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- Style : Black Sabbath, Pentagram

WITCHCRAFT - Firewood (2005)
Par DARK BEAGLE le 16 Mai 2020          Consultée 255 fois

Un an après un premier album séduisant mais pas novateur pour un sou, WITCHCRAFT remet le couvert avec ce "Firewood" à la pochette presque conviviale si elle ne donnait pas l’impression de déranger une veillée funèbre. La bande à Magnus Pelander n’a pas bougé durant ce laps de temps et c’est avec un certain plaisir que nous retrouvons ce Doom à l’ancienne, hérité de groupes comme BLACK SABBATH ou PENTAGRAM (dont l’ombre plane toujours autant), ainsi qu'une touche de Jimi HENDRIX. Cependant, ce "Firewood" va réussir un paradoxe étrange, un véritable tour de force : celui de produire un bel album musicalement parlant, sans arriver à être passionnant.

Il manque peut-être de la chaleur d’un feu de bois justement pour cela. L’album manque un peu de convivialité, les morceaux sont alignés, bien proprement, de l’alpha à l’omega, sans chercher à dévier de sa course. Le menu est simple. En hors d’œuvre, vous avez une Sabbatherie sortie tout droit des premiers efforts du groupe le plus obscur de Birmingham, en plat de résistance, vous avez des odes à la poésie perdue de PENTAGRAM et en dessert… Vous reprendrez bien un soupçon de PENTAGRAM, non ? Bref, tout cela n’est pas très varié et peut rester sur l’estomac. Ça manque de fibres, si vous voulez rester sur la thématique casse-gueule de la nourriture.

"Firewood" nous donne l’impression de rentrer dans un cocon tissé avec une trame qui ne varie guère le long des quarante-cinq minutes que dure l’album. C’est ouateux, légèrement comateux, avec ce Doom Psyché d’un autre temps et qui semble reproduit ici à l’identique, jusqu'aux intonations de la voix de Pelander. À un blind test, il n’est pas certain que beaucoup citeraient les années 2000 comme date d’enregistrement pour ce disque, qui en tire toutefois un certain charme. En effet, il dégage un petit quelque chose qui se rapprocherait pas mal de la nostalgie. Parce que oui, les éléments les plus modernes de WITCHCRAFT résident dans la jeunesse des musiciens ! Et encore, ils sont tous trop jeunes pour avoir vécu les années 70, mais ils font comme.

Et le flot des chansons s’écoule, doucement, avec cette ligne directrice simple, qui manque soit d’ambition, soit de recul. Et malheureusement, du point de vue de l’auditeur, l’impression d’avoir une redite facile (voire parfois une certaine dose de plagiat tant l’hommage à l’œuvre de Bobby Liebling semble appuyé) est assez tenace et se fait sentir de façon assez stupéfiante sur la hidden track de la version CD, qui est une reprise du "When The Screams Come" de PENTAGRAM bien trop fidèle, où l’on ne retrouve aucune touche plus personnelle – ce qui aurait apporté un plus indéniable à l’exercice.

Cependant, ce disque est loin d’être nul. Et c’est là que le paradoxe se fait. Étrangement, l’album sonne de façon très authentique. Il faut dire qu’il a été enregistré à l’ancienne, en analogique bien entendu, ce qui lui confère ce son et cette ambiance bien vintage. Ensuite, le talent des musiciens est là : tout fonctionne, c’est bien écrit, bien interprété et si le reproche le plus sévère qu’on puisse leur faire est de ne pas se montrer assez aventureux – ou sans véritable caractère – alors tant pis ; on ne peut enlever qu’ils sont bons techniquement et qu’ils parviennent aussi à apporter quelques petites nuances inattendues.

Une certaine poésie s’extraie parfois des compositions, pour les sublimer, à l’instar de "Queen Of The Bees" qui se marie bien avec le court instrumental suivant, "Merlin’s Daughter". La voix de Magnus Pelander fait ici merveille, avec ses tonalités proches de celles de Jim Morrison, qui apportent un charme dépressif certain à l’ensemble. Et des touches comme ça, ces éclairs qui traversent ce canevas rétro, donnent les impulsions qu’il faut pour ne pas sombrer dans la caricature la plus stérile qui soit. Et quand le groupe se décide à nous surprendre, il le fait de fort belle manière, comme cette cavalcade de basse à la IRON MAIDEN sur "You Suffer" (qui n’était évidemment pas une reprise de NAPALM DEATH).

D’où une certaine frustration qui naît quand même à l’écoute de ce "Firewood", qui ne jouit plus de l’effet de surprise du premier opus (qui avait pas mal de défauts identiques à ceux évoqués ceci dit) et qui forcément a plus de latitude pour décevoir le public. Les chansons donnent envie de s’accrocher, mais l’impression de déjà-entendu est très forte et des écoutes successives n’arrangent en rien la chose. Est-ce que se demander si ce disque aurait cartonné dans les années 70 parvient à ramener un intérêt nouveau ? Ce n’est même pas certain tant "Firewood" dans son grand ensemble sonne de façon convenue, même pour l’époque.

WITCHCRAFT, malgré de bonnes intentions, ne parvient pas à se sublimer sur ce "Firewood" un brin décevant. Il semble assez symptomatique d’un défaut partagé par de nombreux groupes officiant dans ce créneau particulier ; il n’apporte strictement rien, si ce n’est un moment sympa d’écoute, que l’on ne renouvellera pas forcément fréquemment. Le groupe se contente de répéter les mêmes recettes, encore, et toujours. Bien qu’une blanquette de veau soit toujours meilleure réchauffée, ce n’est pas le cas ici. Y a une couille dans la finition. WITCHCRAFT ne parvient pas à trouver l’ambition nécessaire pour voir plus loin, viser plus haut et on reste sur notre faim. En revanche, le groupe ne se satisfera pas de cette situation et commencera à voir plus grand rapidement.

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- Magnus Pelander (chant, guitare)
- John Hoyles (guitare)
- Ola Henriksson (basse)
- Jonas Arnesén (batterie)


1. Chylde Of Fire
2. If Wishes Were Horses
3. Mr Haze
4. Wooden Cross (i Can't Wake The Dead)
5. Queen Of Bees
6. Merlin's Daughter
7. I See A Man
8. Sorrow Evoker
9. You Suffer
10. Attention !



             



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