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SÓLSTAFIR - Köld (2009)
Par MEFISTO le 31 Mars 2009          Consultée 3713 fois

L’Islande. Une des nations planétaires à se classer constamment au palmarès des havres de paix, île voisine du Groenland retranchée dans l’Atlantique, mystique pays où on fait pousser des bananes… L’Islande et ses plages froides, ses glaciers géants, ses nappes d’eau brûlante, ses villages pittoresques aux senteurs historiques remarquables, est savamment décrite dans l’œuvre de SÓLSTAFIR, petit (et grand) frère occidental de PRIMORDIAL.

Quelle est la première image qui franchit votre cortex lorsque les lettres i-s-l-a-n-d-e bondissent ? Le mystère, mais aussi l’éventualité que tout est réalisable là-bas, que rien ne vous arrêtera, même les chaînes aux pieds, que vous y déménagiez pour fuir vos squelettes dans le placard et démarrer une autre vie ou que votre gisant esprit d’aventure vous guide vers ces terres empreintes d’hospitalité innocente. SÓLSTAFIR, je vous l’annonce sans tambours ni trompettes, est cet agent de voyage sous-entendu dans votre imaginaire florifère, celui qui carbure à l’évasion depuis la mention de la provenance du combo : cette Islande inexplorée et incomprise. Le combo remplit son rôle à la perfection et ose même en rajouter, le salaud.

Car il est indubitable que le groupe tente d’injecter le plus d’émotions possibles dans ses compos, mais il en fait quelquefois trop. "She Destroys Again" en est un bon échantillon. Hurlements, égosillements devrais-je dire, alternent avec voluptueuses cordes dont le rendu dépasse l’entendement ; est-ce logique, même spirituellement parlant, qu’une formation pousse les notes aussi haut ? La réponse est oui. Et cela peu importe si "elle", mise pour "she", détruit tout sur son passage comme une moissonneuse-batteuse.

Cette parenthèse étant bouclée, revenons à l’excès de rose : les sempiternelles complaintes guitaristiques sur "World Void Of Souls" et "Goddess Of Souls" prouvent que l’alliance créatrice des Islandais surpasse ce que vous avez entendu en frais de "Metal séduisant provenant d’une contrée côtière". Mais on peut aussi garder ce coffre-fort sans lui donner des coups de masse et dire que SÓLSTAFIR est le maître du Metal mélo islandais, un titre très convoité soit-dit en passant. Enfin, pour ceux qui considèrent ce faux concours comme un vrai.

Dans tous les cas, ces longues et poignantes œuvres planent comme un deltaplane au dessus de la mer. Surtout la dernière, qui semble sortie d’un drame romantique, où le mec ressuscité court pieds nus sur la plage pour aller sauter dans les bras de sa chérie, survivante du cancer munie d’un maillot extirpé du plus fantasmagorique XXX réalisé. Bon, ok, je me transforme en auteur de feuilleton, mais quand vous écouterez, vous comprendrez… Surtout lorsque vous vous taperez un autre tour de cette épuisante et impec' réalisation et que vous tomberez sur les derniers souffles de "Necrologue". Je ne garantis aucune larme, mais quelques chamboulements dans votre rigide for intérieur, du genre qu'ANATHEMA adore provoquer.

Chambardements emmenés surtout par la bouleversante voix de Aðalbjörn Tryggvason (la traduction est incomprise). Ce qui pourrait être considéré comme un enchevêtrement de cris est en vérité de simples manifestations d’une puissance homérique engraissée au sel de mer. SÓLSTAFIR est issu des côtes islandaises et prie peut-être pour que celles-ci s’agrandissent, entrent dans l’infini océan, mais la seule avancée géographique qu’elles pourront se payer est celle de leurs neurones. Étonnant complexe que nous pouvons traduire de cette manière : les mecs habitent un des terroirs les plus cools de la Terre et osent souhaiter une émancipation de ce bonheur. À croire que peu importe notre condition, nous ne serons jamais amplement heureux. Les dernières minutes de "Köld" traduisent cet état d’esprit embrouillé et font sourire ceux et celles qui n’ont jamais mis les pieds dans ce paradis isolé.

"Köld" me donne une sacrée envie de visiter l’Islande. Étrangement, je me suis improvisé insulaire lors de la traversée de l’opus, mais maintenant qu’elle est achevée pour de bon, je me retrouve insatisfait et incompris : je n’habite pas l’île géante, mais j’essaie tant bien que mal d’y acheter une propriété à distance tant SÓLSTAFIR me fout des uppercuts dont il est ardu de se réveiller.

Un gros quatre bien incrusté dans le temps.

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- Aðalbjörn Tryggvason (guitare, voix)
- Sæþór Maríus Sæþórsson (guitare)
- Svavar Austman (basse)
- Guðmundur Óli Pálmason (batterie)


1. 78 Days In The Desert
2. Köld
3. Pale Rider
4. She Destroys Again
5. Necrologue
6. World Void Of Souls
7. Love Is The Devil (and I Am In Love)
8. Goddess Of The Ages



             



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