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TWISTED SISTER - Love Is For Suckers (1987)
Par SHUB-NIGGURATH le 27 Mars 2009          Consultée 6827 fois

« Love is for Suckers », ou la triste histoire d’un malentendu. Accueilli par une bronca dont TWISTED SISTER ne se relèvera pas, il marquera le commencement de l’inexorable déclin de Dee Snider dont les divers projets personnels ne connaîtront pas meilleure fortune.

Il est vrai que ce disque ne pouvait, lors de sa sortie, que surprendre. Il sonne résolument rock. Rien à voir avec le heavy metal trempé des albums précédents. Beau Hill s’étant cette fois-ci chargé de la production, le contraire eût étonné. Plus déstabilisant, peut-être, le fait que ce résultat soit celui que voulait obtenir Dee Snider, qui a écrit et composé la plupart des titres de « Love is for Suckers ». Comme ceux des prédécesseurs, bien sûr, mais à la différence près que celui-là ne devait pas leur succéder. Il ne devait s’agir, et ce n’est du reste qu’une œuvre strictement personnelle. Las ! Difficile pour le grand blond de s’affranchir d’une formation qui lui doit presque tout. Atlantic Records n’est pas emballée à l’idée de placer ses billes sur la seule moumoute de son leader charismatique, craignant de le laisser cannibaliser une franchise qui a déjà ramassé un paquet de biffetons et peut encore en ratisser quelques uns. Un bien mauvais calcul que Dee Snider se trouve contraint d’accepter. Retour de bâton garanti.

« Love is for Suckers » est, qualitativement parlant, une vraie réussite. Toutefois, son ambiance et ses compositions furieusement FM/AOR sont trop décalées de celles qui permirent à TWISTED SISTER de conquérir son public. Un grand écart immédiatement considéré comme inacceptable : le groupe aurait à son tour vendu son âme au diable et cédé aux sirènes commerciales. Vu les cartons réalisés par « Stay Hungry » et « Come Out and Play » (un peu moins, c’est vrai), on appréciera la pertinence de la critique. Dee Snider, qui a tout sauf de l’eau dans la tête, s’y attendait pourtant bien. S’il était prêt à assumer seul ces accusations, il doutait que ses petits camarades le soient tout autant ; de toute évidence, il se voyait mal leur demander de lui servir la soupe. Présenter la chose comme un projet solo aurait eu le mérite de préserver le groupe, au sein duquel commençaient de poindre quelques tensions. C’est d’ailleurs l’impression que pourrait (je dis bien pourrait) laisser la première écoute de cet album. Le batteur a déjà plié ses gaules, bien que son remplaçant ait lui aussi du tempérament, et les compagnons d’origine ne paraissent pas déborder d’enthousiasme devant des compositions qui ne sont pas taillées pour eux. Certes, ils font plus que bien leur boulot. Jay Jay et Eddie sont monstrueux de doigté et de feeling, et le tout est appuyé par une production quasi parfaite. Un professionnalisme couplé d’un sérieux qui s’éloigne nettement du petit grain de folie, de la petite touche cracra qui caractérisait jusque là TWISTED SISTER. Est-ce là raison pour laquelle la bande décida, au grand dam de Dee Snider, d’abandonner pour l’occasion son look dirty glam ? Je n’en sais rien. Il n’empêche que ce demi-tour radical ne pût qu’alimenter les soupçons d’un virage contre-nature général.

Dee Snider, justement contrarié de la tournure prise par les événements, et anticipant sans doute la future implosion du groupe, dégoupille en catastrophe la grenade « Wake Up (the Sleeping Giant) ». Gros riffs, batterie tribale, chœurs volontaires : les ingrédient habituels qui vous font déterrer la hache de guerre et brailler avec le grand sorcier un refrain digne des hymnes des albums précédents. Un heavy rutilant qui réunit le combo comme au temps jadis et que Beau Hill, tout décoiffé, valorise étonnamment bien (enfin, c’est sûr que ça change de RATT). Un titre composé un désespoir de cause, inutilement casé en première place et qui rame vainement à contre-courant d’une suite pourtant loin d’être la daube unanimement décriée.

Le conservatisme des uns et la « déception » des autres ont conduit à se désintéresser d’un contenu qui ne faisait que confirmer la vista de Dee Snider. Variés, originaux pour la plupart, rarement faciles, les morceaux sont très bien construits et dégagent une pêche peu éloignée de celle habituellement servie par le heavy de TWISTED SISTER. Qu’importe s’ils suivent maintenant une trame essentiellement rock 70’s ! Les bonnes sensations sont au rendez-vous. Je me garderai d’en dresser l’inventaire complet, mails il y en a pour tous les (qui a dit mauvais ?) goûts. Les amateurs de POISON seront ravis du glam que font couler les guitares légères et harmonieuses de « Hot Love », et du côté un peu fofolle que dégage « Me and the Boys ». Les fans de heavy rock carré apprécieront le titre éponyme, notamment son pont parlé suivi d’un solo tout en touché, tous deux génialement inspirés, ainsi que le mid tempo de « I'm so Hot for You » qui, formaté hard fm, vous fera envoyer la tête et taper du pied comme un Marginal. « One Old Habit » balance un rock’n roll remuant comme on n’en faisait plus beaucoup, et « Yeah ! Rught » comblera les amateurs de complexité groovy. Et puis, on l’attendait forcément, cerise sucrée sur le gâteau crémeux, la ballade « You Are All That I Need ».

« Love is for Suckers », c’est l’essentiel du hard rock glam onctueusement tartiné en une seule galette. Qui sait, Dee Snider pensait peut-être ouvrir là une parenthèse plus intime qui, une fois refermée, lui aurait fait trouver le second souffle pour poursuivre l’aventure de TWISTED SISTER. Les circonstances ont en décidé autrement, achevant de consommer la brouille entre les membres du groupe. Sachant que je ne me suis pas privé (petit sucker que j'étais!) de hurler avec les loups en 1987, je n’ai aucun scrupule à réhabiliter un album que j’ai su apprécier sur le tard et qui me réconcilie à lui seul avec un genre dont je ne suis pourtant pas friand.

Note : 4/5.

A noter que la réédition CD contient quelques bonus. Je laisse volontiers ses heureux possesseurs nous les présenter.

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   SHUB-NIGGURATH

 
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- Dee Snider (chant)
- Eddie Ojeda (guitare)
- Jay Jay French (guitare)
- Mark Mendoza (basse)
- Joe Franco (batterie)


1. Wake Up (the Sleeping Giant)
2. Hot Love
3. Love Is For Suckers
4. I'm So Hot For You
5. Tonight
6. Me And The Boys
7. One Bad Habit
8. I Want This Night To Last Forever
9. You Are All That I Need
10. Yeah Right!



             



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