Recherche avancée       Liste groupes



      
DOOM PSYCHé  |  STUDIO

Lexique doom metal
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Style : Black Sabbath, Deep Purple, Path Of Samsara, Age Of Taurus, The Vintage Caravan

MOTOROWL - Atlas (2018)
Par DARK BEAGLE le 3 Septembre 2018          Consultée 1567 fois

Quand je vous avais parlé de "Om Generator", le premier album de nos jeunes Allemands de MOTOROWL, j’avais fixé la note à 3 malgré la tentation de mettre un 4, avec le vœu pieux que le groupe confirme tout le bien que je pensais d’eux sur son second album. Et moins de deux ans plus tard, voilà qu’il exauce mon souhait avec "Atlas", son nouvel opus, toujours distribué par le label Century Media, qui a franchement eu le nez creux en le signant. Aussi vais-je tenter de lui faire honneur et de vous parler au mieux de cet "Atlas" qui pourrait bien tourner en boucle sur vos platines dans les semaines à venir.

Les choses ont un peu bougé pour MOTOROWL. Si le line-up reste la seule chose inchangée, le groupe a fait beaucoup de ménage, à commencer au niveau du visuel. C’est un nouveau logo qu’aborde fièrement la pochette, plutôt vintage dans l’esprit et qui tranche complètement avec l’ancien, où les lettres semblaient gravées et qui ressemblait à un quelconque logo de Metal Extrême qui se voudrait lisible. Le graphisme aussi a évolué, il en devient plus mystique, avec cette capuche qui dissimule une nuée étoilée, un peu comme le Gardien des Sept Clés cher à HELLOWEEN. Ensuite, la formation a décidé de se produire elle-même, seule, tout en confiant les bandes à Dan Swanö pour le mixage. Ce dernier s’était déjà acquitté de la même tâche pour "Om Generator" et son travail est toujours aussi précieux dans le domaine.

Mais surtout, MOTOROWL s’est beaucoup affiné, aussi bien dans l’écriture que dans l’interprétation de ses morceaux. Alors forcément, c’est moins brut de décoffrage, le groupe laisse beaucoup plus de place à la mélodie et aux parties instrumentales, ce qui va permettre à l’ensemble de respirer et souvent, prendre l’auditeur au dépourvu quand soudain tout s’emballe. Les claviers sont vraiment très présents, et tissent des structures mélancoliques et épiques sur lesquelles le reste des instruments vient se greffer avec une justesse remarquable. "Infinite Logbook" est déjà une démonstration du savoir-faire des Allemands à ce niveau, mais ils donnent l’impression de se surpasser à chaque fois. Toute nouvelle piste est motif de satisfaction, voire d’émerveillement.

Parce que cette fois-ci, MOTOROWL n’est plus une énième déclinaison de BLACK SABBATH ou de DEEP PURPLE, le groupe a trouvé une formule qui lui correspond, qui lui appartient, basée bien sûr sur les rythmes entêtants et majestueux de ces Grands Anciens, mais en y incorporant de la modernité ainsi qu’une complexité qui lui est propre. Le clavier ne cherche pas à récupérer les sons de Jon Lord même si parfois l’orgue Hammond trépigne comme à la grande époque, les guitaristes ne reproduisent pas les riffs de Tony Iommi, ni les soli de Ritchie Blackmore, ils développent leur propre langage, souvent en réponse aux arpèges de Daniel Dettlev, éblouissant, tandis que la section rythmique est juste énorme, gonflant le son du groupe et lui donnant une intensité terrible.

Les morceaux se développent autour d’un Doom Psyché qui flirte allègrement avec le Hard Rock pur et dur, quand ils ne touchent pas au progressif, à l’instar de la chanson-titre qui ne se tient jamais à sa ligne mélodique de base sans perdre de sa force pour autant. Tout est très construit, rien ne repose sur la solution de facilité. Ainsi, "Cargo" surprendra avec ses parties de batterie qui empruntent quelques blast-beats au Black Metal pour muscler le propos, "Norma Jean" aguichera avec sa lourdeur typiquement Doom qui suinte de partout, "The Man Who Rules The World" séduira avec sa reprise mélodique finale qui reprend le début du morceau, tandis que "To Give" et "To Take" forment un diptyque, les deux chansons se répondant l’une à l’autre.

Musicalement, c’est donc au point tout cela (malgré quelques petits défauts qui seront développés plus tard). Cependant, le genre demande un chanteur qui puisse magnifier le tout et MOTOROWL le possède en la personne de Max Hemmann. Ce dernier possède une voix très émotionnelle et bon sang ! Elle est tout simplement magnifique et colle tellement bien à l’univers musical créé par la formation que ça en devient presque douloureux de l’écouter. Elle vous prend, elle vous happe, elle vous transperce, même quand la colère monte et qu’elle s’altère pour exprimer la colère, elle reste impeccable, implacable.

Et quels reproches faire au milieu de ce cortège de louanges ? Il y en a un, qui apparaît assez évident au bout d’une écoute de cet "Atlas" : l’album regorge d’idées, le groupe ne semble pas capable de se restreindre à ce niveau-là et le tout peut très vite devenir déroutant. Les musiciens donnent beaucoup, trop certainement et toute cette générosité provoque un trop-plein qui ne donne pas forcément envie d’appuyer à nouveau sur la touche play une fois l’opus terminé. C’est beau, mais c’est suffisant. Heureusement, plus on s’attarde sur ce disque et plus cela semble s’amoindrir et il devient alors tout simplement addictif. Pour ma part, l’album revient très régulièrement sur la platine, je ne m’en lasse pas.

Le potentiel décelé sur "Om Generator" se confirme donc de bien belle façon sur "Atlas". MOTOROWL devient un groupe sur lequel il faut désormais compter. Même si le tout reste toujours perfectible, même si la formation devrait apprendre à se montrer parfois plus directe, il y a quand même de quoi être très satisfait de cette musique, qui prend du neuf pour faire du vieux en somme, mais avec un esprit bien plus tortueux que les dinosaures qui ont influencé ces Allemands. Grandiose et prodigieux, tout en gardant les pieds sur terre.

Note réelle : 4,5/5, mais…

A lire aussi en DOOM METAL par DARK BEAGLE :


SPIRAL SKIES
Blues For A Dying Planet (2018)
Petit théâtre de l'étrange

(+ 2 kros-express)



ORCHID
Capricorn (2011)
Sabbath bloody sabbath !


Marquez et partagez






 
   DARK BEAGLE

 
  N/A



- Max Hemmann (chant, guitare)
- Vinzenz Steiniger (guitare)
- Tim Camin (basse)
- Martin Scheibe (batterie)
- Daniel Dettlev (claviers)


1. Infinite Logbook
2. The Man Who Rules The World
3. Atlas
4. To Give
5. To Take
6. Cargo
7. Norma Jean



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod