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The MURDER OF MY SWEET - A Gentleman’s Legacy (2021)
Par HAPLO le 4 Juin 2022          Consultée 480 fois

S'il y a bien un combo sur lequel je n’aurais pas parié plus de deux couronnes suédoises tant pour la qualité que pour la longévité, c’est bien celui créé, armé et animé d’une main (musicale) de fer par l’ami Daniel Flores, vieux briscard du Metal Prog nord européen.

Et pour cause ! Doté en premier lieu d’un nom plus qu’improbable, The MURDER OF MY SWEET se propose, dès sa création en 2009-2010, d’intégrer un courant Metal Gothique-Pop-à chanteuse à fortes connotations radio-consensuelles et pour le coup déjà densément fréquenté par des poids lourds comme EVANESCENCE, WITHIN TEMPTATION ou autres ELYSION qui en avaient déjà tout dit ou presque…

Mettant néanmoins un point d’honneur à doter ce joujou personnel d’un son puissant et efficace, ce qui va quasiment devenir sa patte sonore, Daniel Flores recrute une Diva à la voix Pop Rock immédiatement identifiable et taillée sur mesure pour le job. Le reste du groupe est quant à lui composé de sièges (assez éjectables) sur lesquels de bons musiciens viennent poser leurs augustes séants, mais invités à laisser leur imagination aux vestiaires pour se limiter aux quelques ingrédients autorisés par le maître cuistot. On est là pour jouer du facile et du catchy… pas pour enrichir l’histoire du Metal avec de nouvelles prouesses en termes d’originalité et d’expérimentation !

The MURDER OF MY SWEET nous délivre donc joyeusement son prêt à consommer, sûr de trouver sa voie sur des rythmiques calibrées, des orchestrations aux petits oignons, des mélodies fédératrices qui ne contrarient personne, une chanteuse à la plastique irréprochable et à l’empreinte vocale originale au travers de titres profilés pour séduire dès la première écoute… mais qu’on a tendance à oublier dans les minutes qui suivent… Et pourtant ! Pourtant, les albums se succèdent, se suivent, réservant pour quelques-uns un frémissement d’évolution même si la trajectoire demeure volontairement et globalement linéaire : du minimaliste "Divanity" (2010) des origines, en passant par l’optimiste "Bye Bye Lullaby" (2012) sans oublier le très surprenant "Beth Out Of Hell" (2015) mais sur lesquels vient s’affaler le décevant "Brave Tin World" de 2019, The MURDER OF MY SWEET parvient néanmoins à survivre et à se faire sa place sur cette scène pourtant si décriée, oscillant entre le téléguidé-sucré et la bonne cuvée inattendue de derrière les fagots !

Caressant sans doute l’idée de relancer une machine à rêves ayant légèrement calé dans la pente de sa dernière livraison studio, Daniel Flores va, en bon batteur-mixeur-producteur, aller piocher dans son (riche) passé musical afin de rebondir avec le sixième opus du combo pour le millésime 2021-2022. Il reprend pour cela le fond narratif de l’avant dernier album pondu en 2007 par MIND’S EYE (son groupe d’alors) : formation dynamique de Metal prog joliment vitaminé ayant sévi entre 1998 et 2008 au sein duquel notre bonhomme à tout faire officiait déjà derrière les fûts… et la table de mixage. Sur ce concept-album intitulé "A Gentleman’s Hurricane", Flores et ses complices du moment (parmi lesquels un certain Johan Niemann !) nous immergeaient dans le récit sombre et tragique d’un ex-agent de la CIA ayant basculé dans le monde des voyous comme tueur à gages et trouvant la mort au bout du chemin. La musique riche et nerveuse de MIND’S EYE contait alors cette descente aux enfers, non sans un certain talent d’ailleurs…

Avec "A Gentleman’s Legacy" paru en décembre 2021, The MURDER OF MY SWEET reprend le récit à l’enterrement du bonhomme, ceci au travers des yeux de sa fille, la bien-nommée Pandora à laquelle, comme tu t’en doutes ô lecteur attentif, la belle Angelica Rylin prête ici sa voix de midinette pop-rock mais pour l’occasion bien maîtrisée et savamment expressive. Vengeance, lourds secrets, rôle trouble d’un homme d’église ayant élevé puis maltraité son défunt père… Les ingrédients d’une tragédie classique sont bien réunis pour l’occasion… Que nous dit la musique qui les porte ?

Passé la reconnaissance immédiate de ce qui fait aujourd’hui la signature flashysante de The MURDER OF MY SWEET, un son puissant, épais, où les guitares insufflent une énergie indéniable, où des claviers bien présents accompagnent des mélodies diablement efficaces quand ils ne sont pas à l’origine d’orchestrations symphonisantes à souhait… Et bien force est de constater que le maestro Flores a un tantinet ouvert sa fenêtre pour laisser rentrer un brin de variété et de qualité. Car contrairement à un "Brave Tin World" qui s’essoufflait dès le troisième titre et qui tournait ensuite en rond autour d’un modèle très formaté, "A Gentleman’s Legacy", sans pour autant révolutionner le genre, n’hésite pas à proposer quelques virages inattendus, des bridges rafraîchissant, des soli en embuscade (dont certains forts sympathiques !) et autres accélérations bienvenues !

Je rassure quand même les fans inconditionnels de la platitude sonore unidirectionnelle, les Suédois n’abandonnent pas tous leurs démons et nous proposent encore quelques pistes emblématiques qui, si elles étaient éditées en livres papier, pourraient sûrement être utilisées pour caler des pieds de tables mal dimensionnés : Le très linéaire (à l’exception du solo !) "Wheels Of Time", le formaté-maison "Father’s Eyes" ou même la power-balade "Please, Don’t Wait Up" qui, même si elle est relativement bien ficelée, fait figure de redite après le très réussit "Rise Above" qu’elle clone dans son intégralité ou à peu de chose prêt…

À l’inverse, le gang de Flores, semble t’il porté par cette intrigue captivante, nous sort du chapeau quelques titres taillés pour la course mêlant mélodies porteuses, riffing catchy, orchestrations et arrangements prenants, voir quelques sorties de route certes maîtrisées mais qui ont le mérite d’exister ! Le podium est selon moi remporté haut la main par le percutant "Heads Or Tails", titre profilé tout en chromes d’une efficacité redoutable (à l’image d’un succulent solo guitare tant long qu’acrobatique), suivi à la culotte par l’équilibré et rentre-dedans "Trick Of The Devil" fort de son bridge accélérant nous entraînant vers un escalade conclusive qui n’omet pas d’être bien punchy. Ayant justement mis en exergue l’ineffable platitude des multiples baladounettes soporifiques saturant l’opus précédent des Suédois, je salue également le bienfaisant rééquilibrage opéré avec "A Gentleman’s Legacy" plus particulièrement avec un titre un chouïa ambitieux comme "Rise Above" dont le crescendo intelligent, la puissance contenue et le tempo accrocheur ne peuvent que séduire le véritable cœur d’artichaut sentimental refoulé qui se dissimule en moi (si, si…). Enfin, petite mention pour le clôturant "Finding Closure", pièce maîtresse de tout concept album qui se respecte et dont la ligne rythmique musclée, le refrain syncopé et le très honorable solo final font très dignement le job en la matière.

Ainsi, sans être pour autant la révélation de l’année 2021, le duo Flores-Rylin nous offre, avec "A Gentleman’s Legacy" une petite mais ferme lumière d’espoir dans l’obscurité vertigineuse où nous avait plongé un "Brave Tin World" sans couleur ni saveur. The MURDER OF MY SWEET n’est certes pas mon groupe de prédilection mais la qualité, même à dose homéopathique, ça rend optimiste ! "A Gentleman’s Legacy" est un album de bonne facture, ceci malgré toutes les idées reçues qui circulent sur ce courant métallique… Cela devait être dit.

Seul devant cette tombe discrète dans laquelle gît un ex-agent devenu voyou, je dépose en catimini un optimiste 3/5 à côté des fleurs qui embellissent le marbre mouillé. Je m’enfuis à la vue d’une silhouette féminine qui approche… Sa vengeance est accomplie mais sa douleur n’est pas pour autant apaisée.

- pour l’efficacité : "Heads Or Tails",
- pour la belle balade : "Rise Above",
- pour la clôture : "Finding Closure".

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- Angelica Rylin (voix)
- Mike Palace (guitares)
- Patrik Janson (basse)
- Daniel Flores (batterie, claviers, tout le reste...)


1. Six Feet Under
2. A Ghost Of A Chance
3. Damnation
4. The Wheels Of Time
5. Winged
6. Kill Your Darlings
7. Fathers Eyes
8. Rise Above
9. Trick Of The Devil
10. Heads Or Tails
11. Please, Don't Wait Up
12. Finding Closure



             



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