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- Membre : Eternity's End

DEFEATED SANITY - The Sanguinary Impetus (2020)
Par POSITRON le 20 Août 2020          Consultée 1408 fois

J'ai envie de vous parler de DEFEATED SANITY (couramment abrégé en DEF SAN) depuis environ 2017 mais je n'ai pas vraiment pu le faire jusqu'à présent. Car pour commencer à parler d'un groupe il n'y a pas trois mille possibilités : on peut choisir de commencer par le début, par le milieu ou par la fin.

Par la fin c'était un peu compliqué car le dernier en date était alors "Disposal Of The Dead/Dharmata" sorte d'album découpés en deux Eps, "Disposal" consacré aux influences les plus débiles façon Slam old-school (donc crade) du groupe et "Dharmata" aux influences les plus techniques, évoquant les sempiternels ATHEIST et CYNIC. Un album que j'ai personnellement bien aimé mais dont le concept assez particulier était peu indiqué pour présenter le groupe.

Par le début c'était un peu chiant car sans entrer dans les EPs et les splits que je ne connais pas vraiment, le premier album de DEF SAN, "Prelude To The Tragedy" est quasi unanimement considéré comme leur moins bon et leur moins intéressant et ne m'étant pas pressé pour l'écouter je n'en ai ni une connaissance approfondie, ni un désir d'acquérir une telle connaissance.

Par le milieu enfin cela suppose d'avoir une vue d'ensemble sur la carrière du groupe histoire de commencer par les disques les plus importants, les classiques quoi. Or même après trois ans d'écoutes j'ai toujours un peu du mal à cerner et ordonner cette discographie consistante dans la qualité mais pas forcément très accessible. Il m'a fallu à peu près trois ans pour commencer à me dire que "Chapters Of Repugnance" était sans doute un poil moins bon que les albums qui l'encadrent : "Psalms Of The Moribund" et "Passages Into Deformity" entre lesquels je ne sais d'ailleurs pas choisir. Autant dire que ça ne remplit pas une chronique, et je ne peux même pas m'aider de l'avis du public qui est assez divisé quant à leur meilleur album.

Donc voilà j'étais un peu niqué, jusqu'à ce que sorte "The Sanguinary Impetus" qui me fournit un très bon prétexte pour enfin parler du groupe sur NIME. Un album qui pourtant m'a l'espace d'un instant sacrément foutu les boules. Malgré mes volontés d'auto-discipline je reste comme beaucoup de mes semblables très sensible aux premières impressions, et c'est-à-dire que, bon, voilà, pour tout vous dire, ne pas tourner au tour du pot, pisser du mot, aligner les virgules, ma première impression était pas folle.

C'est bien dommage mais non seulement le premier morceau est le moins bon de l'album mais il est en plus flanqué d'une intro et d'une outro que je trouve ridicules voire déplaisantes. Oui c'est bien Lille, tu est prof de batterie et tu me montres comment accélérer progressivement au one-foot blast avant de commencer ton morceau, très bonne indépendance des membres sur le jeu au charley, j'en ai rien à foutre. L'espace d'un moment j'ai cru que j'allais devoir commencer à parler de DEF SAN avec leur plus mauvais album en quinze ans ça m'a mis le cafard. Un peu plombé par cette première impression et pas séduit par un son que je trouve maintenant très correct mais qui n'est pas non plus stéroïdé à la manière de beaucoup de prods de Brutal Death récentes, je suis passé à côté du disque.

Heureusement je suis revenu de cette mauvaise passe avec la foi retrouvée, porteur de cette certitude : comme d'habitude DEF SAN défonce tout. Alléluia, etc.

Alors peut-être qu'après presque une page d'introduction l'impatience vous guette et vous voudriez savoir "comment", "de quelle façon" et même "dans quelle mesure" est-ce que, exactement, ces messieurs de la Sanity "défoncent tout". Vous auriez pu deviner en notant "Slam" et ATHEIST dans le même paragraphe qu'on est EN présence de Brutal Tech capable de casser des rythmes trois fois entre dix secondes comme de balancer des gros slams. Ce serait correct mais incomplet.

Réellement aimer DEF SAN c'est un peu goûter au plaisir de se faire avoir, se faire balader, se faire mener en bateau. Ce qui peut réellement déplaire au fan de (Brutal) Death plus orthodoxe dans ce groupe, plus que la technique époustouflante des membres, c'est la volonté du groupe de se jouer des structures et dynamiques traditionnelles du BDM, quelque chose qu'on retrouvait déjà chez DEEDS OF FLESH mais en moins virtuose. Plus que des cassures, des breaks ou des fills, DEF SAN change de direction plusieurs fois par morceau, là ou l'instinct nous aurait plutôt proposé d'aller tout droit. Imaginez la transformation de SUFFOCATION entre "Effigy..." et "Pierced..." comme un pas en avant et maintenant faites-moi le GR20, et au trot.

Cet album est peut-être bien celui qui pousse cette démarche encore plus loin dans la composition comme dans l'exécution, porté en particulier par la meilleure performance à la basse de chez tout DEF SAN, rien que ça. Lille est toujours un des batteurs les plus créatifs du Death actuel mais on aurait pu craindre avec le départ du guitariste Christian Kühn qui était quand même la depuis 2005 que le niveau à la guitare allait s'affaisser. Sauf que Lille Gruber a aussi fait tout son conservatoire de guitare classique et qu'il en joue depuis qu'il a cinq ans, autant dire que ça rigole pas. Et même si vous survivez au déluge technique vous ne sortirez pas des slams sismiques de "Dislimbing The Ostracized" sans avoir été sévèrement aplati au point de perdre un tiers de votre taille.

Une volonté futile d'exhaustivité me pousse à communiquer à votre être désormais purifié par le chug les détails suivants. Petit un, le disque a été mixé par l'illustre Colin Marston dont on a pas assez parlé sur ce site. Petit deux, l'album parle de divers prédateurs et de la façon dont ils traquent, capturent, et assimilent leurs proies. C'est très cool et très fun à lire et comme un contre-pied à la qualité musicale c'est la première piste qui a mes paroles préférées. Inversion of the predatory hierarchy/ Transcending the natural order of consumption mais en fait ça parle de plantes carnivores. Petit trois – le plus important – il y a un crossed stick blast sur "Arboreously Transfixed". C'est EXTRÊMEMENT important. Rien à foutre ? Très bien, concluons.

Si on additionne les quatre fans de DISGORGE (non pas les Mexicains) et les trois fans de DEEDS OF FLESH sur NIME, ça devrait faire sept personnes intéressées par ce disque (ah non mince ce sont les mêmes), ça ne fait pas beaucoup mais c'est déjà suffisant pour que j'écrive des bêtises. Mais puisque "The Sanguinary Impetus" aurait apparemment pu se hisser à une place surprenante au Billboard, seulement quatre places derrière la dernière bouse d'EMINEM (*), cela signifie que s'il était boudé sur NIME on tiendrait là un argument imparable pour affirmer que nos lecteurs s'y connaissent moins en Death Metal que le grand public. La Honte avec un grand H. Je vous le dis en tant qu'ami, de vous à moi, si vous ne vous mettez pas à ce disque par bon goût musical, faites-le au moins pour sauver l'honneur.

_ _ _

(*) Illustration tragique du mot "déclin" mais ça n'est pas la question. D'ailleurs le plus triste c'est que son dernier album est peut-être meilleur que les deux précédents.

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- Lille Gruber (batterie, guitares)
- Jacob Schmidt (basse)
- Josh Welshman (vocaux)
- Colin Marston (guest guitare)
- Dan Thornton (guest guitare)
- Justin Sakogawa (guest guitare)


1. Phytodigestion
2. Imposed Corporeal Inhabitation
3. Conceived Through Savagery
4. Entity Dissolving Entity
5. Insecta Incendium
6. Arboreously Transfixed
7. Propelled Into Sacrilege
8. Drivelling Putrefaction
9. Dislimbing The Ostracized



             



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