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LIVRE - Les Métalleux Tome 1 (2020)
Par DARK BEAGLE le 19 Octobre 2020          Consultée 1443 fois

Une bande dessinée façon « grand public » parlant des Metalleux, ce n’est pas forcément une bonne idée. Parce que cela signifie très certainement que de nombreuses portes (ouvertes) vont être enfoncées, que les clichés vont être traités les uns après les autres, parfois dans une espèce de gangbang qui se veut amusant mais qui n’est qu’un vulgaire gangbang au final. Alors nous entrons dans une tradition de BD franco-belge assez classique, en mode gros-nez, avec des gags qui sont au final assez inoffensifs.

Nous suivons trois personnages aux looks bien distincts, qui répondent finalement à des clichés (préparez-vous mentalement, ce terme va souvent rejaillir). Le dessin est très classique, c’est celui que l’on retrouve dans les bandes dessinées façon "Rugbymen", "Gendarmes" ou "Pompiers". Rien de bien original, donc. Ce n’est pas du Franquin (les détails sont assez inexistants en fait) et graphiquement, cela suit donc son cours. Pour du gag en une page, un talent à la Nicolas Pétrimaux serait un brin déplacé.

Seulement, il est toujours possible de faire abstraction du dessin quand les gags sont bons. Après tout, certains ont jugé le trait de Charles Schulz faible (ils nourrissent les poissons depuis) et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Certains s’en sortent très bien avec un style simple, voire minimaliste – David Berry y arrive avec de simples patates. Bon, elles sont gore, mais ce sont des patates, juste des putains de patates – mais souvent c’est parce que derrière, il y a un script qui suit. J’évoquais Charles Schulz, mais ses Peanuts avaient des textes et des scenarii soignés, souvent emprunts de philosophie. L’art du comic strip.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos boucs, si nous voulons utiliser un autre cliché. Ici, ce qui ne fonctionne pas, ce sont les histoires racontées. Pourtant les auteurs sont des Metalleux ou en connaissent, très bien, il ne faut pas avoir fait Saint Cyr pour le comprendre. Mais alors, pourquoi ? Pourquoi présenter des blagues aussi éculées, qui ne feront que confirmer une réputation que les Metalleux se trimbalent auprès de ce fameux « grand public ». Ah moins que le Metalleux lambda aime à cultive ce côté « over the top », faire peur à la mémé qui tricote dans le parc tranquillement et qui chie sur tout ce qui n’a pas de distorsion.

Alors oui, vous vous dîtes « ça y est, le Beagle monte sur ses grands chevaux, il s’énerve parce que l’on égratigne son image de Metalleux », mais globalement je m’en fous. Des clichés, si vous en voulez, allez à n’importe quel concert quand vous pourrez à nouveau voir un concert. Vous aurez les vestes à patch, les nanas qui semblent sortir de The Rocky Horror Picture Show ou d’un cosplay de LACRIMOSA. Ils sont présents et font partie du décorum. Si la population indienne fonctionne à travers des castes, ce serait un peu pareil avec notre « communauté ».

En pratiquant l’art du défonçage de portes ouvertes, les auteurs ne vont pas chercher leurs gags bien loin tant tout devient prévisible. De la perception de ce qu’est le Metal pour les « non-initiés » (du bruit) à quelque chose qui se rapproche d’un alcoolisme cradingue, rien n’échappe à la moulinette infernale des auteurs, avec en point d’orgue cette intolérance crasse mâtinée de cette espèce de victimisation qui défrise les poils du cul (un peu comme ces Metalleux qui veulent porter plainte contre M6 suite à un reportage de Cassos pour Cassos).

Mais vous allez dire : cette victimisation, je suis en plein dedans à gueuler comme un putois. Certes, difficile de vous donner tort, cependant ce qui m’exaspère le plus est cette facilité à pondre une trentaine de pages (même pas les quarante-huit réglementaires !) qui vont conforter l’image du Metalleux auprès du grand public (donc, le bon gros débile à la con) alors que nous savons tous très bien que le « grand public » n’en a rien à carrer et qu’ils va passer à côté de cette BD pour s’attarder sur les grosses cylindrées qui commencent à fleurir sur les tables des libraires spécialisés. Cet ouvrage de niche est donc destiné à se prendre un bide. Quoique, le timing n’est pas si mal.

Si une préface de Tonton Zégut vous titille encore les roustons et qu’un autocollant Radio Metal vous explose littéralement le caleçon, vous pouvez sacrifier onze euros pour la cause. Mais vu la période de l’année, vous risquez d’être quelques-uns à trouver cette BD sous le sapin à Noël. Si ça se trouve, vous kifferez et je passerai (encore) pour un vieux con réac'. Mais rien à foutre. Je vous causais de "Murder Falcon" il y a peu et franchement, si je devais craquer un bifton, ce serait pour ce dernier qui, malgré toutes ses maladresses, dégage bien plus de sincérité et de passion.

Hum ? Faut que je me fasse soigner les nerfs ? Nan mais ce n’est même pas drôle, je vous assure !

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- Richard Di Martino (dessin)
- Chloé (scénario)


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