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THRASH METAL  |  STUDIO

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- Style : Exhorder, Sadus

DARK ANGEL - Time Does Not Heal (1991)
Par CANARD WC le 13 Avril 2008          Consultée 4353 fois
Dans le bordelais, lorsqu’un millésime commence à arriver à maturité, les châteaux organisent des dégustations privées pour que le public spécialisé puisse avant tout le monde apprécier la qualité du cru. Si certains châteaux jouent le jeu dans les règles, d’autres ont recours à certains petits subterfuges pour impressionner tout le monde. En ayant recours à des techniques plus ou moins honorables (parcelles définies, tri sélectif, vieillissement exclusivement en futs neufs…), ils concoctent ainsi (à part du « courant ») des micro-cuvées taillées pour les dégustations et les jurys. Ces vins musculeux – dits « bêtes de compétition » - sont bien souvent à l’origine de maintes déceptions pour le grand public qui fonce acheter un vin noté 18/20 dans leur guide, mais qui n’en vaut pas autant en réalité…

Certains groupes ont recours à des techniques similaires (1) et affiche des caractéristiques de folie pour impressionner le chaland, masquant ainsi une réalité moins glorieuse. Lorsqu’en 1991, le quatrième album de DARK ANGEL sortit dans les bacs, le sticker annonçait presque fièrement « 9 songs / 246 riffs (2) / 67 minutes ». Paradoxale publicité, isn’t it ?

Donc oui, je vous le confirme, DARK ANGEL riffe comme pas possible. A vous en donner des vertiges. Les avalanches de riffs et de plans complexes se succèdent au sein d’un même titre. Cette volonté « technico-artistique » tend naturellement à allonger la sauce, ce qui fait de « Time » un album assez peu digeste (euphémisme). Avec une moyenne de 7 bonnes minutes par morceau, on se doute que l’album n’est pas des plus faciles à apprivoiser. Cette longueur alliée à la complexité inhérente à DARK ANGEL fait de cet ultime album du groupe une œuvre massive, hermétique et absconde.

Presque antinomique avec la démarche même du Thrash, l’évolution du groupe et sa vision du genre se conjuguent à la sauce progressive, propulsant DARK ANGEL dans l’escarcelle du Techno-Thrash, micro genre alors en plein boom au début des années 90 (3).

Time a donc les qualités de ses défauts, c’est rien de le dire. Il semble évident que le groupe aurait pu alléger la chose avec bonheur, mais l’opus aurait bien entendu été moins intéressant. On regrettera juste que parfois la technicité monstrueuse du combo l’emporte sur l’inspiration. On passe ainsi de passages proprement hallucinants à des enchaînements assez douteux. Tout le problème du Techno-Thrash en définitive : cette virtuosité et cette rapidité d’exécution brassent beaucoup. Trop même. Il y a donc du déchet, même si par de fugaces instants on frôle la perfection faite Thrash… On grince des dents puis la seconde d’après le riff technique et somptueux accroche délicieusement votre cerveau.

Pris comme un exercice de style, DARK ANGEL livre une bonne copie. Ce qui est « massif, hermétique et abscond » (comme je vous le disais un peu plus haut) tend alors à devenir « intense, sophistiqué et mystérieux ». Cette vision du Thrash presque élitiste laissera pas mal de monde au bord de la route et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas les gros fans de KREATOR et SLAYER qui seront les plus perturbés.

A ce parti-pris, il faut ajouter les « plus » à la DARK ANGEL :
- Gene HOGLAN, bien sur, qui livre une prestation hallucinante (mais moins mis en avant).
- Mais aussi le chant de Ron RINEHART, convaincant et un brin rageur, qui ne tombe ni dans le cliché du cri aigu de Tata des années 80, ni le braillement du premier ours venu.
- Mais aussi les paroles « psycho-socio-politiques » qui nous évitent les poncifs du genre (4).
- Mais aussi la production efficace de Terry DATE qui tire tout ce petit monde vers le haut.

C’est suffisant pour les « mais aussi ».

« Time » est sans doute l’opus le plus intéressant de DARK ANGEL et … le moins évident. Réservé donc à un public très averti. Si l’album traîne les défauts propres au Techno-Thrash, il ne tombe pas non plus dans les pires écueils du genre avec des morceaux certes décousus mais tenant bien la route.


DARK ANGEL a mis 6 ans et 4 albums pour faire évoluer son Thrash massif et brutal en un Techno-Thrash élégant. Arrivé au bout de sa métamorphose, le groupe cessera toute activité, comme conscient d’être arrivé à une sorte de paroxysme artistique au-delà duquel toute évolution supplémentaire condamne à l’exploit (5).


Note : 3,5/5 (arrondi à 4 pour l’Histoire)


Morceau préféré : An ancient Inherited Shame »


(1) Ouais trop bien ma transition.
(2) C’est pas 246 riffs, c’est 223. J’ai compté, faut pas me la faire. On nous ment, on nous spolie. Sérieusement, sans déconner, quel esprit assez psychopathe irait s’emmerder à distinguer le nombre précis d’accords dans cette pénombre Thrash…
(3) Avec des groupes comme CORONER et MEKONG DELTA en ambassadeurs principaux.
(4) A noter, entre autres, la très remarquée « An Ancient Inherited Shame » dénonçant le viol que les ligues féministes salueront.
(5) Plus concrètement, HOGLAN – dit l’octopode pensant du groupe – rejoindra DEATH, sonnant ainsi la fin prématurée de DARK ANGEL au moment le plus inopportun.




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   (2 chroniques)



- Ron Rinehart (chant)
- Eric Meyer (guitare)
- Brett Eriksen (guitare)
- Mike Gonzalez (basse)
- Gene Hoglan (batterie)


1. Time Does Not Heal
2. Pain's Invention, Madness
3. Act Of Contrition
4. The New Priesthood
5. Psychosexuality
6. An Ancient Inherited Shame
7. Trauma And Catharsis
8. Sensory Deprivation
9. A Subtle Induction



             



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