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LIVRE - Murder Falcon (2020)
Par DARK BEAGLE le 17 Octobre 2020          Consultée 745 fois

Dans l’univers foisonnant de la BD, le Metal commence à se faire sa place. Il est souvent évoqué, son art graphique se retrouve souvent en clins d’œil à travers des planches marquantes (Olivier Ledroit s’est bien amusé avec MOTÖRHEAD et CANNIBAL CORPSE dans "Requiem, Chevalier Vampire") et de plus en plus, il en devient le sujet. Directement ou non. "Belzebubs" (JP Ahonen) par exemple, nous raconte la vie d’un groupe de Black Metal de là-haut. Et "Murder Falcon", lui, va un peu plus loin, jusqu’à tutoyer le WTF le plus touchant.

Bon, voilà le topo : nous suivons Jake, un shredder qui a tout plaqué à la fois pour de bonnes et de mauvaises raisons, selon le point de vue. Bref, son groupe, Brooticus, a splitté et beaucoup le regrettent, les musiciens en tête. Mais Jake ne veux plus jouer de musique, il a même détruit sa guitare pour cela. Mais il va vite revoir son jugement lorsqu’il sera attaqué par une créature d’un autre monde dans son appart et c’est là qu’il faut s’accrocher (ouais, parce qu’une créature d’une autre dimension, c’est banal).

Voilà : un éclair frappe sa guitare, qui retrouve du coup une nouvelle jeunesse. Et un drôle d’oiseau fait son apparition, une espèce de faucon humanoïde avec un bras métallique, qui voit sa force augmenter à mesure que Jake aligne riffs et soli : Murder Falcon, envoyé du Heavy pour éviter que ça ne dégénère de trop. Bon, souvent quand ce genre de personnage fait son apparition, c’est que l’histoire commence à partir en vrille. Et comme l’intrigue évolue comme un RPG, il faut trouver d’autres compagnons, mettre la main sur d’autres instruments légendaires et trouver de nouveaux alliés pour mettre fin à une menace venue d’ailleurs, qui devient de plus en plus violente et dévastatrice à mesure que nous enquillons les pages. "Final Fantasy" en mode Heavy Metal en quelque sorte.

Voilà voilà. Résumé, en gros, c’est ça. Je ne vais pas causer de tous les potes de Jake, des péripéties qui vont conduire jusqu’au final, c’est un récit assez branlant. Mais fait avec le cœur. Ah ça, difficile de le nier : Daniel Warren Johnson, son auteur, aime le Metal et s’il ne parvient pas à éviter quelques clichés, il rend de vibrants hommages à quelques-uns de ses héros musicaux (nous reconnaissons par exemple Chuck Schuldiner, Lemmy et Jake n’aurait-il pas un faux air de Jeff Hanneman ?). Bref, nous sentons sa passion derrière tout ça, jusqu’aux bonus qui sont constitués de pastiches de pochettes célèbres avec un petit mot de l’auteur.

Après, c’est bien d’être fan, c’est gentil d’avoir une vision over the top de son récit et d’être un rien too much, mais… Disons que l’ensemble est tellement gros que si cela prête à sourire par moments, l’intrigue devient également un brin lassante car finalement assez prévisible, passé un ou deux twists que l’on peut d’ailleurs anticiper. Tout est cousu de fil blanc et comme disait l’autre, toutes les histoires sont déjà écrites, c’est la façon de les raconter qui diffère. C’est au final très classique, le plus innovant restant que cela présente le Metal sous une excellente image, comme si Disney en faisait sa promotion si vous voulez.

Graphiquement très correcte, l’œuvre se lit sans déplaisir, malgré ses signaux balisés qui surgissent à chaque page, jusqu’à une conclusion que nous avions deviné depuis un moment et un dernier clin d’œil, presque obligatoire. Cela peut sembler parfois un peu confus, mais tout revient rapidement sur de bons rails pour nous amener là où veut l’auteur : nous distraire, nous amuser, à défaut de nous passionner. De la SF/Fantastique qui arrive avec pour seule prétention de nous encourager à faire péter les décibels, avec de nombreuses références au genre qui nous concerne. Rien que pour ça, ce comic book mérite que nous nous y attardions.

Oh, bien entendu, il y a pire dans le domaine, mais il y a largement mieux également, à commencer par "Punk Rock Jesus" de Sean Murphy qui, s’il n’entre pas autant dans le détail musical que ce "Murder Falcon", offre une histoire plus construite. En un mot : plus ambitieuse (ok, ça en fait deux, n’allons pas chipoter pour si peu). Voilà : "Murder Falcon" est un burger de fast-food quand "Punk Rock Jesus" est un burger fait avec amour par votre conjoint(e). ça se déguste, ça s’apprécie même, mais passé quelques jours, nous n’en avons plus aucuns souvenirs…

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- Daniel Warren Johnson (dessin, scénario)
- Mike Spicer (couleur)


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