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WOLVES IN THE THRONE ROOM - Black Cascade (2009)
Par MEFISTO le 13 Avril 2009          Consultée 7573 fois

2009 sera une grosse année pour les Étasuniens de WOLVES IN THE THRONE ROOM : après avoir subjugué la communauté Black avec le terreux "Two Hunter" il y a deux ans, les boys de la côte nord-ouest reviennent à la charge avec deux offrandes à un mois d’intervalle. Le EP "Malevolent Grain" est sorti au milieu février en vinyle (la version CD étant distribuée durant les shows seulement) alors que leur troisième opus studio, "Black Cascade", est arrivé dans les bacs à la fin mars. Une stratégie avant-gardiste et diablement originale de la part de Conspiracy Records et Southern Lord.

Six morceaux titanesques sont au programme sur ces disques : deux excellents et très différents titres sur le EP (la mélo-romantique "A Looming Resonance" et la brute "Hate Crystal") et quatre comme à l’habitude sur "Black Cascade".

Autant le dire tout de suite, même si la note vole un peu le punch : WITTR défend encore sauvagement le sommet de sa montagne. Du Black Atmo de grande, grande facture, nous est renvoyé en pleine poire par le roi du USBM. Une continuité en quelque sorte de ce à quoi nous avaient habitué "Diadem of 12 Stars" et "Two Hunters". "Black Cascade" magnifie cet art en pourvoyant les fans de quatre joyaux d'une moyenne de 12 minutes. Tournant majeur toutefois : la voix féminine a été écartée. Rassurez-vous par contre, elle est utilisée sur le vinyle, gracieuseté de Jamie Meyers ("Diadem").

WITTR catapulte donc ses nouvelles longues et organiques pièces avec les mêmes bons vieux éléments : caisse tribale et cymbale clinquante, guitares grasses et tourbillonnantes dont on entend toujours aussi crûment les distorsions, basse bourdonnante comme le murmure d’une cascade et voix de sorcière malfaisante (gnaha !). Le tout formant une brume sonore encrassée, fuzzée au maximum, qui enveloppe l’auditeur, le fait planer et plonger au cœur d’une nature morte ("Wander Above The Sea Of Fog" est assez évocatrice…). Seul WITTR arrive avec autant de facilité à projeter l’inconscient à des lieux à la ronde, ses atmosphères envoûtantes faisant frissonner de bonheur l’opiniâtre le plus blindé.

L’imagerie germe par enchantement comme un roseau parmi cette brume. L’eau noire de cette cascade perle dans nos oreilles, nous inonde de sa chaleur et nous donne à boire jusqu’à plus soif. On s’y glisse aussi volontiers pour s’abreuver ou se laver de nos péchés, car la musique des Américains purifie les âmes les plus sombres. Pas que ses notes soient d’une luminosité thérapeutique ou d’une pureté technique, mais elles sont belles et hantent toutes nos particules dès les premières heures exploratoires. WITTR sacrifie de la clarté pour assumer entièrement sa nébulosité et préfère les embruns à la rosée du matin…

Les initiés ne perdront pas de temps à se refaire les dents sur la galette, car le terrain est toujours aussi aride et florifère. Chaque morceau est également réussi, à part de menues répétitions, évidemment, c’est un mal nécessaire incontournable. Aucune vedette ne sort du lot : "Black Cascade" est un carré d’as inséparable, alors que la morphologie de "Two Hunters" était voulue inégale à quelques endroits, notamment à cause de l'ingénue au micro...

"Wander Above The Sea Of Fog" assoit sans tarder l’ambiance terreuse et forestière wittrerienne. "Ahrimanic Trance" poursuit la course échevelée et émouvante avant qu’"Ex Cathedra" ne prenne le relais pour nous maintenir la tête sous l’eau. À bout de souffle après 35 minutes de riffs d’une élasticité infinie et de majestueuses digressions atmosphériques, le quatuor nous assomme avec la toute-puissante "Crystal Ammunition", chapitre ultime de ce troisième chef-d’œuvre. Final joli à pleurer en fondu… *soupirs*

Notre ancien camarade Nocturnal Priest l’avait savamment décrite dans sa kro de "Two Hunters" en 2007 : cette musique est un rêve. Pas un cauchemar, car elle possède une mélancolie non négligeable qu’un groupe de Black crade et horrifiant maîtrise rarement. Cette tristesse sous-jacente qui recouvre la charpente du groupe et qui reste collée à notre peau à jamais. Cette monotonie ambiante que l’on accueille avec stoïcisme en se convaincant que notre âme a eu la baraka un jour d’entrer en contact avec l’univers de WITTR (et ce n’est sincèrement pas un fan fini du groupe qui vous le dit, je constate simplement). Un univers qui, comme les membres du combo se plaisent à le dire, s’éloigne du mainstream afin que l’inspiration soit puisée là où on ne la cherche pas…

Oui, le roi du USBM garde sa couronne, chers fidèles. Agenouillez-vous devant votre souverain et remarquez bien cette posture, car vous y aurez recours tant que WITTR sera hurlant et vivant.

4,5/5.

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   (3 chroniques)



- Nathan Weaver (voix, guitare)
- Will Lindsay (guitare, voix)
- Ross Sewage (basse)
- Aaron Weaver (batterie)


1. Wanderer Above The Sea Of Fog
2. Ahrimanic Trance
3. Ex Cathedra
4. Crystal Ammunition



             



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