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KATAKLYSM - Shadows & Dust (2002)
Par SIRFRANGILL le 9 Juin 2019          Consultée 435 fois

Et ils remettent ça, deux albums en deux ans n'ont pas suffi à la bande à Dagenais à nouveau en pleine forme et à l'élan créatif insatiable, responsable d'un troisième album depuis 2000 (ce qui fait vingt-sept morceaux pondus en 876 jours quand même, soit un morceau par mois). Il aurait été envisageable que "Shadows & Dust" le petit dernier de la fratrie ait été victime d'un certain essoufflement lui qui déboule en fin de course, ne dit-on pas que les derniers kilomètres sont les plus durs ? C’est finalement tout le contraire qui se produit, l'ultime volet de la trilogie du millénaire nouveau s'avère être le meilleur, pas seulement depuis "Temple Of Knowledge" mais de toute la carrière du quartette.

En un an et un mois après "Epic (The Poetry Of War)", il était inévitable de voir la ligne directrice de ce dernier perpétuée sur son successeur, les Québécois vont néanmoins apporter la nuance subtile (si je puis dire) qu'il faut pour que l’œuvre ne puisse être qualifiée de redite. Là où les quelques épices rajoutées à la sauce sont les plus évidentes à nos papilles, c'est sur l'ouverture "In Shadows & Dust". Si "Il Diavolo In Me" débutait les hostilités de 2001 sur un ton immédiatement mélodique, l'opener de 2002 préfère nous balancer d’emblée un riff bien lourd et efficace n'étant pourtant que le prélude à l'explosion que Iacono se chargera de détonner par sa première intervention. S'abat alors sur nous une coulée de riffs accrocheurs qui dépasse assez étonnement tout ce qui avait pu être réalisé auparavant par le Cataclysme, accompagnée d'un jeu de batterie bien dense ajoutant à la folie du morceau qui ne s’embarrasse d'aucune réelle structure. Son côté expéditif ne rend le morceau que plus jouissif et unique dans la discographie du groupe, au sein de laquelle il bénéficie à raison d'une place de choix parmi les classiques live indéboulonnables. Ce premier titre est le meilleur exemple de ce que "Shadows & Dust" a de plus à apporter que son grand frère, car il est l'exagération du caractère plus singulier du petit nouveau, misant davantage sur la lourdeur et le groove. Si "In Shadows & Dust" est la seule piste vindicative et mastoc de bout en bout, on retrouvera de gros riffs à se damner sur "Chronicles Of The Damned", "Bound In Chains" ainsi que sur la seconde partie de "Where The Enemy Sleeps..." côtoyant des passages plus menaçants comme sur le refrain de "Illuminati" ou encore sur "Bound In Chains".

Si le recours plus fréquent à des riffs plus rythmiques y est pour quelque chose dans la musculation du jeu de KATAKLYSM, c'est aussi le cas de la production toujours prise en charge par Dagenais lui-même, réussissant à engraisser les six-cordes pourtant déjà rendues adipeuses par l'accordage en si, en plus d'octroyer une signature sonore singulière à la galette. En réalité je ne sais si c'est là le résultat du travail derrière les tables de mixage ou de la particularité du jeu de Dagenais mais le frottement du médiator de ce dernier sur ses cordes est régulièrement agrémenté d'une légère harmonique qui pourrait agacer certains mais qui participe à l'identité sonore du travail. Outre la guitare, ce sont les percussions qui sont particulièrement mises en avant (la caisse claire la première) ce qui souligne encore davantage le côté plus brut de "Shadows & Dust" d'autant que le gravity blast est à nouveau à la fête, déchaînant sa furie sur "In Shadows & Dust", l'intro de "Illuminati" et "Bound In Chains".

Malgré ses atours plus agressifs, la galette reste largement tournée vers la mélodie sans pour autant arborer l'aspect parfois plus épique de "Epic" (les références directes à l'histoire romaine ont d'ailleurs disparu, à l'exception de l'intro de l'album samplée du film "Gladiator") pour embrasser, assez étonnement, une certaine forme de mélancolie. Il y a de la beauté dans cette musique, que ce soit dans le pré-refrain de "Illuminati", le refrain de "Bound In Chains" presque triste malgré sa ligne de chant syncopée proche du Neo ou sur le final solennel u"Years Of Enlightment/Decades In Darkness" au refrain dramatique (assez proche de celui de "Illuminati" d'ailleurs) précédant un final plus endiablé où se succèdent solos soniques de guitare et de basse (qui n'est pour ainsi dire audible qu'à cette occasion), même Duhamel a l'occasion de s'illustrer dans les ultimes secondes du skeud. Loin de séparer nettement les deux aspects de son art, Dagenais parvient également à lier lourdeur et mélodie en un ensemble uni, le meilleur exemple étant le second classique du disque, "Where The Enemy Sleeps..." avec son riff d'intro phénoménal, donnant autant envie d'headbanguer que de rendre hommage à ses compagnons d'armes fictifs morts au combat. Celui-ci n'est pourtant qu'une semi-réussite comparé à son homologue ouvrant "Face The Face Of War" avec une puissance inouïe avant de laisser la place à une refrain prenant poussant au serrage de poing, quel dommage que le titre n'aie jamais acquis sa place parmi les classiques live.

Pour en terminer avec la comparaison avec "Epic", je dirais que ce qui différencie "Shadows & Dust" de ce dernier c'est avant tout le fait qu'il lui soit supérieur en tout point. Plus lourd, plus prenant, plus efficace, plus accrocheur aussi (par ses riffs mais aussi par ses refrains mémorables, comme celui de "Beyond Salvation", rythmé et imparable). KATAKLYSM a été touché par la grâce du mont Olympe au sommet duquel son nom sera gravé suite à la sortie de cet album, premier sommet de sa discographie qui ne sera égalé (voir dépassé ?) que par sa musculeuse suite "Serenity In Fire". C'est d'ailleurs ces deux chefs de son œuvre que le groupe a présenté dans leur intégralité lors de sa tournée de 2017, nous rappelant que si ses sorties actuelles sont loin d'avoir conservé la qualité d’antan, leurs prestations en concert restent mortelles comme avaient pu être leurs sorties studios en 2002 et 2004.

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   SIRFRANGILL

 
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- Maurizio Iacono (vocaux)
- Jean-françois Dagenais (guitare)
- Stéphane Barbe (basse)
- Max Duhamel (batterie)


1. In Shadows & Dust
2. Beyond Salvation
3. Illuminati
4. Chronicles Of The Damned
5. Bound In Chains
6. Where The Enemy Sleeps...
7. Centuries (beneath The Dark Waters)
8. Face The Face Of War
9. Years Of Enlightment/decades Of Darkness



             



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