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KATAKLYSM - Temple Of Knowledge (kataklysm Part Iii) (1996)
Par SIRFRANGILL le 14 Mars 2019          Consultée 358 fois

Après un "Sorcery" marquant par son approche à la fois épique et réellement cataclysmique, lui ayant permis de décrocher une tournée aux USA et au Mexique (une première pour un groupe canadien) au côté d'un DEICIDE au zénith de sa rage démoniaque, KATAKLYSM nous propose, à peine un an plus tard, son second essai désireux de persévérer dans la formule originale du quartette, les distinguant alors réellement du reste de la scène. Tout cependant ne demeure pas inchangé. Est à remarquer en premier lieu un changement de batteur, en effet le pensionnaire historique, Max Duhamel, est pour la première mais pas pour la dernière fois contraint de se distancer du groupe, handicapé qu'il est par son genou défectueux. Il est donc remplacé par Nick Miller, musicien assez obscur ayant semble-t-il fait preuve de sa force de frappe dans quelques groupes originaires du Minnesota. Cette modification de line-up n'est pas sans conséquences pour la musique des Canadiens car l'une des particularités de "Sorcery", le fameux "hyperblast" de Duhamel qui participait à la folie et à la singularité du propos, disparaît pour laisser place à un jeu de batterie beaucoup plus classique, basant sa force sur le blast beat.

On ne peut pas parler pour autant d'assagissement de la musique puisque le principal artisan de l'hystérie passée, l'oracle transcendé Sylvain Houde, est toujours de la partie et ne semble pas décidé à rentrer dans le rang. Ses lignes, assez éloignées de ce qui se fait traditionnellement dans le milieu, se montrent toujours aussi anarchiques et hystériques (le bougre s'impose des cadences telles qu'il a parfois bien du mal à articuler l'ensemble des vers). On remarque cependant un rétrécissement de son spectre vocal, alors que sur "Sorcery" il pouvait passer de l'aigu écorché au growl batracien, il se focalise désormais sur les premiers. Son timbre naturel est même souvent perceptible derrière ses grognements qui se tiennent en équilibre entre guttural et vocal, ce qui ne témoigne pas d'une grande maîtrise. Ces approximations seront toutefois aisément pardonnées, c'est ici la forte personnalité des vocaux qui compte (son chant pas totalement growlé nous donne parfois l'impression d'entendre un malade pétant un câble, ce qui contribue à la folie de l'ensemble).

Un tel organe semble seoir à merveille l'histoire qui nous est contée au travers de l'album. Il s'agit apparemment de l'invasion de la terre par les démons dont l'imminence est révélée par Houde. Les textes parfois assez énigmatiques recèlent diverses symboliques caractéristiques des prophéties, telle que celle du chiffre trois, qui, outre le fait qu'elle soit très présente dans les lyrics de "The Awakener", est la base de la structure de l'album. On retrouve en effet neuf morceaux répartis en trois triptyques ayant chacun leur titre. De plus, cet album, faisant suite à leur premier EP et premier longue-durée, est sous-titré "Kataklysm Part III". De nos jours, plus de vingt ans après la prédiction, les textes peuvent se révéler assez kitsch puisque ces derniers parlent de l'année 1999 (année à la fois liée au chiffre trois et à l'éventuel apocalypse de l'an 2000 je suppose) comme une année future, ce qui est de moins en moins facile à prendre au sérieux avec les temps qui passent. La pochette elle aussi paraît très vieillie, avec son bleu artificiel, cette insertion de visage assez étrange et son temple en polygones sentant bon (ou mauvais c'est selon) le Windows 95. On évitera tout de même de se montrer trop dur tant on retrouve peu de ce genre d'univers et d'esthétique dans le Death.

Guitaristiquement on notera quelques petites évolutions, d'abord une plus grande propension de Dagenais aux solos, qui sont donc bien plus nombreux que sur "Sorcery", on a même le droit à quelques plans sweeping sur "In Parallel Horizons". De manière générale, "Temple Of Knowledge" paraît plus direct et agressif que son prédécesseur, les morceaux se sont raccourcis, les blasts (qui sonnent, il faut le dire, assez plastique) et riffs plus lourds sont désormais plutôt dominants surtout en fin d'album (on pourra même remarquer de grandes similitudes entre un riff de "Fathers From The Suns" et celui de "Push The Venom" qui verra le jour quatorze ans plus tard). Le guitariste-compositeur use toujours de ralentissements groovy mais, peut-être par volonté de mieux les intégrer aux compositions, les place moins systématiquement en queue de morceau. KATAKLYSM ne laisse pas pour autant ses volontés épiques et plus mélodiques, en témoignent la belle intro basse/guitare de "The Awakener" (qui est d'ailleurs le seul rescapé de la première époque du groupe sur les setlists plus récentes) et le bonus track "L'Odyssée", plus simple dans sa structure que le reste des morceaux mais aussi plus lent, ce qui confère au titre un côté héroïque bienvenu étant donné le sujet traité. Comme le laisse deviner le titre, les paroles sont en français ce qui rend l'écoute assez singulière d'autant que Houde le crie plutôt intelligiblement. Ce qui est plus difficile à distinguer en revanche, se sont les lignes de basse, elles qui ronronnaient sans arrêt sur "Sorcery", elles ne sont désormais audibles que lorsque la guitare se tait ce que l'on pourra déplorer. Comme Iacono ne se fait plus remarquer par les cordes de son instrument, il compense par ses cordes vocales. En effet, s'il était déjà auparavant crédité aux backing vocals, ce n'est en réalité que depuis "Temple Of Knowledge" que nous avons fait connaissance avec la voix écorchée du sieur. Il se montre même très présent sur "Exodus Of Evils".

En 1996, KATAKLYSM nous a donc offert une œuvre tout aussi solide que son prédécesseur, confirmant son style particulier de Death, chaotique mais souvent mélodique. Le triptyque débuté en 1993 avec "The Mystical Gate Of Reincarnation" ne sera cependant jamais gratifié d'une suite, le départ de Houde, durement affecté par la rupture avec sa copine d'alors, transformant la formation dans les grandes largeurs. Désormais menés par Iacono devenu vocaliste et frontman, les Québécois donneront dans un Death plus direct et accessible, abandonnant ses concepts romanesques pour s'ancrer davantage dans la réalité, au grand dam des fans de la première heure, qui seront toutefois remplacés par une cohorte de nouveaux adhérents, plus nombreux que jamais.

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   SIRFRANGILL

 
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- Sylvain Houde (vocaux)
- Jean-françois Dagenais (guitare)
- Maurizio Iacono (basse, backing vocals)
- Nick Miller (batterie)


- the Transenflamed Memories
1. The Unholy Signature (segment I-utterly Significan
2. Beckoning Of The Xul (segment Ii-in The Mist Of Th
3. Point Of Evanescence (segment Iii-of Sheer Perseve
- through The Core Of The Damned
4. Fathers From The Sun (act I-the Occurred Barrier)
5. Enhanced Bt The Lore (act Ii-schorlarship Ordained
6. In Parallel Horizons (act Iii-spontaneous Aura Pro
- era Of The Aquarius
7. The Awakener (epoch I-summon The Legends)
8. Maelstrom 2010 (epoch Ii-omens About The Great Inf
9. Exodus Of Evils (epoch Iii-ladder Of Thousend Pars
- bonustrack
10. L'odyssée...



             



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