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ANVIL - Metal On Metal (1982)
Par T-RAY le 28 Septembre 2020          Consultée 938 fois

Le drame d'ANVIL, c'est un peu d'avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Et son deuxième album studio, le célèbre "Metal On Metal", sorti en 1982, en est l'exemple flagrant. Exposant d'évidentes velléités d'agression à plusieurs reprises, la formation de Steve "Lips" Kudlow et Robb Reiner – encore entourés de leurs compères de l'époque, Ian Dickson et Dave Allison – apparaît toutefois un peu seule, sur la scène canadienne du tout début des années 1980, à tenter d'élever le niveau de férocité du Heavy Metal tel qu'il était alors pratiqué. En Angleterre et surtout sur la côte ouest des États-Unis, l'on joue déjà plus fort, plus vite et avec une fureur encore jamais vue ni entendue.

ANVIL, lui, a déjà laissé filer sa chance quand sort ce disque à la pochette iconique. Certes, sa musique fait des étincelles à de nombreuses occasions mais elle a encore du mal à tout découper comme le combo le souhaiterait. La faute, peut-être, à un trop grand respect des musiciens pour leurs influences Hard Rock traditionnel, et à des thématiques de séduction et de sexe qui infusent les morceaux les moins virulents, tels que "Stop Me", "Scenery" et "Tease Me, Please Me". Leurs paroles désuètes parlaient déjà moins aux jeunes Metalleux ayant découvert les puissantes promesses de la New Wave Of British Heavy Metal (NWOBHM). Ces titres illustrent bien davantage la face Hard d'ANVIL que sa face Heavy, qu'on attendait pourtant plus présente suite à un premier album aux airs de Janus.

Alors il n'y a pas grand-chose à reprocher, fondamentalement, à ces titres plus Hard Rock, car ils sont balancés avec une énergie communicative par un quartette survolté, tout particulièrement "Tease Me, Please Me", au croisement du Hard et du Heavy avec un Lips excité comme une puce. Mais lesdits morceaux restent un poil convenus tout de même, bien qu'ils bénéficient d'un côté accrocheur de par leurs refrains et leurs riffs immédiats. C’est surtout le lascif "Stop Me", seul morceau chanté par Dave Allison sur le disque, qui apparaît très en retrait avec son côté FM et vient quelque peu gripper la rutilante scie circulaire qui venait de se mettre en marche avec le morceau-titre... et surtout l'irrésistible "Mothra", Heavy comme pas possible et qui doit beaucoup à la façon de jouer des têtes de gondole de la NWOBHM, justement.

Avec "Mothra", le groupe démontre qu'il était capable de proposer un Heavy Metal véloce totalement dans l'air du temps, avec une urgence bienvenue, des riffs excitants, des lignes de basse galopantes, des soli ébouriffants et les références geek qui vont bien (Mothra, la mite géante, ça ne vous dit rien ?). Et l'instrumental "March Of The Crabs" enfonce le clou de manière magistrale, dans le registre Speed Metal. En entendant ces deux titres-là, l'on en vient immanquablement à regretter qu'ANVIL n'ait pas forcé le trait sur les "speederies" : le regard des Metalleux de l'époque se serait certainement tourné pour de bon vers Toronto. Même les hyper dynamiques "Jackhammer" et "Heat Sink" participent de ce goût pour la vitesse et l'agressivité.

Dommage que ce dernier soit immédiatement suivi du bien plus terne et plus mid-tempo "Tag Team", qui ouvre la voie aux deux autres morceaux Hard Rock cités plus haut. Il faut attendre l'ultime "666", qui joue la carte du Diable histoire de montrer qu'ANVIL n'a pas perdu de vue que la mode est au satanisme de pacotille et au Heavy bien Speed, pour retrouver un élan digne de celui de "Heat Sink" (mais pas de "Mothra", n'exagérons pas). Avec tout ça, j'en oublierais presque de parler du tube d'entre les tubes d'ANVIL : "Metal On Metal" lui-même… Mais c'est normal car il n'est pas le titre le plus éblouissant du disque, loin de là. Mid-tempo lui aussi, et répétitif avec ça, il ne mérite sa légende que par le côté rassembleur qu'il démontre en concert, car même son riff n'est pas inoubliable.

Si "Metal On Metal", le morceau, est emblématique encore aujourd'hui, c'est peut-être aussi parce qu'il dévoile un Lips tout en voix rauque de fumeur patenté, celle qu'il ne cessera plus d'adopter dans les décennies qui suivront. Qu'on entende cette version de 1982 ou toutes les autres qui viendront par la suite, en live sur album ou dans la vraie vie, on a toujours le sentiment d'entendre le même morceau, ce qui rend celui-ci indélébile et effectivement indissociable d'ANVIL lui-même. Pourtant, Lips ne chante pas de la même façon sur tout le disque et conserve encore en partie, sur de nombreux titres, le côté juvénile qu'il affichait sur "Hard'N'Heavy", premier album du combo. Une variété bienvenue qui contribue au plaisir d'écoute que génère ce deuxième L.P., réel en dépit de son côté inégal. Un plaisir qui doit aussi beaucoup à la qualité d'interprétation des morceaux.

Les membres d'ANVIL, en effet, démontrent ici qu'ils sont tout sauf manchots. Et c'est sans doute l'une des raisons qui font qu'ils sont respectés, aujourd'hui encore, en tant qu'instrumentistes. La petite histoire qui veut que Lips ait été sollicité par Lemmy Kilmister pour tenir la gratte à la place de "Fast" Eddie Clarke après son départ consécutif à la sortie de "Iron Fist", n'est pas usurpée : le légendaire leader de MOTÖRHEAD savait reconnaître un très bon musicien. Cela aurait signifié la fin d'ANVIL après "Metal On Metal" mais Kudlow n'était pas du tout disposé à cela. Si Lemmy avait eu besoin d'un batteur, il aurait pu également tenter de recruter Reiner, qui fait lui aussi feu de tout bois sur ce deuxième longue-durée, et dévoile une palette technique remarquable. Quant à Dickson, le mix de sa basse fait également honneur à ses compétences, ici.

Ainsi, en dépit du côté inégal des morceaux, allant du tout juste correct "Stop Me" aux tonitruants "Mothra" et "March Of The Crabs", et de l'incapacité du quartette à choisir franchement entre Heavy/Speed musclé et Hard Rock un brin standard, la fraîcheur qu'affiche encore le disque aujourd'hui grâce à l'enthousiasme inaltéré de ses interprètes permet à "Metal On Metal" de sauter la barrière de la décimale et de décrocher quatre étoiles Nightfalliennes quand d'autres sites l'auraient affublé du 3,5/5 qu'il mérite réellement. Il faut dire qu'ANVIL ne fera pas souvent mieux dans sa carrière alors autant saluer comme il se doit l'engagement sans faille qu'affichaient les quatre membres d'origine envers leur groupe à l'époque de la sortie du disque.

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   T-RAY

 
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- Steve 'lips' Kudlow (guitare lead, chant)
- Dave Allison (guitare rythmique, chant sur #3)
- Robb Reiner (batterie)
- Ian Dickson (basse)


1. Metal On Metal
2. Mothra
3. Stop Me
4. March Of The Crabs
5. Jackhammer
6. Heat Sink
7. Tag Team
8. Scenery
9. Tease Me, Please Me
10. 666



             



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