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THRASH METAL  |  STUDIO

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Lexique thrash metal
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- Style : Insidious Disease, Sadus

POSSESSED - Seven Churches (1985)
Par JULIEN le 10 Juillet 2005          Consultée 5676 fois
Eh bien, qu'avons-nous là ? Un disque que tout amateur d’extrême se doit au moins d’écouter ! « Seven Churches » ? Un album de légende ma bonne dame ! Pensez donc, en 1985, année où la bête fut relâchée, le summum de la violence était le fait, notamment, de la guilde des thrashers excités estampillés Bay Area, METALLICA et SLAYER en tête. Le britannique VENOM, lui, peinait à rester dans la course face aux deux groupes pré-cités, et qui eurent tôt fait de le rembarrer... Aussi, en ces temps où les sentiments malséants ne trouvaient pas autant qu’aujourd’hui matière dont se repaître (ouh, le vilain prêchi prêcha), les premières vocalises du bébé cornu POSSESSED ne tardèrent pas à faire grande impression ! On n’avait, effectivement, jamais entendu ça, sauf du côté d’un certain Quorthon, trublion suédois qui attisait déjà dans son coin, avec BATHORY, les tisons du brasier infernal de l’extrême... mais ceci est une autre histoire...

Justement, en parlant d’histoire... De même que VENOM peut se réclamer d’avoir inventé le terme « Black Metal », la pérennité de l’expression « Death Metal », à ma connaissance, échoit bel et bien à POSSESSED, qui nomma ainsi l’ultime morceau de « Seven Churches ». Ce qui ne manquera pas d’alimenter le débat : qui de DEATH ou de POSSESSED peut se revendiquer géniteur du Death Metal ? Inutile de s’ébrouer à chercher une réponse claire et incontestable dans cette chronique, car je ne l'ai pas, et je pense que chacun aura son avis là-dessus. Le mien ? Tout comme VENOM, POSSESSED a montré qu'une frontière pouvait être dépassée en matière d'extrême. Mais j'estime que ni l'un ni l'autre n'ont clairement posé les bases des styles en question, à savoir le Death Metal pour POSSESSED et le Black Metal pour VENOM, deux styles qui, pour moi, ont vraiment vu le jour avec DEATH et BATHORY. Et je profite juste de cette parenthèse pour indiquer que Chuck Schuldiner, le mentor éternel de DEATH, avoua très sincèrement s’être inspiré de POSSESSED. Mais qu’avait donc ce « Seven churches » pour recueillir les faveurs d’un visionnaire comme Schuldiner ?

Basiquement, reconnaissons que les américains de POSSESSED repoussaient ici toutes les limites de la violence telles qu’elles avaient pu être instituées en ces temps : Plus rapide, plus sombre, plus bestial... plus tout ! POSSESSED pratiquait ici une version particulièrement corsée et charbonneuse du Thrash, genre qui commençait alors à filer de grands coups de dents avides dans la planète Metal, investissant sans pitié les champs de l’extrême. Etrillé par la fougue intenable de l'EXODUS de "Bonded By Blood" ou du METALLICA période « Kill’Em All » (quand l’influence de MOTORHEAD avait encore son importance), gainé des ténèbres sataniques d’un VENOM qui se serait acheté une crédibilité, « Seven Churches » vibre de cette énergie totalement électrique et furieuse comme on n’en ressent guère plus aujourd’hui : Les rythmiques coup de poing et diaboliques du groupe, les riffs qui emplissent de leur grésillement Thrash tout l’espace sonore à disposition, le son cru et agressif jaillissant brutalement de l’ampli, les vocaux impressionnants de Jeff Becerra (dont Schuldiner s’inspirera pas mal, en leur ajoutant une pointe gutturale supplémentaire), les légions de solos supersoniques, bruyants, excitants à souhait... soit la recette imparable d’une pure possession Thrash, pataugeant allègrement dans la noirceur d’un registre satanique exalté !

En 1985, alors que METALLICA ouvrait son Thrash initial sur d’autres horizons, et tandis que SLAYER préparait son référentiel « Reign In Blood », POSSESSED fauchait ainsi tout sur son passage, et imprimait de son empreinte indélébile la scène Metal... et si quelques morceaux de cette oeuvre (essentiellement le "centre" du disque) ne resteront pas dans les annales, faute de relief, et handicapent de ce fait quelque peu l'album sur la longueur, ce premier disque accouche tout de même d'une ribambelle de classiques : le génial "Pentagram", l’inévitable et sacrément (sic) pugnace "Death Metal", "Fallen Angel" et ses cloches sinistres, un "Evil Warriors" présentant sa collection de riffs épiques addictifs et sillonnés de solos véloces, un "Burning Hell" furieux, le morceau titre ou, bien sûr, l’ouverture "The Exorcist", reprenant la ligne de clavier culte du film portant le même nom.

A l’image d’un « Kill’Em All » (METALLICA), d’un “Show No Mercy » (SLAYER), d’un “Bathory” (BATHORY), d’un ”Welcome To Hell” (VENOM) ou d’un “Scream Bloody Gore” (DEATH), “Seven Churches” fait partie de ces monolithes aux pieds desquels toutes les troupes extrêmes à venir viendraient s’agenouiller et se prosterner, dans un mouvement de dévotion et de reconnaissance. Les racines de l’extrême s’épanouissent dans la chair de cette terre brûlée, vampirisant toute forme de vie subsistante pour mieux s’en nourrir en en détournant à leur profit la substantifique moelle. La preuve en est : le temps a beau nous piéger dans sa dérive inéluctable, l’érosion n’entame guère ces monuments : Aujourd’hui encore, en dépit de standards sonores qui ont fichtrement changé, « Seven Churches » conserve toute sa fulgurante efficacité et son éprouvante intensité... Culte !




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   JULIEN

 
   DEADCOM

 
   (2 chroniques)



- Jeff Becerra (basse, chant)
- Mike Torrao (guitare)
- Larry Lalonde (guitare)
- Mike Sus (batterie)


1. The Exorcist
2. Pentagram
3. Burning In Hell
4. Evil Warriors
5. Seven Churches
6. Satan's Curse
7. Holy Hell
8. Twisted Minds
9. Fallen Angel
10. Death Metal



             



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