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DOOM METAL  |  E.P

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REVEREND BIZARRE - Electric Wizard/reverend Bizarre (2008)
Par LONER le 5 Septembre 2008          Consultée 4285 fois

Même les plus fous avaient enterré leurs espoirs. REVEREND BIZARRE avait bel et bien tiré sa révérence, prêchant une dernière fois à l'automne 2006 devant des milliers d'adeptes et faisant de « So Long Suckers ! » leur chant du cygne.
Ils sont nombreux depuis à se rendre aux abords de l'église en ruine, pieux pélerins venus se recueillir à l'endroit même où Sir Albert Witchfinder et ses sbires nourrissaient la foi des fidèles par leurs messes diaboliques, rituels incantatoires aussi éprouvants pour le corps que pour l'esprit.

Je faisais partie de ces quelques âmes perdues, avides de retrouver dans cette terre l'empreinte de ceux qui avaient été nos guides. Et c'est en arpentant ce sol devenu sacré que j'eus vent de la nouvelle: une ultime messe noire se préparait, réunissant deux des plus grands Maîtres en la matière. J'en avais entendu suffisamment pour savoir de quoi il était question, et me préparais intérieurement à recevoir l'ultime enseignement.

Certes, ils n'avaient plus composé quoi que ce soit depuis leur séparation, mais les membres de REVEREND BIZARRE tinrent tout de même à léguer à leurs fidèles une dernière offrande, sous la forme d'une relecture de quelques unes des plus belles pages de l'Histoire du metal.
Citons par exemple « Dream Deceiver » (JUDAS PRIEST) et « Dark World » (SAINT VITUS), réunis sur le même E.P.
Mais beaucoup plus attendue est cette interprétation de leur cru du classique de BEHERIT, « The Gate Of Nanna ».

Après de longues et interminables semaines d'attente, le jour fatidique arriva où je pu enfin poser mes mains sur l'abominable relique, fruit de la collaboration des deux entités les plus respectées de ce noir culte qu'est le Doom Metal. L'objet est malsain à souhait, affichant la torture dans sa forme la plus crue (et la plus nue également). Dans ma grande malchance, ma platine est en réparation, je me vois donc obligé de ressortir le vieux tourne-disque, bien grésillant et à la stéréo incertaine. J'appréhende donc le moment de la lecture. Et pourtant...

Bien qu'ayant rarement faiblit en plus de douze ans d'activité, il faut reconnaître qu'ELECTRIC WIZARD est loin d'avoir fait l'unanimité avec son dernier-né, « Witchcult Today ». La faute à un manque d'inspiration, mais également à un nouveau son, moins lourd, moins épais, plus poussiéreux, plus « vintage », peu adapté au format numérique qui en accentue les défauts et en inhibe la puissance. La question se pose donc: cette nouvelle orientation leur permettra-t-elle de conserver le trône si durement acquis ?

Au moment de sortir le vinyle rouge sang, j'hésite. Ne vaudrait-il pas mieux patienter et savourer cet instant avec du matériel digne de ce nom ? Non, l'envie est trop forte, l'impatience trop grande. Je pose donc le disque et lance la lecture de la première face, « The House On The Borderland », inspiré de la nouvelle du même nom de William Hope Hodgson. La première écoute est dévastatrice. Les guitares hurlent à travers les enceintes, la batterie claque, Jus chante comme jamais. Et pourtant, étant donné la pauvreté de mon matériel, le son est mauvais...Et là je comprends. Je perce le secret du son de « Witchcult Today ».

Écouter « The House On The Borderland » au format numérique, c'est un peu comme regarder un vieux film d'horreur en qualité DVD: tout le charme s'envole. Les effets spéciaux et horrifiques qui jadis vous glaçaient le sang ne font plus aucun effet, semblent dater terriblement, la faute à la précision du format, trop poussée. Utiliser une vieille platine était donc la meilleure chose à faire, toute la chaleur et l'authenticité du son étant totalement restituées, les imperfections y compris.
La démarche du groupe sur « Witchcult Today » ne pourrait-elle donc faire sens qu'avec le matériel analogique adéquat ? C'est en tout cas ce qui m'apparait après cette expérience.
Les écoutes suivantes se feront au casque pour mieux percevoir chaque instrument, à grand renfort de jeu de balance et de volume. Il apparaît clairement que « The House On... » n'est pas la tuerie qu'on pouvait espérer, mais demeure un excellent morceau, supérieur à ceux du dernier album, plus inspiré, le côté mystique plus présent que jamais mais maîtrisé. Un bon présage pour la suite.

Les dernières incantations de la face A passées, je passe à la B, curieux de connaître le traitement réservé à « The Gate Of Nanna ». D'entrée, on reconnaît le riff caractéristique, ces soupirs lugubres, ce filtre appliqué sur les voix. Aucune transformation, aucune altération de l'oeuvre originale de la part de REVEREND BIZARRE, c'est un pur exercice de fan. Seul le son est plus lourd, plus ample, et on retrouve la voix de Albert Witchfinder sur la dernière portion du titre (« Ave Satan, Ave Lucifer,... ») avant un final fait de grognements, d'incantations et autres bruits divers. Le reste demeure inchangé, ce qui en réjouira certains, en décevra d'autres. En tant qu'amateur de doom et non de black, je trouve l'exercice convaincant.

Les activités posthumes de REVEREND BIZARRE en compagnie d'ELECTRIC WIZARD sont-elles au final dignes d'intérêt ? La réponse est oui, bien que celles-ci intéresseront en premier lieu les fans convaincus ou les collectionneurs, la version classique étant limitée à 2000 exemplaires (4 colories, 500 de chaque) et la version « die hard » à 350 exemplaires, déjà épuisés.

Pas un indispensable, mais réjouissant à plus d'un titre.

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   LONER

 
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- - ELECTRIC WIZARD -
- Jus Oborn (guitare, chant)
- Liz Buckingham (guitare)
- Rob Al-issa (basse)
- Shaun Rutter (batterie)
- - REVEREND BIZARRE -
- Sir Albert Witchfinder (basse, chant)
- Father Peter Vicar (guitare)
- Monsieur Earl Of Void (batterie, guitare)


1. The House On The Borderland
2. The Gate Of Nanna (beherit Cover)



             



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