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QUEENS OF THE STONE AGE - Lullabies To Paralyze (2005)
Par BAAZBAAZ le 23 Juillet 2005          Consultée 7561 fois

Parfois, l’envie qu’un disque soit bon prend le pas sur son écoute objective. Après un chef-d’œuvre, notamment, l’attente est si forte, et la pression médiatique si assourdissante, qu’il peut sembler presque évident et naturel que l’album suivant soit une merveille au moins équivalente. Mais un groupe ne peut pas toujours progresser de façon linéaire. Et l’histoire du rock et de la pop regorge de « successeurs » qui ont flirté avec le désastre. Aux cas presque mythiques – l’extinction artistique de Michael Jackson après Thriller, l’hibernation de Bruce Springsteen depuis Born in the USA – on pourrait ajouter quelques exemples plus métalliques : quel que soit le charme que l’on puisse leur trouver, souvent un peu par snobisme, les suites de Nevermind de Nirvana, ou de Ten de Pearl Jam, n’ont franchement pas été à la hauteur du coup d’éclat initial.

Mais un chef-d’œuvre, pour être reconnu comme tel, ne doit-il pas justement contraster avec le reste de la production musicale à une époque donnée ? Ne doit-il pas aussi apparaître comme une exception, un instant de grâce tout particulier dans la discographie d’un groupe ?
Le précédent album de Queens of the Stone Age était un tel chef-d’œuvre. Lullabies to Paralyze, trois ans plus tard, est sans doute le « successeur » le plus désastreux qu’il m’ait été donné d’entendre depuis longtemps.

Et l’envie, l’attente, ou l’espoir de voir le groupe franchir encore un pallier, de le voir étoffer son style, écrire de nouvelles compositions au moins aussi sidérantes et époustouflantes que celles de Songs for the Deaf, n’y ont absolument rien changé. Après plusieurs écoutes et de nombreuses tentatives, le constat est là, évident malgré l’enthousiasme médiatique général : Lullabies to Paralyze est une sortie de route. Une explosion en plein vol. Ce disque aurait dû être une nouvelle œuvre d'anthologie ; tout le monde le voulait, tout le monde s’y attendait. Les premiers morceaux étaient tout juste disponibles que les chroniques dithyrambiques s’alignaient déjà dans la presse comme des bons petits soldats. Mais arrive un moment où il faut s’ébrouer et admettre ce que la réalité ne cesse de clamer. Les nouveaux petits génies du hard rock américain se sont méchamment plantés.

Passons sur le début de l’album, relativement insignifiant. Les premières plages du disque sont d’une fadeur assez impressionnante pour un groupe de l’envergure de Queens of the Stone Age. Ensuite se fait sentir un très léger frémissement, disons à partir de « Tangled up in Plaid ». C’est que le groupe nous propose là une série de chansons clonées sur l’album précédent : « In my Head », puis « Little Sister » et « I Never Came » sont des petits tubes honnêtes et agréables qui font penser à Songs for the Deaf. L’excitation est passée, la formule est connue, et le groupe ne fait ici que donner en pâture à ceux qui l’ont découvert sur MTV une poignée de chansons entraînantes mais totalement calquées sur des structures et des mélodies déjà exploitées avec plus de talent et de fièvre quelques années auparavant.

La suite, dans son ensemble, est insupportable. Sous le prétexte de renouer avec une certaine pesanteur bluesy-rock, Queens of the Stone Age aligne des morceaux qui, même s’ils démarrent parfois de manière prometteuse comme c’est le cas pour « Burn the Witch », « Someone’s in the Wolf » ou encore « The Blood is Love », s’avèrent franchement pénibles sur la durée. Tout ici n’est que lourdeur et répétition ; les compositions semblent ralentir, s’étirer à l’infini, s’embourber peu à peu dans une sorte d’engourdissement rythmique qui ne peut que rendre nostalgique du groove torride, sec et dément de l’époque Kyuss. Et puis l’apogée est là, avec « Skin on Skin » et sa complaisance bruitiste, presque une insulte du groupe à son propre talent.

Alors, ont-ils voulu casser leur jouet ? Si encore l’album ne comportait aucun passage destiné à satisfaire les fans les moins exigeants de la stoner-pop de Songs for the Deaf… on aurait pu admettre un virage purement anti-commercial. Mais aucune vraie stratégie artistique ne ressort de ce disque. On sent que le groupe a fait ce qu’il a pu, reprenant en partie le style de l’album précédent, et cherchant par ailleurs en vain à évoluer. Il est difficile de savoir si le départ de Nick Oliveri est pour quelque chose dans cet échec ; ce qui est sûr, c’est que Dave Grohl, qui aura joué sur deux des albums les plus importants de l’histoire récente du rock, a sans doute manqué. Et il est difficile de prétendre, comme on a pu le lire ça et là, que Lullabies to Paralyze est alors le triomphe d’un seul homme, Josh Homme. C’est bien plus la révélation cruelle de ses limites artistiques.

Et c’est toute l’idée que l'on se faisait de Queens of the Stone Age qu’il faut peut-être réévaluer : après tout, leur premier album n’était qu’un brouillon sympathique, et le deuxième – Rated R – a surtout été apprécié à posteriori, en fonction du coup de maître qui a suivi. A force de crier par réflexe au génie, on avait donc oublié que Lullabies to Paralyze devait être la confirmation d’un talent qui n’apparaissait que ponctuellement dans la discographie du groupe. Si vous rayez Songs for the Deaf de la liste, il ne reste que des albums corrects, voire très bons par moment, mais rien d’inoubliable non plus. Il faut croire que, à un moment donné, on a tous un peu surestimé la chose.

Queens of the Stone Age, le groupe d’un seul album ?

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- Joshua Homme (chant, guitare)
- Troy Van Leeuwen (guitare, basse)
- Alain Johannes (guitare, basse)
- Joey Castillo (batterie)


1. This Lullaby
2. Medication
3. Everybody Knows That Your Insane
4. Tangled Up In Plaid
5. Burn The Witch
6. In My Head
7. Little Sister
8. I Never Came
9. Someone's In The Wolf
10. The Blood Is Love
11. Skin On Skin
12. Broken Box
13. “ You Got A Killer Scene There, Man...”
14. Long Slow Goodbye
15. Like A Drug (bonus Track)



             



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