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REVEREND BIZARRE - So Long Suckers ! (2007)
Par FENRYL le 7 Janvier 2008          Consultée 9534 fois

Il est des groupes qui transpirent, que dis-je, qui sont littéralement imprégnés du genre qu'ils proposent. Ils assurent à eux seuls une définition d'un style musical, d'une digression ou bien la dichotomie d'une famille. Ils sont le plus souvent à l'origine de nouvelles entrées dans l'étymologie d'un terme générique. REVEREND BIZARRE réussit le double tour de force d'arriver tard dans l'histoire du doom et d'en devenir une référence absolue.
Le doom, car c'est toujours ici ce qui habite nos musiciens du jour, est finalement très simple à définir : jouer du metal lent. Facile, me direz-vous ? Pas aussi manichéenne cette histoire !

Jugez plutôt : présent sur cette scène doom depuis 1994-95 seulement - serait-on tenté de dire - le groupe annonce au moment même de la sortie de cet opus, leur split ! Et ce pseudo épilogue fait dans la démesure : 8 pistes seulement, me direz-vous, mais pour un prêche approchant les deux heures et dix minutes !! Oui, vous avez bien lu !
Deux CD sont donc nécessaires à notre bonheur : la doublette d'ouverture affichant respectivement 29 minutes 05 et 25 min 19 au compteur !
Vous imaginez donc aisément la difficulté d'appréhender la totalité de l'essence de cet album en quelques semaines !! Digérer, s'imprégner, communier avec le REVEREND relève du chemin de croix.
Aborder ce So Long Suckers au titre prédestiné (que certains traduiraient « A +, trous du cul ! ») comme une vulgaire épitaphe serait commettre un terrible sacrilège au moment de franchir la porte d'entrée de l'église.
Comment donc ne pas rester totalement ébahi devant un « They Used Dark Forces/Teutonic Witch » frisant la demi-heure, parfaite entrée en matière pour un néophyte : lenteur et groove s'alternant à merveille. Ce titre d'ouverture est tout simplement fantastique et constitue avec l'immense « Anywhere Out Of This World » (sorte de fac-similé abyssal conclusif) les deux moments magistraux de cette œuvre.
Entre tout cela ? Et bien, du « trve doom », dans la plus pure tradition : impossible de ne pas sentir, palper, voir suppurer les influences majeures de nos trois musiciens, avec en tête de pont, le grand BLACK SABBATH (on pourra aisément citer PENTAGRAM ou SAINT VITUS).
« Funeral Summer » et son final accéléré de deux minutes (annoncé à grand coup de cowbell) en guise de conclusion de 9 autres de « tout est dans le titre » !
« One Last Time » composée autour de deux riffs mégalodons, lourds et écrasants, tel un troupeau improbable de pachydermes se déplaçant à la vitesse d'une tortue, entrecoupés par un solo des plus aériens et lumineux.
Mais l'une des autres forces de cette production est assurément de proposer un disque des plus équilibrés, alternant des moments aériens d'anthologie (l'instrumental « Kundalini Arisen »), entourés de vastes étendues de « spleen » frôlant la neurasthénie (« Caesar Forever » sublime, laissant apparaître des passages aux notes claires sur un chant plus grave, « Sorrow »).
Je n'ose imaginer l'épineux dilemme des trois musiciens, frustrés par la nécessité technique de devoir séparer leur composition (au singulier, il s'entend) : mais l'articulation entre la piste 3 et 4 assurent également un lien des plus logiques et limpides. Quand je vous dis que tout est pensé ici ! Une preuve supplémentaire, s'il en est, que nous touchons ici au grandiose.
L'ensemble est mis en exergue par un jeu brillant à chaque poste : la basse claque comme jamais, valorisant un jeu de batterie simple mais des plus efficaces tandis que la saturation des guitares contribue à la froideur du son. Le chant est, quant à lui, empreint de mélancolie et de tristesse couplées à un son assimilable à un troupeau de pachydermes en phase de sieste : pesant à l'extrême. Mais n'allez pas croire que notre gaillard se limite à cela: il est capable de donner dans le grave puis dans le clair (légèrement poussé pour ne pas écrire crié !): on retrouve cette volonté de surprendre, propre à nos finlandais. Magique.

Cet album est une succession de 7 titres (plus un bonus) au final tellement compact que l'on peut considérer ce « III : So Long Suckers » comme une entité à part entière. Le REVEREND décide donc de stopper ici sa marche triomphale, à son apogée, en nous livrant ce testament. Ce dernier opus de la trilogie s'abat sur l'auditeur telle une véritable chape de plomb, condamnant malheureusement à tout jamais les portes d'accès de la paroisse doomeuse. Mais c'est en le faisant d'une manière tellement définitive que cette offrande obtiendra, sans coup férir, le statut envié d'album référence et culte. La messe est dite, une nouvelle fois. Définitivement Amen ... So long ...

Verdict: 5/5.
RB: le trve doom ? Assurément !

Conseil : armez-vous de temps et d'espace afin d'appréhender cette oeuvre magistrale d'un seul tenant ! En 29 minutes, délicat de ne pas être dérangé !

Surprise : en guise d'espoir ... même s'il m'est délicat de comprendre les raisons de ce split, ce groupe inspire tellement le respect qu'il ne nous reste plus qu'à les remercier pour avoir donné au doom traditionnel ses lettres de noblesse. Et si nos comparses nous revenaient par l'intermédiaire de side project ? On brûle déjà nombres de cierges et l'espoir enflamme nos cœurs noirs dont la fréquence cardiaque atteint des valeurs très faibles ... tellement doom !

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Par FENRYL




 
   FENRYL

 
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- Sir Albert Witchfinder (chant, basse)
- Father Peter Vicar (guitare)
- Monsieur Earl Of Void (guitare, batterie)


- cd 1:
1. They Used Dark Forces/teutonic Witch
2. Sorrow
3. Funeral Summer

- cd 2:
1. One Last Time
2. Kundalini Arisen
3. Caesar Forever
4. Anywhere Out Of This World
5. Bonus Track



             



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