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- Style : Nine Inch Nails

GODFLESH - Streetcleaner (1989)
Par POSSOPO le 14 Octobre 2009          Consultée 5530 fois

De l'industriel, du vrai, ce n'est pas si souvent qu'on discute boulons rouillés sur Nightfall. A y regarder de très près, il est même possible que "Streetcleaner" et son titre évocateur constituent la première chronique du genre. N'ayant pas vérifié mes dires, je ne mettrai pas ma main à couper sur cette affirmation mais je garde tout de même cette introduction en forme d'avertissement à tous ceux qui ne verraient en GODFLESH qu'un infâme bruitiste et qui hurleraient contre l'absence de sonorités metal sur le disque.

Du métal oui, du metal pas des masses, et moins encore sur le premier album longue durée du du groupe d'origine de monsieur JESU, j'ai nommé le divin Justin Broadrick. Et s'il fallait s'acclimater au climat d'usine de l'album avant de totalement l'apprécier, on ne pourrait guère conseiller qu'une plongée dans l'univers de MINISTRY, rare entité définitivement industrielle, définitivement metal de la galaxie. Un bon relais en somme avant de passer le seuil de la maison GODFLESH.

Il est cependant une raison évidente pour laquelle ce disque se voit ici chroniqué alors qu'il m'apparaît aujourd'hui incongru (nous verrons bien comment évolue notre ligne éditoriale à l'avenir) de parler d'autres géants du style, parmi eux le saint des saints EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN ou encore l'initiateur THROBBING GRISTLE, le metal justement.
En évitant de bêtement compliquer l'analyse et en grossissant le tableau, il suffira de dire que GODFLESH symbolise le poste frontière au-delà duquel, si on vient du monde du metal, toute scorie de guitare saturée disparaît, ou pour être plus exact, toute utilisation de la guitare en tant que pourvoyeuse de riff devient illégale.
Et ce qui différencie GODFLESH de ses pairs industriels, c'est bien cet instrument. Quand d'autres se noient dans les sons concrets (perceuse, marteau-piqueur et tutti quanti), la troupe de Birmingham préfère garder les six-cordes en main et s'en sert pour alimenter ses envies… d'industriel. Choisissant la posture de KILLING JOKE et poussant le bouchon nettement plus loin, Broadrick and friends refroidissent l'instrument, déstructurent le propos en faisant fondre ses fameux riffs caractéristiques… du metal. Résultat, une marmite en fusion (froide ?), un maelström sonore indésirable privilégiant le diktat des machines à celui des hommes. Boîte à rythme sauvage et robotique, billet d'entrée pour la plus suffocante des discothèques, basse coulée par l'overdrive, des influences qu'il faut chercher un peu partout du noise rock des SWANS au bon vieux SAB' en passant par le grindcore le plus cru. Justin Broadrick, la star du groupe, pourtant pas le fondateur (il s'agit de Paul Neville et GC Green) n'a pas débuté dans NAPALM DEATH pour rien.

Revenons un peu plus haut dans cette chronique.
MINISTRY, MINISTRY… et pourquoi ne pas chercher une autre porte d'entrée, tout aussi convaincante ? Après tout, nous sommes tous à peu près d'accord pour voir en GODFLESH un artisan de l'éclosion du post metal. Et encore une autre, prenons JESU, aujourd'hui en plein dans son délire shoegaze, les similitudes sont évidentes et pas seulement dans la voix ("Life Is Easy" bien sûr, admirable conclusion de ce brûlot, qu'on étiquetterait volontiers premier morceau officiel de JESU s'il fallait tomber dans la provocation).

En résumé un innovateur, un précurseur. Plus que ça, un album incroyablement addictif et plus accessible qu'on veut bien le laisser dire, une galette indispensable, et pas seulement pour se la péter (le disque est culte, il faut bien le préciser). "Streetcleaner" est juste très très très bon et à peu près révolutionnaire.

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- Justin Broadrick (guitare, chant)
- Gc Green (basse, machines)
- Paul Neville (guitare)


1. Like Rats
2. Christbait Rising
3. Pulp
4. Dream Long Dead
5. Head Dirt
6. Devastator
7. Mighty Trust Krusher
8. Life Is Easy
9. Streetcleaner
10. Locust Furnace
11. Tiny Tears
12. Wound
13. Dead Head
14. Suction



             



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