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2013 ...like Clockwork
2017 Villains
 

- Membre : Kyuss
- Style + Membre : Screaming Trees

QUEENS OF THE STONE AGE - Villains (2017)
Par T-RAY le 18 Novembre 2017          Consultée 2006 fois

J’aime beaucoup David Bowie. C'est de famille. Ma mère est une grande fan, depuis les débuts du garçon en 1967 jusqu’à son décès inattendu - sauf par lui-même - à l’hiver 2016. Josh Homme aussi est fan de Bowie. Ça s’entend. Lui et moi ne sommes pas parents (ça se saurait), mais son goût pour l'œuvre de l’homme-aux-yeux-pas-vairons-qu’on-a-toujours-fait-croire-qu’ils-étaient-vairons (la réalité vs. la légende) me saute aux oreilles comme la fanitude de ma mère m'éclate à la gueule, même quand elle écoute les œuvres les moins recommandables du "Thin White Duke" (ou de "Ziggy Stardust", ou de "Aladdin Sane", ou de *choisissez l’incarnation de Bowie que vous voulez*). Avec "Villains", Josh Homme pourra difficilement nier son attirance pour l’univers, le son, l'influence Bowie.

Déjà que "...Like Clockwork" donnait parfois l’impression d’avoir été composé avec l’ombre de Bowie - et d'autres - derrière le dos de Josh, voilà que ce septième album studio de QUEENS OF THE STONE AGE renforce encore cette sensation d’avoir été inspiré par le grand David. Merde, on a même l’impression que Homme cherche à chanter comme lui ! "Feet Don’t Fail Me", "Domesticated Animals", "Fortress", "Head Like A Haunted House", "Un-Reborn Again"... On ne compte pas les fois où l’on a l’impression d’entendre l’organe vocal de Bowie sur la musique composée par Homme. Alors qu’il s’agit bien de la voix de ce dernier. Reconnaissons que le fondateur de QOTSA réussit parfaitement son pastiche vocal. Le Californien habite ses chansons comme le Londonien habitait les siennes.

Hommage volontaire ou non, assumé ou pas (j’en doute), reste que "Villains" ne parvient pas, même au bout d’un grand nombre d'écoutes, à se débarrasser du spectre BOWIE-ien… Et tant mieux, certainement. Mais c’est à se demander si, pendant sa récente collaboration avec Iggy Pop (lequel portait aussi la patte Bowie dans les 70s, pour avoir collaboré assidûment avec lui), Josh Homme n’a pas pompé l’Iguane pour en tirer le maximum de ce qu’il restait de Bowie en lui ! D’ailleurs l’album enregistré par Iggy avec Josh Homme en 2016, "Post Pop Depression", contenait aussi son lot de compos "à la Bowie", rappelant parfois le meilleur de ce que l’Iguane et son pygmalion d’alors avaient produit ensemble au plus fort des années 70.

La décennie 1970, parlons-en, tiens ! Une véritable ambiance seventies se dégage de ce septième album de QUEENS OF THE STONE AGE… Les années 70 imprègnent l’ensemble de cet opus, arrivé finalement bien plus vite - quatre ans - dans les bacs que "... Like Clockwork" n’avait succédé à "Era Vulgaris". Pourtant, le Stoner Rock, dont Josh Homme est l’un des pères au regard de son pédigrée chez KYUSS puis QOTSA, était déjà bien marqué du sceau des 70s. Mais pas les mêmes 70s. Homme et ses deux groupes ont toujours été plus proches des 70s lourdes et hallucinées des pionniers du Heavy et du Doom, des champions du Rock Psychédélique et de l’Acid Rock. Ce ne sont pourtant plus ces genres-ci qui dominent la musique des Reines de l'Âge de pierre, même s’ils se font toujours entendre par-ci par-là.

Non, les 70s qui inspirent QOTSA, aujourd'hui, sont celles, plus arty, plus théâtrales, plus dandy, plus Berlinoises, qui marquèrent le milieu de cette décennie. Une atmosphère qui n’empêche pas le groupe d’envoyer du pâté, à l'ancienne, "The Way You Used To Do", qui n'aurait pas dépareillé sur l'inimitable "Songs For The Deaf". Mais ce clin d'œil au passé du groupe (avec "The Evil Has Landed") n’est qu’une incartade, une tentative d'évasion spatiotemporelle… Parce que 2002 est plus loin du QUEENS OF THE STONE AGE de 2017 que 1973 ou 74, ce très bon morceau, dansant, guitares en avant, est un peu isolé. Ailleurs, la musique s’enrichit régulièrement de claviers, pour apporter cette fameuse ambiance 70s. Le rythme funky de "Feet Don’t Fail Me" (merci Mark Ronson à la prod) et ses nappes de synthés auraient fait une parfaite bande son de polar ou de slasher urbain de l'époque. Et il n’est pas le seul morceau dans ce cas ("Un-Reborn Again", "Hideaway", le final de "Villains Of Circumstance"...).

"Villains" est l’album qui fait définitivement de QUEENS OF THE STONE AGE un groupe de Rock au sens large, tant les inspirations des morceaux proviennent de différents tiroirs de la commode Rock. Josh Homme sait les accommoder (pun intended) à son style personnel avec aisance, sans donner jamais l’impression d’un patchwork disgracieux. Dans chacun des morceaux, sa patte laisse des traces qu’on remarque, nullement perdues au milieu des sonorités étrangères au son QOTSA. "Head Like A Haunted House" est le meilleur exemple de ce mélange réussi. Bluesy, "Un-Reborn Again" en est un autre. On ne s’ennuie pas une minute sur "Villains" et Josh Homme a eu la bonne idée de ne pas trop charger la mule : neuf morceaux, c'est le plus petit nombre auquel il nous a habitué dans sa carrière post-KYUSS. Bien lui en a pris, on apprécie d'autant mieux le contenu proposé et aucun titre, à mon humble avis, ne mérite d'être zappé.

En 2017, QOTSA fait référence au passé plus que jamais, mais n’a jamais été aussi intemporel. En outre, la formation californienne livre son album le plus dense et le plus "focused" depuis longtemps. "... Like Clockwork" n’avait pourtant rien d’un brouillon, mais à mon sens, malgré son très bon niveau, il était moins abouti que ne l’est "Villains". Les auditeurs les plus avertis saisiront sans doute encore plus d’inspirations différentes que je ne l’ai fait moi-même ici, mais ils ne pourront douter du fait qu’il s’agit bien de QUEENS OF THE STONE AGE qui tourne sur leur platine, leur autoradio ou leur support multimédia. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste (moi c'est un peu les deux), Josh Homme reste l’un des créateurs les mieux inspirés de la planète Rock.

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   T-RAY

 
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- Josh Homme (chant, guitares)
- Troy Van Leeuwen (guitares, chœurs)
- Dean Fertita (claviers, guitares, chœurs)
- Michael Shuman (basse, chœurs)
- Jon Theodore (batterie)


1. Feet Don't Fail Me
2. The Way You Used To Do
3. Domesticated Animals
4. Fortress
5. Head Like A Haunted House
6. Un-reborn Again
7. Hideaway
8. The Evil Has Landed
9. Villains Of Circumstance



             



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