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- Style : Black Sabbath, Pentagram

WITCHCRAFT - The Alchemist (2007)
Par DARK BEAGLE le 25 Mai 2020          Consultée 382 fois

"Firewood" était un album décevant dans le sens où l’on sentait les Suédois de WITCHCRAFT toujours enfermés dans leur optique de tribute band à PENTAGRAM. Certes, ces derniers sont indéniablement cultes, mais autant écouter l’original plutôt que la copie. Et encore, la copie est un terme bien péjoratif pour évoquer WITCHCRAFT qui s’avère être juste un groupe passionné. "Firewood" avait au moins le mérite de faire surgir d’autres références, parfois un peu inattendues, mais toujours totalement vintage, mais il manquait un petit quelque chose, l’effet de surprise qui permet d’être plus indulgent en tant qu’auditeur, ou une once de personnalité qui permettrait de trouver des accroches originales. Aussi, "The Alchemist", sorti en fin 2007, ne laissait que peu d’espoirs de voir le groupe s’affranchir de cette veste trop lourde et encombrante pour lui.

Et quelle erreur ! "The Alchemist" est le genre d’album que l’on écoute en étant interloqué par certains choix, mais qui donnent envie de s’y remettre à peine le title-track terminé. Vous pourriez croire que WITCHCRAFT s’est trouvé une originalité, mais ce n’est pas franchement le cas. Mais cet album possède une unité bien à lui, qui crée une logique insouciante entre chacun des morceaux, qui s’enchaînent rapidement, mais où tous ont leur propre mélodie, leur riff, qui fait que le disque ne devient jamais étouffant. Et ce n’était pas une mince affaire, surtout qu’au final, il y avait peu de chances que l’on atteigne un tel niveau ; d’autant plus si l’on s’attarde un peu sur la pochette qui donne un sérieux goût d’inachevé avec cette absence de couleurs dans les plantes à l’arrière-plan, qui ne rend pas l’illustration des plus déchiffrables.

Mais aussi bancale soit-elle, l’illustration accomplit parfaitement son œuvre, en donnant un côté vintage à la jaquette, ainsi qu’une aura de mystère qui pousse à forcer les portes de cet élève appliqué du Doom d’époque. Et ce qui va frapper d’entrée de jeu, c’est le titre d’ouverture. Complètement à contre-emploi. "Walk Between The Lines" sent le psychédélisme des années 60 à plein nez, la mélodie est légère et presque enjouée et n’annonce en rien la teneur de l’album qui se veut plus Heavy, mais pas que ! D’autres influences font leur arrivée et quelques soupçons de JETHRO TULL s’invitent à la fête, donnant un petit côté progressif par moments, quand les constructions éclatent tout en conservant une pâte Heavy.

Et c’est finalement via l’élargissement des influences que WITCHCRAFT se donne de l’air. Trop enfermé dans l’optique d’hommage à un groupe, les musiciens en avaient oublié de proposer des titres qui sortent un peu d’un certain type de carcan. Le chant de Magnus Pelander prend également plus d’espace, évoluant avec une espèce de fausse naïveté très vite attachante. Il ne module pas toujours beaucoup, mais il semble être habité par ses textes et finalement, sa prestation est plutôt bonne, il fait vaguement songer à un Ozzy Osbourne plus appliqué, mais là encore ce serait assez réducteur (sa voix est quand même bien moins nasillarde !). Mais il est en adéquation avec la musique et c’est là l’essentiel.

Parce que passé le premier titre étrange (agréable mais qui interloque ; l’ouverture s’avère bien molle et ne donne pas forcément une image de ce que sera l’album), le groupe déboule en grande pompes sur un Heavy Doom assez classieux, aux mélodies énergiques. La guitare est grasse à souhait, elle est bien soutenue par une section rythmique solide qui permet aux morceaux de couler de source malgré le manque de refrains à reprendre en chœur. WITCHCRAFT raconte des histoires et ne s’autorise que rarement des retours en arrière, il faut progresser, continuer à avancer coûte que coûte. Mais cela n’empêche pas d’apporter du relief, de moduler ce qu’il faut pour trancher la linéarité qui serait le piège dans lequel il ne faudrait pas tomber.

Quand nous nous retrouvons face à des titres comme "If Crimson Was Your Colour" (raide !), "Leva" (interprété en suédois) ou "Hey Doctor" (bien affolant !), nul doute n’est permis, WITCHCRAFT a fait un pas en avant. Un grand même. Difficile de parler de personnalité, encore une fois, le spectre des influences étant très large et la base d’inspiration, cette musique des années 70 (80 pour PENTAGRAM, mais eux-mêmes avaient un œil sur le rétro) assez limitée dans le côté Heavy de la Force ne permet pas de dégager quelque chose de vraiment personnel, mais cette fois-ci, nous pouvons commencer à parler de feeling. Là, ça commence à le faire, on tape du pied, on se laisse entraîner par les mélodies et le chant, jusqu’à un final qui marque la plus grande des évolutions.

En effet, "The Alchemist" est une longue plage d’une dizaine de minutes où WITCHCRAFT tente le plus de choses, avec des changements de mélodies qui manquent peut-être de subtilité dans les enchaînements, mais qui ont le mérite d’être présents, des parties instrumentales trépidantes ou suaves (ce solo !). L’ensemble n’est absolument pas parfait, mais cela lui donne un certain charme et il résume à lui seul l’album en explorant toutes ses facettes sans que cela ne semble trop farfelu. Les allures un peu Prog passent plutôt bien et le titre s’achève, nous laissant le sentiment d’avoir passé un bon moment.

En fait, ce disque est un brouillon de luxe pour "Legend", tout en étant une épitaphe pour les deux premiers albums, autrement dit un disque charnière. Avec sept titres seulement, on pourrait penser que WITCHCRAFT s’est laissé aller à l’économie, mais il n’en est rien. Pendant trois quarts d’heure le groupe déclame son amour d’un genre plus que d’un groupe en particulier et c’est là qu’il fait enfin la différence. Dans le genre, il s’impose enfin quand il ressemblait jusque là à un espoir un brin décevant. Et la formation va gagner en confiance. Enfin Magnus Pelander, car il va chambouler le groupe avant de s’attaquer à l’album qui sera considéré comme le grand-œuvre de WITCHCRAFT.

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- Magnus Pelander (chant, guitare)
- John Hoyles (guitare)
- Ola Henriksson (basse)
- Fredrick Jansson (batterie)


1. Walk Between The Lines
2. If Crimson Was Your Colour
3. Leva
4. Hey Doctor
5. Samaritan Burden
6. Remembered
7. The Alchemist



             



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