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DOOM METAL  |  OEUVRE

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LIVRE - Cthulhu Metal - L'influence Du Mythe (2019)
Par DARK BEAGLE le 22 Juillet 2019          Consultée 1222 fois

L’univers forgé par Lovecraft est absolument fascinant. S’il peut, au début, rebuter par son style parfois ampoulé, il devient rapidement intrigant, jusqu’à devenir obsessionnel. Pénétrer dans sa mythologie à la fois horrifique et onirique ne laisse pas indemne. Les Grands Anciens, qui hantent aussi bien les fonds des Océans que l’Espace Infini et qui conduisent inéluctablement à la folie la plus abjecte, les savants fous qui brisent toutes les lois physiques et éthiques, les villes qui dissimulent des secrets inavouables, tous ces livres interdits qui recèlent les clés de la démence et de l’interdit auront été parmi les ingrédients utilisés par l’écrivain, tout comme les contrées des rêves et cette quête folle devant conduire à la mythique cité de Kaddath l’Inconnue. L’homme de Providence aura su créer un univers qui aura été une source d’inspiration pour de nombreux média, comme le cinéma (souvenez-vous du décomplexé "Re-Animator" ou de "Beyond The Wall Of Sleep"), les jeux de rôles et bien sûr la musique.

Et s’il y a bien un genre qui a su s’approprier les écrits de HP Lovecraft, c’est bien le Metal. Les ambiances horrifiques collent parfaitement à ce genre, comme les aspects les plus éthérés. Après, il est vrai que lorsque l’on pense « épouvante » ou « folie », les pensées ont tendance à vagabonder logiquement vers les styles les plus extrêmes comme le Death ou le Black Metal, mais également le Doom. Et s’il peut être Funeral, c’est encore mieux. Cependant, la lecture de ce livre, "Cthulhu Metal", va tordre certaines idées reçues et montrer que n’importe quel groupe sur le tableau périodique du Metal peut avoir été influencé par l’écrivain et que de nombreux combos vont essayer de rendre hommage à l’auteur, de la plus belle façon qui soit, en célébrant ses écrits en en faisant des chansons, voire des concept-albums pharaoniques.

Le grand maître d’œuvre derrière cet ouvrage pléthorique n’est pas un inconnu. Ceux qui lisaient Hard Rock Mag ou Hard N’ Heavy ont certainement parcouru des articles ou des chroniques écrits par Sébastien Baert. Le nom ne vous sera peut-être pas (plus) familier dans l’immédiat, mais il n’est pas un inconnu dans le milieu. Et si l’on en croit l’équipe de Rock Hard (qui comprend d’anciens collègues à lui), ainsi que la courte biographie qui accompagne le bouquin, il serait également un peu geek sur les bords. Et prière de ne pas rigoler, ici c’est une qualité qui lui a donné l’envie d’écrire ce livre qui est une véritable mine d’or pour tous les curieux qui s’intéressent aux nouvelles d’HP Lovecraft. Sébastien Baert dépeint un véritable état des lieux de l’engouement qu’aura provoqué l’écrivain sur les musiciens, en découpant bien cet univers particulier en grandes thématiques ou nouvelles d’importance et la masse de travail abattu est tout simplement colossal.

Aussi, on va commencer par ce qui fâche. Par les petites imperfections qui font que tout n’est pas parfait. Et ce livre n’est pas inattaquable. Parce que mine de rien, Sébastien Baert compile une liste de groupes à chaque chapitre, il reprend des passages de chansons, il les traduit et nous les propose comme preuve que les formations les ayant interprétées s’inspirent ou rendent hommage à Lovecraft, et cela peut vite devenir indigeste, lourd. Le schéma général ne varie pas beaucoup et même si cela aurait été difficile de faire autrement, il faut convenir que cela peut devenir rébarbatif à la longue. Certains esprits chagrins diront également que la mention « Hellfest présente » sur la couverture est un peu de trop également, que cela fait argument de vente facile, mais ça c’est une autre histoire. Ceux qui cherchent un style proche de Lovecraft en seront également pour leurs frais, l’auteur étant très direct et parfois même un brin synthétique car il a beaucoup de choses à dire. Et nous avons à peu près fait le tour des griefs à l’encontre de cet ouvrage.

Parce que sinon, c’est du tout bon, comme dirait Jacques (1). Comme cela a déjà été mentionné, le travail fourni pour l’élaboration de ce livre est réellement titanesque. Il suppute une relecture assez attentive de l’œuvre du Maître de Providence et certainement un visionnage express des films qu’elle aura inspiré (et peut-être bien une ou deux petites parties de "Cthulhu" pour se mettre bien). Et surtout, il y a un travail de recherche et d’écoutes pour de nombreux disques, des démos aux opus studio en passant par les EP. Cela ne doit même plus se compter en heures. Sébastien Baert ne se contente pas de faire un simple tour d’horizon en se centrant sur les combos les plus connus. À titre personnel, je vous avoue que j’ai salement fait chauffer le moteur de recherche de Nightfall et de nombreux groupes ne figurent pas dans notre base de données, malgré quelques discographies conséquentes.

Et il ne s’arrête pas au Metal. Il va également, lors d’un premier chapitre fort instructif, revenir sur des groupes souvent oubliés, voire des artistes ayant connu Lovecraft et ayant composé des pièces en son honneur. À titre d’exemple, Sébastien Baert cite HALLOWEEN, un groupe de Rock Progressif français, un peu oublié aujourd’hui (oui, j’ai aussi fait chauffer le moteur de recherche de Forces Parallèles) qui sur leurs deux premiers albums ont des références à certains textes de Lovecraft. Il va également évoquer le Punk, où certains groupes s’amusent à inclure la mythologie de Lovecraft dans leurs élans sauvages (The FALL, RUDIMENTARY PENI), ce qui devient rapidement une curiosité (et oui, j’ai pas mal fait chauffer le moteur de recherche de YouTube également). Une mise en appétit délicate donc avant d’entamer le gros du sujet.

Et là, on va rapidement se rendre compte qu’une bonne partie de notre quotidien de Metalhead tourne autour de Lovecraft et de sa mythologie, ses personnages, sans que l’on s’en rende compte. Que ce soit l’épitaphe « N’est pas mort ce qui à jamais dort, mais au fil des âges peut mourir même la mort » sur la pochette du "Live After Death" de IRON MAIDEN aux multiples références que l’on trouve chez MORBID ANGEL en passant par les allusions de Peavy Wagner à travers les albums de RAGE ("Soundchaser"...). Sébastien Baert ne s’est pas contenté de mentionner les albums ou les chansons les plus évidents ("The Music Of Erich Zann" de MEKONG DELTA ou un quelconque opus de The GREAT OLD ONES – dont Benjamin Guerry signe la préface de ce "Cthulhu Metal"), il va également fouiller, faire des recherches, nous sortir les groupes les plus improbables (un NECRONOMICON qui vient du Kirghizistan - ami lecteur, tu peux faire chauffer le moteur de recherche de Google – ou encore un INNSMOUTH originaire de la République Dominicaine par exemple) et trier ceux qui ne s’inspirent que des noms et ceux qui rendent un véritable hommage en fouillant plus en profondeur les textes obscurs de l’écrivain pour en faire des odes.

Et parmi ces derniers, Sébastien Baert va citer des références dans les domaines les plus obscurs et qui apparaissent comme des évidences (SULPHUR AEON, The GREAT OLD ONES, ROTTING CHRIST), d’autres plus rares également (EVOL est le meilleur exemple qui vient à l’esprit), il va également montrer du doigt des combos plus abordables comme ORANGE GOBLIN. Mais surtout, il laisse les musiciens s’exprimer. Si parfois il récupère diverses interviews données pour des magazines ou sur le web à l’époque de la sortie de certains albums, beaucoup de musiciens se livrent directement à lui. Si ces derniers, habituellement, sont amenés à parler de leur art, ils s’animent dès qu’il s’agit de parler de Lovecraft, de l’importance que l’auteur a eu sur leur vie, sur leur façon d’écrire. Et on comprend très vite que pour certains, c’est presque plus qu’une passion. Si Christopher Lee pouvait réciter des pans entiers du "Seigneur des Anneaux", certains artistes semblent avoir une relation particulière avec les écrits de Lovecraft. On pourrait presque parler de hantise, mais sans le côté oppressant qui va avec. Et bien souvent il devient passionnant de les lire tant ils transmettent la leur et c’est assurément là le grand point fort de cet ouvrage.

Enrichi d’un superbe portfolio reprenant quelques pochettes connues et d’autres qui le sont bien moins s’inspirant de l’univers de Lovecraft, ce livre nous raconte l’impact de l’auteur sur le monde du Metal avec brio, et surtout de façon exhaustive. Oh bien sûr, il peut y avoir des oublis, des groupes qui sont passés sous les radars de Sébastien Baert. Personnellement, je n’ai pas vérifié. Et je n’aurai certainement jamais le temps de le faire. Et si Lovecraft serait probablement flatté de voir toute cette reconnaissance musicale concernant son œuvre, il ne la comprendrait certainement pas, ce dernier étant assez peu à l’aise dans ce domaine, si l’on en croit sa correspondance. Quoiqu’il en soit, le travail effectué par Sébastien Baert mérite que l’on se penche dessus, que l’on soit amateur ou non des nouvelles de Lovecraft. N’est pas mort ce qui à jamais dort, mais au fil des âges peut mourir même la mort...


(1) Celle-là me fait littéralement baigner dans mon jus…

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- Sébastien Baert (texte)
- Arnaud Demaegd (illustration de couverture)


1. Préface
2. Introduction
3. Chapitre 1 Avant Que Naisse Le Metal
4. Chapitre 2 Lovecraft Et Le Mythe De Cthulhu
5. Chapitre 3 Le Necronomicon
6. Chapitre 4 La Musique D'erich Zann
7. Chapitre 5 L'appel De Cthulhu
8. Chapitre 6 La Cité Sans Nom
9. Chapitre 7 Le Cauchemar D'innsmouth
10. Chapitre 8 Dagon
11. Chapitre 9 L'etranger
12. Chapitre 10 Par-delà Le Mur Du Sommeil
13. Chapitre 11 Le Cycle Du Rêve
14. Chapitre 12 Autres Nouvelles
15. Index Des Groupes Et Artistes



             



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