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GRUNGE  |  STUDIO

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- Membre : Sully Erna

GODSMACK - Iv (2006)
Par BAAZBAAZ le 17 Juillet 2006          Consultée 5011 fois

Creed a disparu, il ne reste que Godsmack. Le dernier groupe grunge. Le seul a reprendre le flambeau d'un style musical appartenant à une époque désormais close et lointaine. Et avec quel talent ! Godsmack joue comme si les années 90 ne s'étaient jamais terminées, comme si l'ouragan en provenance de Seattle ne s'était jamais apaisé. Avec une petite touche de modernité, une production très actuelle : avec un son lourd et massif qui distingue ce groupe de la meute post-grunge aseptisée sur laquelle les tristes Staind et Nickelback règnent en maître. Et ça marche. Ce disque, comme son prédécesseur, a été classé en tête des charts américains. Godsmack cartonne en occupant le fauteuil laissé vacant par Alice in Chains, tout comme Creed a cartonné autrefois en s'installant sur les terres torturées – mais ultra-mélodiques – défrichées puis abandonnées très vite par Pearl Jam.

Numéro un des charts… vu d'ici, ça fait bizarre : Godsmack n'a jamais eu un gros succès en France. Difficile de mesurer l'impact que continue d'avoir cette musique sur les américains. Là-bas, le grunge n'a pas été qu'une mode éphémère limitée à une poignée de groupes stars. Ce style a engendré des suiveurs, des copieurs plus ou moins talentueux qui ont vendu des millions de disques pendant la décennie suivante. Creed était bon, mais un peu niais. Godsmack, lui, incarne depuis plusieurs années la face brutale et sombre de cette seconde génération du grunge. Avec une musique faite de mid-tempos lancinants, obstinés mais entraînants ; avec des riffs en fonte et une rythmique à la fois pesante et groovy, à la manière du stoner. On pense un peu à Kyuss, en moins psyché et en plus accessible. On pense aussi à Metallica.

Du moins à un Metallica qui n'aurait pas manqué lamentablement son virage heavy à l'époque de Load. Qui aurait su sortir des disques passionnants dans un style plus direct et commercial que le thrash des origines. Et cette impression est renforcée par la voix de Sully Erna, qui rappelle souvent celle de James Hetfield. Surtout sur le terrible « Speak », sorte de grunge inflexible incrusté de guitares heavy. Imparable. Surtout quand on enchaîne juste après avec l'imposant « The Ennemy », le hit arrogant et fort en gueule que Metallica a oublié d'écrire. Tout en force et en puissance, sans se presser, sans accélérer vraiment mais avec une hargne jamais démentie, Godsmack aligne les morceaux de bravoure : « Hollow », une danse acoustique, planante et oppressante, avant le métal tranchant de « Bleeding Me » et son refrain ravageur.

Difficile par contre de trouver de l'originalité à ce disque. Les mélodies vocales ne sont pas franchement novatrices et la structure des morceaux est assez simple et linéaire. Rien ne ressemble d'ailleurs plus à cet album de Godsmack que n'importe lequel des autres albums du groupe. Et si l'influence de Tool se fait parfois sentir, par exemple sur le très bon « Voodoo Too », c'est à travers des ambiances fiévreuses et tourmentées qui ne sont ici qu'effleurées et esquissées : Godsmack et Tool puisent leur musique aux mêmes racines grunge, et on peut leur trouver des sonorités communes. Mais quand l'un s'immerge dans les expérimentations lugubres, l'autre préfère la simplicité et l'efficacité. Quitte à être par moment un peu pataud, un peu pesant, comme c'est le cas le temps d'un « No Rest for the Wicked » monotone.

Mais il ne s'agit que d'un accident de parcours, car ce disque est excellent : rugueux, à ras de terre, ancré profondément dans le sol, et en même temps en constante mobilité, presque tribal. C'est certainement une œuvre mineure. Un produit dérivé des évolutions internes du marché musical américain et de l'extrême conservatisme de consommateurs qui, malgré le néo, malgré le metalcore, l'emo ou le stoner, sont encore affamés de complaintes grunge. Comme Creed en son temps, Godsmack occupe sereinement un créneau confortable et lucratif. C'est sans doute critiquable d'un point de vue artistique. Mais tant pis : il y a les tubes. La musique irrésistible d'un groupe aujourd'hui au sommet de sa gloire. Et un disque inusable qui s'écoute en boucle, inlassablement, chaque fois un peu plus fort.

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   BAAZBAAZ

 
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- Sully Erna (chant)
- Tony Rombola (guitare)
- Robbie Merrill (basse)
- Shannon Larkin (batterie)


1. Livin In Sin
2. Speak
3. The Enemy
4. Shine Down
5. Hollow
6. No Rest For The Wicked
7. Bleeding Me
8. Voodoo Too
9. Temptation
10. Mama
11. One Rainy Day



             



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