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URFAUST - Untergang (2023)
Par STORM le 28 Août 2023          Consultée 3471 fois

En 2023, la planète bleue n’est plus qu’un tas de cendres où errent encore quelques ombres vivantes accompagnées d’une Nature fléchissant fatalement. Des phénomènes infernaux ont anéanti toutes destinées humaines et ont broyé la surface de la Terre et ce en quelques jours. Seuls quelques milliers de survivants miraculeusement épargnés se sont retrouvés pour renoncer à eux-mêmes et tenter de manière instinctuelle de reprendre le cours d’une nouvelle existence pour reconquérir l’humanité. Ces quelques existants ruminent encore passablement les ruines d’un passé et d’une époque autrefois glorieuse et paisible mais semblant révolue et à jamais enterrée. Conservant encore l’espoir instinctif du retour de la lumière et de la fin révolue de la grande Tragédie - l’épisode de la grande meurtrissure ayant été nommé de cette façon par les survivants depuis que l’enfer a quitté les lieux précipitamment il y a maintenant quelques temps -, un auguste désir de vie reprend du galon à l’intérieur des cerveaux. Sont-ce les élans d’espoir ou l’accomplissement des prières fortuites ? A l’instar de la nature, qui a horreur du vide, nos courageux résidents de cette Terre brûlée et meurtrie, tirent leurs efforts d’un courage complexe et avide.

Mais au loin en ce mois d’août à la sécheresse implacable, après des mois d’une sérénité toute relative, voilà qu’un cavalier de l’Effroi, un Teufelgeist, se presse de se rapprocher de tout mortel pour diffuser la plus funèbre des nouvelles. Hissé sur son cheval haineux qui, à grands galops martèle et foule le sol d’une terre paniquée du retour de la Mort, cet esprit du mal jouit de la terreur qu’il lit dans les effrois et les sanglots. Apprenant la terrifiante nouvelle à travers l’horizon se noircissant, chaque être humain reste pétrifié d’horreur et figé bien certain d’un anéantissement probable. Les sphincters lâchent, le pulsatile dégueule par tous les pores, les yeux se révulsent, sortent de leur orbite tant la pression intracrânienne explose d’adrénaline. La colonie désemparée à la vacuité d’un horrible sort cherche encore les moyens de se cacher, de croire au hasard et à la chance, seules certitudes possibles de rester en vie. Mais cette fois l’armée des URFAUST cherche le total anéantissement, c’est en tout cas ce qu’il se murmure aux quatre vents. A sa tête nous retrouvons deux mentors se nommant VRDRBR et IX, deux popes de l’indicible, deux émanations ténébreuses terrifiantes. Deux pourvoyeurs de fracas à la force incomparable. Il se dit que croiser leurs regards, fait disloquer le corps et imploser les organes instantanément. L’ère des URFAUST est revenue plus fort encore des Enfers et d’entre les morts. Brûlés jusqu’à l’os, l’âme courroucée, l’appétit insatiable, les URFAUST, entité impie, réapparaissent au monde sous de multiples formes. Partout et nulle part à la fois, elle s’immisce tantôt par les poussières corrosives d’une nuée ardente sombre et destructrice, gazée à cœur, tantôt par le souffle d’un vent putride entiché d’une aura maléfique déchirant les corps. L’armée des URFAUST presse le pas pour terrifier à nouveau et redonner corps à la Mort en constellant le ciel jusqu’à l’horizon de cris sardoniques puissants.

Voilà vous pouvez vous réveiller et reprendre votre souffle ceci n’était qu’un mauvais rêve fort heureusement, le monde tourne toujours de la même façon hélas et nous autres, moutons de pâture, continuerons encore et encore à brouter notre existence. Si je vous parle de URFAUST c’est parce que cet album après quelques années de disette depuis "Teufelgeist" le bien nommé et le prodigieux "The Constellatory Practice", revient extrêmement puissamment et se fait l’écho de cauchemars véloces et inavoués. Bien plus encore que l’ensemble des albums ayant constitué la discographie actuelle, "Untergang" est le plus ténébreux et le plus sale. Son écoute épuise l’âme et la déshérite ce qui le rend prodigieux selon moi. Écoutez ce son de guitares lancinant comme le baiser endiablé de la Mort, voyez comme il imprègne à feux doux l’atmosphère et le vicie de la plus mauvaise des manières. Avez-vous entendu le rythme d’un meurtre, comment les plaies suintent d’hématies criantes ? Non ? Alors écoutez le jeu de VRDRBR… Cette voix de déraillé de IX transperce et vient s’apposer contre votre peau, telle une lamproie assoiffée, elle ne vous quittera plus et pire, vous réveillera en sursaut les nuits où le calme semblait apparaissant. L’enfer a donc un son et une odeur. Sa dérive sonore, son rituel originel, son âme perdue et vociférante se nomment "Untergang". Témoin mortel et venimeux des grandes bousculades fatales, des naufrages répétés, violeur de la vie et de l’esprit, grand ordonnancier vénéneux aux desseins bizarres et tordus, les URFAUST congédient toute la crasse des cancres, toute la merde d’autrui. Point de frères d’armes, le duo néerlandais convole vers le firmament des meilleurs albums de Black Metal en broyant la concurrence.

Je respire un grand coup car c’est ce type d’album qui rend toutes les lettres de noblesse à ce style extrême et très souvent galvaudé. "Untergang" se rapproche de la compilation "Ritual Music For The True Clochard" mais la martyrise cependant car ce dernier album va encore plus loin. "Untergang" est l’apogée du groupe, le résultat de la maturité, mêlant du Dark Ambient dans le Black Metal, de la folie dans la folie, du mystique dans le mystère, du cauchemar dans l’horreur. Les compositions sont exceptionnelles, les arrangements dingues et la production est saillante comme la plus belle des lames. Un album de l’année, si ce n’est L’Album Black Metal de l’Année 2023. Je me refuse de vous parler d’un quelconque titre, car j’étirerai cette chronique à dessein. Peu importe par lequel vous commencerez l’écoute, aucun d’entre eux n’emporte la mise, aucun ne déçoit. Tous sont habités ! Tous sont sataniques ! Tous feront éclater l’embarras, la terreur ou la fascination en vous ! URFAUST est un tropisme, un voyage express pour votre enfer.

N.B : la messe est dite, les dernières cloches vespérales retentissent pour la dernière fois. Les URFAUST ont décidé d’en finir totalement. Les rares survivants l’auront compris, aucune cachette ne leur servira, aucun centimètre carré de ce qu’il reste sur cette planète ne les protègera. IX et VRDRBR l’ont décidé, c’en est fini d’eux-mêmes et donc d’un quelconque soupçon de vie. Tous deux se font face lévitant à haute altitude et le croisement respectif de leurs regards sonne le glas fatal. Il ne reste qu’une poignée de secondes pour regretter la vie d’avant et même celle cauchemardesque de ces derniers temps après la grande Tragédie. Tout implosera de partout, le noyau terrestre diffusera une radioactivité inconnue, insondable et dantesque, désintégrant sournoisement tout ADN, tout minéral, tout élément chimique. Il ne restera guère plus que les âmes pour se rappeler d’un avant et d’un après URFAUST. Reposons en paix !

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- Ix (chant, guitare, claviers)
- Vrdrbr (batterie, basse, gt, claviers)


1. Untergang
2. Höllenkosmos
3. Leere
4. Reliquienstaub
5. Vernichtung
6. Atomtod
7. Abgrund



             



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