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POWER METAL  |  STUDIO

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- Membre : Blind Guardian, Iced Earth

DEMONS & WIZARDS - Demons & Wizards (1999)
Par MR. AMEFORGEE le 14 Septembre 2005          Consultée 6849 fois
C’est à l’agonie du jour, dans les profondeurs enténébrées d’une forêt nimbée de brume, que se sont retrouvés pour la première fois le vieux barde mystique, Hansi Kürsch, et le chevaucheur d’orage, Jon Schaffer, afin de fomenter leur premier opus d’un power metal sombre, louvoyant entre les ondes troubles des plans démoniaques et ceux plus cléments de la sorcellerie.

On peut dire qu’à l’époque, cet album avait de quoi susciter l’attention : avec leur groupe respectif, les deux hommes venaient sans doute de sortir parmi les meilleurs albums de leur discographie, soit Nightfall in Middle-Earth pour Blind Guardian et Something Wicked This Way Comes pour Iced Earth. En imaginant, l’addition des talents, les doux rêveurs pouvaient espérer un pur chef d’oeuvre. Mais ce ne sera pas tout à fait le cas, malgré la qualité du produit, car ici, les talents ne s’additionnent pas vraiment, mais se complètent plutôt, pour fournir une cuvée assez proche du son « Iced Earth » (ce qui est logique, puisque c’est Schaffer qui s’est chargé de l’essentiel de la composition), que l’on pourrait éventuellement rapprocher de l’album Somewhere Far Beyond pour les fans de Blind Guardian, de par le mélange acoustique et déluge abrasif plutôt brut.

La première chose qui frappe, c’est l’ambiance qui se déploie d’emblée, à l’aide d’une introduction très austère « Rites of Passage », qui convoque l’imagerie solennelle des chants grégoriens, avec un petit quelque chose de menaçant dans la rythmique presque tribale et le son lourd de la guitare, que l’on retrouvera tout le long de notre périple. Et puis les hostilités commencent, les riffs schafferiens tracent leur sillon de noirceur, la batterie s’emballe, et la voix adamantine de l’ogre teuton retentit au dessus de l’orage avec une jubilation mortifère, jusqu’au break de la conclusion, austère et pieuse à nouveau. C’est sombre, désenchanté, ça fait mal, et c’est pour ça que c’est bien.
La recette n’est pas particulièrement originale, mais le charme tout particulier des compositions opère, surtout grâce aux petits joyaux incrustés par-ci par-là dans chacun des morceaux : une rythmique particulière, l’alternance acoustique et électrique, telle attaque vocale ou telles harmonies, telle ambiance crépusculaire qui se change en explosion. Même les morceaux les plus faibles, que j’aurais volontiers qualifié de pourris à l’époque, trouvent à la longue un certain salut expiatoire : ils manquent d’originalité, mais demeurent sympathiques.
En outre, on ne pourra nier qu’il y a aussi de pures merveilles dans cet album : du côté métallique de la force, les premiers titres font forte impression, « Heaven Denies », le jubilatoirement rageur « Poor Man’s Crusade », avant que n’intervienne la ballade atmosphérique, « Fiddler on the Green », diablement mélancolique et sûrement comptant parmi les meilleures ballades jamais composées par Schaffer.
La performance de Hansi est encore une fois l’un des points forts de l’album, magnifiant chaque titre, soit avec une fureur volcanique, fer chauffé à blanc perçant nos tympans, soit avec une douceur vénéneuse. Sur cet album, il n’abusait pas encore des aiguës, comme ce sera le cas par la suite.
La suite est assez homogène bien qu’un peu moins remarquable : les petits joyaux incrustés sont là, mais en quantité moindre (la rythmique de « Blood on my Hands », le tour de chant subtil de Hansi sur « Path of Glory »), avant que l’intérêt ne remonte peu à peu : le tempétueux et arthurien « Winter of Souls », le diabolique « The Whistler », interprétation personnelle et « pour adulte » du conte du « Joueur de Flûte de Hamelin ». Les trois derniers titres se constituent en trilogie, où le désespoir et la force jouissive augmentent à mesure que l’on y progresse : un dieu fou a décidé de la fin du monde, et c’est parfait, car « Gallows Pole » et surtout « My Last Sunrise » signent l’apothéose du disque. Une performance vocale habitée et hallucinante, un développement sans appel hors des structures canoniques du couplet/refrain/couplet/refrain, qui s’achève dans la noirceur la plus complète. Un coup de maître.

Ainsi donc, l’album éponyme de Demons & Wizards est plutôt une bonne réussite à défaut d’être le chef d’oeuvre escompté. Tout simplement parce qu’il s’agit d’une parenthèse, forcément moins sophistiquée, entre les projets respectifs des deux groupes des instigateurs, Hansi et Jon. Ici, l’innovation n’est pas au programme, ils font juste ce qu’ils savent faire de mieux : des riffs et des hurlements qui font mal. Et ça fonctionne plutôt bien, grâce à l’ambiance pesante qui se dégage malgré tout de l’album et qui en constitue la saveur. Cinq ans plus tard, ça reste un excellent cru qui mérite bien a posteriori la note maximum.
Le deuxième album en ce sens, bien que techniquement consistant, sera plutôt décevant.
All I think and feel is evil.




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Par STEF



Par EDEN, DAVID, JULIEN




 
   MR. AMEFORGEE

 
   JEFF KANJI

 
   (2 chroniques)



- Hansi Kürsch (chant)
- Jon Schaffer (guitares, basse)
- Jim Morris (guitare)
- Mark Prator (batterie)


1. Rites Of Passage
2. Heaven Denies
3. Poor Man's Crusade
4. Fiddler On The Green
5. Blood On My Hands
6. Path Of Glory
7. Winter Of Souls
8. The Whistler
9. Tear Down The Wall
10. Gallows Pole
11. My Last Sunrise
12. Chant
13. White Room (bonus)



             



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