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- Style : Black Sabbath, Pentagram

WITCHCRAFT - Nucleus (2016)
Par DARK BEAGLE le 13 Décembre 2020          Consultée 452 fois

WITCHCRAFT s’était montré vraiment brillant avec "Legend" et il va laisser passer quatre années avant de lui donner une suite. "Nucleus" débarque donc en 2016, avec sa pochette qui tranche complètement avec tout ce qui a été proposé par le groupe auparavant ? Le groupe ? Plus franchement. Cela devenait de plus en plus palpable avec de nombreux changements de personnel, mais avec le départ de Ola Henriksson (basse), c’est à présent acté : Magnus Pelander reste le seul et unique membre d’origine et WITCHCRAFT est plus que jamais sa chose, son laboratoire musical, où il va pouvoir s’adonner à toutes ses envies. Vous avez dit mégalomanie ? Oui, c’est entièrement ça.

D’ailleurs, il va faire un grand ménage au sein de la formation. À présent, il assure toutes les guitares quand il était toujours secondé à ce poste, mais il accueille également un nouveau bassiste en la personne de Tobias Anger ainsi que Ragnar Widerberg à la batterie et difficile de ne pas songer qu’ils ne sont au final que des musiciens de session tant WITCHCRAFT tend à devenir un effort solo plus qu’autre chose. Alors bienvenue dans l’univers de Magnus, dans sa tête tout du moins et vous le verrez, ce n’est pas toujours l’extase.

"Nucleus" offre un démarrage canon, avec quatre titres absolument imparables qui flirtent avec l’excellence. Pelander revient à un style plus Doom, genre qu’il maîtrise bien, mais il en accroche également d’autres qu’il a déjà parcouru par le passé, avec quelques petits clins d’œil aux groupes qui l’inspirent. Étrangement, "Malstroem" n’est pas sans évoquer le ANATHEMA qui officiait encore dans le genre et qui n’est plus qu’un lointain souvenir, celui de "The Silent Enigma". C’est lourd de chez lourd, ça prend son envol après une introduction acoustique de toute beauté et la voix de Pelander n’est pas sans évoquer celle de Vinnie Cavanagh. Et oui, c’est une bonne petite claque qui est assenée et qui laisse présager le meilleur pour la suite.

"Theory Of Consequence" vient nous faire patienter. Il s’agit clairement d’un moyen de proposer un petit break, puisqu’il s’agit du morceau le plus court de l’ensemble, avec un peu plus de deux minutes au compteur, et va mettre en jambes avant un "Outcast" qui nous renvoie dans une ambiance bien oldie, qui n’est pas sans évoquer la facette la plus dure d’un JETHRO TULL. Mais c’est surtout le title track qui capte toute l’attention. Pièce remarquable d’un peu moins d’un quart d’heure, elle offre des passages absolument somptueux, notamment ces chœurs féminins qui vont être repris avec justesse par un Pelander en état de grâce. On applaudit et surtout, on en redemande !

Puis il y a la suite. Et là, ce n’est plus tout à fait du même tonneau. WITCHCRAFT revient à un format plus court, ponctué de hauts ("An Exorcism Of Doubts"), mais surtout de bas. Ou plutôt, sur de l’insignifiant. Là où la formation avait su taper juste tout du long avec "Legend", elle se contente de répéter une formule qui renvoie irrémédiablement en arrière, à l’époque où le groupe tâtonnait avant de trouver l’illumination sur "The Alchemist" et il devient difficile de rester concentré tout du long tant l’ensemble donne l’impression d’être uniforme, à quelques exceptions près. Et "Breakdown", du long de ses seize minutes, se drape des atours de l’épreuve tant le morceau parait interminable et morne.

"Nucleus", c’est donc un album qui bat le chaud et le froid, au point où l’on pourrait se demander si l’expression n’a pas été inventée pour le décrire. Un coup c’est brillant, un autre c’est pâle, sans vie pour marbrer ces joues de rose. Et c’est d’autant plus dommage que Pelander gère certainement trop de choses sur ce disque, qu’il ne délègue pas assez et que tout suit sa vision, une vision qui se veut parfois un peu trop étriquée pour être pleinement convaincante sur la longueur. L’ensemble est loin d’être mauvais, mais après "Legend", tout ceci donne l’impression de tomber de haut. Là où un espoir de la scène semblait enfin être arrivé à maturité, il rentre tout de suite après dans une espèce de moule où les idées se répètent et sont recyclées sans aucun remord.

WITCHCRAFT poursuit donc sa mue, et l’hydre n’a à présent plus qu’une seule tête. Il ne manquerait pas forcément grand-chose pour faire passer "Nucleus" de « bon » à « très bon », le père Pelander a toujours de sacrées bonnes idées comme en témoigne le démarrage en trombe de l’opus qui laissait entrevoir quelque chose de grandiose, sans être un "Legend" bis, mais en montrant que le chemin parcouru jusqu’ici a bien été assimilé. Certainement un peu trop long, n’arrivant plus à apporter des idées neuves à mesure que les minutes s’égrainent de plus en plus lentement, "Nucleus" se drape d’atours quasi mortifères qui ne s’accordent pas avec son habillage pour le moins moderne et éloigné des rivages du Doom classique. La fin d’un groupe au potentiel énorme ?

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   DARK BEAGLE

 
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- Magnus Pelander (chant, guitare, claviers)
- Tobias Anger (basse)
- Ragnar Widerberg (batterie)


1. Malstroem
2. Theory Of Consequence
3. The Outcast
4. Nucleus
5. An Exorcism Of Doubts
6. The Obsessed
7. To Transcend Bitterness
8. Helpless
9. Breakdown



             



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