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2013 ...like Clockwork
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QUEENS OF THE STONE AGE - ... Like Clockwork (2013)
Par CANARD WC le 22 Juillet 2013          Consultée 6367 fois

"Keep your Eyes Peeled" se termine et on est dégouté. Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Ça se traîne, Josh Homme pousse ses lignes de chant en déambulateur. On se demandait à quoi allait ressembler QUEENS OF THE STONE AGE (QOTSA) après "Era Vulgaris", on le retrouve pâlot, maladif, chétif, pénible… semblable aux heures les plus sombres de "Lullabies". Ce qui n’augure rien de bon. Derrière ce merdier, Castillo fait ce qu’il peut pour lancer la machine qui grippe, un break est entamé et on se quitte sur un coup de violon. C’est quoi ce merdier ?

Doute.

Puis, juste derrière, QOTSA balance un petit tube : "I Sat By The Ocean". Stoner FM au poil. Moins de quatre minutes pour synthétiser tous les acquis de "Era Vulgaris". Le groupe retrouve quelques couleurs après l’ouverture chaotique. On commence à y croire, on se disait bien que hein oh... et – BOOM ! – QOTSA nous fait le coup de la balade torturée tout de piano vêtue avec "Vampyre". Josh donnerait envie de chialer à une horde de marines sanguinaires. Trois petits coups de gratte et batterie solennelle pour enfoncer un peu plus la lame dans la plaie. Merde alors.

Et tu émeus puis tu encules, comment veux-tu, comment veux-tu que je te calcule ?

Tout "… Like Clockwork" est à l’image de ces trois morceaux : pas évident. L’album est une déclinaison en dix exemplaires de cet art délicat du contrepied. Ou comment prendre son auditeur à rebrousse-poil pour mieux le séduire ensuite. On pense alors à cet escroc de Lou Reed, au talent de Frank Black (ou des PIXIES), à ce bon vieux Neil Young aussi. Mais jamais vraiment à nos groupes "à nous", ni du sérail dont QOTSA est issu (ou si peu). Dans tous les cas, l’album est exigeant, il demande de l’attention, des efforts. L’aimer, c’est surtout « apprendre à l’aimer» et dessiner soi-même les reliefs. QOTSA ou plus que jamais l’art du tube bizarre, de la délicatesse planquée, de la violence feinte. À ce jeu de la nuance « pastelle grise », "… Like Clockwork" est juste un coup de maître.

Pendant qu’on se laisse transporter par le piano ou les lignes de chant vénéneuses, derrière, sans qu’on s’en aperçoive, ça envoie du bois presque à notre insu. Être là où on ne s’y attend pas, jouer à cache-cache avec notre attention. Constamment. En ce sens, l’album prend des allures de jeu de piste avec pour chacun ses découvertes, ses préférences, ses surprises, ses déceptions et ses incompréhensions. Sans doute toute la force de cet album qui place le débat plus haut, vous oblige ou non à l’aimer globalement. Un bloc, une philosophie – presque – à laquelle on adhère ou pas du tout. Alors on passe du remuant "My God Is The Sun" (au rythme enlevé, chaînon manquant entre "Songs For The Deaf" et "Era Vulgaris") à l’OVNI placé en plein milieu de l’album : "Kalopsia". Un petit air et Josh doucereux pour cacher la tempête, les vagues successives de guitares qui arrivent au galop. Incroyable, remarquable, impeccable. Tout l’intérêt de l’album résumé en un titre.

Spécial, biscornu, spatial : "Era Vulgaris" pouvait laisser de marbre. On avait alors quitté le groupe en pleine mutation, on le retrouve avec "… Like Clockwork" au sommet, si sûr de ses moyens qu’il peut s’autoriser tous les délires comme le dandinant (façon EAGLES OF DEATH METAL) "Smooth Sailing" ou encore cet incroyable "Faiweather Friends" qui nous case du Elton John en guest avec tout le naturel du monde. QOTSA est décidément omnipotent.

Comme à son habitude, le groupe nous quitte sur ses notes les plus douces-amères. "I Appear Missing" - entre mélancolie et douceur – avance comme un scalpel sous la peau. Doucement, douloureusement. Josh Homme implore et ça n’en finit pas. Seule la furia des guitares finit par pousser le morceau vers la sortie, pendant que quelques chœurs efféminés se foutent limite de notre gueule. L’éponyme en guise de conclusion pour rejouer la carte de "Vampyre" : mélodie aussi simple que sublime jouée au piano et Josh Homme aussi solennel que touchant. Guitares pleurnicheuses du fond du trou. On découvre le nouveau batteur « officiel » de QOTSA, Jon Theodore, qui tente bien de relancer la cadence. En vain. Cette chape de plomb est bien trop lourde. Le groupe tire sa révérence sur cet air à se tailler les veines et laisse un grand vide derrière lui.


Comme on ne sait pas quoi faire de ce « vide », reste plus qu’à réécouter l’album. Dans le doute.


Note : 4,5/5.


Morceau préféré : "Kalopsia"
Morceau le moins préféré : "Keep Your Eyes Peeled"

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1. Keep Your Eyes Peeled
2. I Sat By The Ocean
3. The Vampyre Of Time And Memory
4. If I Had A Tail
5. My God Is The Sun
6. Kalopsia
7. Fairweather Friends
8. Smooth Sailing
9. I Appear Missing
10. …like Clockwork



             



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