Of Knossos
5. Sixty Foot Waves
6. Mycenaeans
7. The Pearl And The Parthenon
8. Phaistos Disc



             



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