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AVATARIUM - Death, Where Is Your Sting (2022)
Par DARK BEAGLE le 16 Janvier 2023          Consultée 2135 fois

Le hasard voulait que je lise "Millenium" de Stieg Larsson et qu’il me fallait une musique d’accompagnement pour m’imprégner totalement de la Suède décrite par l’auteur, à la fois étrangement conviviale et terriblement sournoise. Cela faisait quelques temps que le nouvel AVATARIUM me faisait de l’œil mais je repoussais toujours un peu le moment, pour je ne sais quelle raison alors que le groupe possède de nombreux atomes crochus avec mes goûts personnels (qui sont ce qu’ils sont). Et là je me suis pris une claque terrible. Je ne sais pas si ce sont les mots froids de Larsson couplés à la musique qui ont produit ce cataclysme en moi ou si c’est simplement la formation qui a su taper juste et qui m’a littéralement flingué l’esprit, mais je ne suis pas ressorti indemne de cette première écoute, qui a été maintes fois répétée depuis.

Essayer de vous parler de musique n’est pas toujours une chose aisée. Ne jouant d’aucun instrument, l’aspect purement technique ne me paraît pas important ; une mélodie simple peut provoquer bien plus de ravages que des murs de sons que bâtissent des combos comme DREAM THEATER. L’un de mes angles d’approche favoris reste l’émotion que peut procurer un disque. Il suffit de se référer au texte que j’avais écrit concernant "The Work" de RIVERS OF NIHIL et de consulter la kro-x qu’en a fait Positron pour se rendre compte que nous ne vivons pas la musique de la même façon lui et moi. Et niveau émotion, AVATARIUM n’a pas de leçons à recevoir tant "Death, Where Is Your Sting" prend aux tripes.

Derrière cette pochette pour le moins singulière (mais qui devient évidente une fois que l’on a pigé le concept) se dissimule un disque qui l’est tout autant. AVATARIUM était attendu au tournant depuis le départ définitif de Leif Edling (on le trouvait encore à l’écriture sur "The Fire I Long For") et le groupe va encore brouiller les pistes avec une facilité déconcertante. Le seul véritable point de repère reste la voix de Jennie-Ann Smith. Si physiquement, elle est une beauté froide à l’instar de Charlize Theron, sa voix est un cocon de douceur et de mélancolie dans laquelle on cherche à se réfugier. Ne croyez pas qu’elle susurre, murmure ou marmonne. Non, sa voix porte, on pourrait même dire qu’elle tonne tant elle remplit l’espace, toujours juste, tombant toujours à point nommé (quand elle arrive sur "A Love Like Ours", c’est juste magique. Difficile de mieux l’expliquer).

Elle est donc la figure de proue du navire AVATARIUM, comme cela fut finalement le cas sur chaque album, où elle parvenait toujours à tirer l’ensemble vers le haut avec classe, que ce soit dans un registre Doom ou plus Rock’N’Roll. Ici, elle est juste parfaite dans son interprétation, elle véhicule une émotion presque palpable ("Psalm For The Living", "Mother, Can You Hear Me Now") et elle finit par vous laisser, vide, complètement lessivé. Comme dit, elle tire l’ensemble vers le haut mais cet album en avait-il réellement besoin ? Le groupe est très inspiré et prend des risques, évoluant entre Doom et un Rock sombre. Pour vous faire une idée, imaginez que Nick Cave a abusé de BLACK SABBATH et qu’il y a implanté ses mauvaises graines et vous pourrez vous faire une idée de l’ensemble (et là, le title track est le meilleur exemple qui soit).

AVATARIUM conserve une certaine lourdeur, un aspect Metal bien défini, au milieu de passages plus posés. On remarquera rapidement qu’un violoncelle s’invite sur la plupart des pistes pour apporter une saveur triste à l’ensemble – non, "Death, Where Is Your Sting" n’est pas un album conseillé aux grands dépressifs – et qu’une guitare acoustique mène fréquemment la danse, et que sa sœur électrique vient se greffer dessus pour apporter les effets de distorsion qui nous sont chers. Les rythmiques sont également assez particulières, elles ne sont pas ce que l’on attend réellement d’elles. Il y a un certain groove qui se dessine aux travers ces patterns qui ne viennent pas jouer la chape de plomb. "Stockholm" synthétise très bien ces différents univers. Le morceau nous accueille avec son riff plombé avant de céder sa place à une mélodie plus aérienne mais pas forcément plus sereine sur laquelle Jennie-Ann va faire des merveilles, insufflant un relief monstrueux à l’ensemble, qui se termine comme il a commencé. Une des étapes importante de ce disque.

Globalement, la première moitié de l’album se veut plus aérienne, plus feutrée, quand la seconde va se montrer plus directe, plus Heavy, sans que cela ne soit particulièrement gênant. L’œuvre garde malgré tout une ligne directrice, il n’est pas fait de morceaux épars qui ne fonctionnent pas ensemble. Aussi, quand intervient "God Is Silent", c’est au meilleur moment. Le groupe vient de livrer avec "Psalm For The Living" un des passages les plus poignants de l’opus et "God Is Silent" revient sur des fondamentaux plus Doom, où le batteur Andreas Habo Johansson semble possédé par l’esprit de Bill Ward au moment où le solo se met en place. "Nocturne" nous rappelle dans un premier temps que Marcus Jidell a tenu en son temps la guitare au sein d’EVERGREY et de ROYAL HUNT avec cette introduction qui frise le Power Metal avant de revenir sur un terrain plus lent, plus en adéquation avec ce que l’on attend d’AVATARIUM.

"Death, Where Is Your Sting" aurait très bien pu s’arrêter là. Les Suédois ont dit la messe en l’espace de sept titres pour quarante minutes. Ils ont toutefois décidé de conclure avec un instrumental, "Transcendent", qui reprend le schéma de "Stockholm", mais de façon inversée, en concentrant la partie Heavy en son milieu. Je trouve toujours cet exercice un peu vain, mais le résultat n’est pas si mal que ça et se laisse bien écouter. Il termine l’album sur une note assez désespérée qui ne dépareille pas avec le reste (ce n’est pas "Am I Going Insane (Radio)" de BLACK SABBATH sur "Sabotage", pour rester dans le thème Doom, qui tranchait radicalement avec le reste).

Et quid de ce disque au final ? Personnellement, vous l’aurez compris, j’adhère totalement au discours proposé. Je suis passé par toute une palette d’émotions en écoutant cet album, je me suis même surpris à essuyer des larmes sur mes joues à certains moments mais je ne me suis jamais ennuyé. La voix de Jennie-Ann m’aura bercé, motivé, ensorcelé ; la douceur des guitares ne m’aura jamais fait soupirer, j’étais prêt à accueillir un opus totalement calme, les passages plus énervés m’auront comblés. Je parlais de perfection concernant la voix de Jennie-Ann, je pousserai presque à avancer cela pour l’ensemble, qui me fait penser qu’AVATARIUM n’atteindra peut-être jamais plus un pareil niveau d’inspiration bien que je sois entièrement conscient que ce disque peut décevoir tant il est déstabilisant dans ses premiers instants. Il ne fera certainement pas l’unanimité et il en tirera certainement une aura un peu particulière, de celle qui touche les chefs d’œuvre incompris et qui seront réhabilités des années après. Quand il sera trop tard.

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- Jennie-ann Smith (chant, claviers)
- Marcus Jiddel (guitare, violoncelle, claviers, chant)
- Mats Rydström (basse)
- Andreas Habo Johansson (batterie)


1. A Love As Ours
2. Stockholm
3. Death, Where Is Your Sting
4. Psalm For The Living
5. God Is Silent
6. Mother, Can You Hear Me Now
7. Nocturne
8. Transcendent



             



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