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FOLK METAL EXTREME  |  STUDIO

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ELUVEITIE - Ategnatos (2019)
Par VOLTHORD le 1er Juin 2019          Consultée 1074 fois

Dans le ELUVEITIE post- "Spirit", il y avait à boire et à manger.
À boire, et puis à manger.
Dans "Ategnatos", il y a enfin à boire ET à manger.
Un bon sanglier au vin rouge, en quelque sorte.

Et il était temps bon sang ! Que ce festin cesse de nous rester entre les dents, le temps de faire parler le fer alors qu’il s’était refroidi, le temps de redorer un blason trop enfermé dans sa devise, le temps de raviver les couleurs d’une tapisserie ternie à force d’avoir foulé les planches. Les Helvètes signent enfin un retour digne de ce nom.

Quelque part, le titre éponyme marquait déjà les prémices d’un renouveau : une introduction incantatoire laisse place à la force toute suédoise de guitares musclées (dans un sens très esthétisé, certes), puis un refrain aux élans dramatiques puissants sans être forcés. Un titre qui définit l’ELUVEITIE dans sa forme la plus variée, riche, resplendissante. Avant, je ne jurais que par "Slania’s Song", j’ai décidé de faire de "Ategnatos" mon nouveau mètre-étalon pour introduire le groupe à qui voudrait s’y frotter.

"Ategnatos" dans son ensemble laisse voix au chapitre à chacun de ses dix musiciens (pour pas moins d’une vingtaine d’instruments). Habituellement, Chrigel Glanzmann préparait toutes les compositions pour arrangement et enregistrement, et l’on pourrait à juste titre penser que c’était la raison pour laquelle chaque instrument semblait isolé dans les phases de dialogues. "Ategnatos" au contraire a été composé de concert, avec toutes les mains et les voix du groupe. Cela expliquera ses arrangements Folk enrichis par une prise d’initiative collective et la croissance organique des compositions à partir de thèmes centraux.

Enfin au centre de la scène se trouve une chanteuse en compagnie de Glanzmann, et pas seulement pour un ou deux singles. Fabienne Erni figure enfin comme une personnalité unique au sein du groupe (plus que la remplaçante d’Anna Murphy). Son timbre et sa harpe teintent et hantent chaque (presque chaque) titre d’un ton clair obscur féminin et saisissant.

Si l’aspect "Pop Folk" décrié par des puristes (mais que j’ai pour ma part au contraire toujours accueilli à bras ouverts) se retrouvera sur le tantôt sautillant tantôt grave "Ambiramus" et le tout à fait bateau mais amusant "Breathe", il sera finalement assez rarement isolé.

Car au même moment où ELUVEITIE semble baisser la garde en soulignant un chant féminin associé à une "facilité d’accès" inévitable, il redouble sa garde et mitraille du riff, parfois même du solo (bordel, ça c’est nouveau !), voire surjoue parfois sa violence. C’est finalement parce que le tempo imposé par le chant dramatique de Fabienne Erni lui permet de ralentir les pulsations par minute qu’il rend ses pics d’agressivité plus percutants et parfois réellement surprenants (poussé presque à l’excès sur "Threefold Death"... Et j’aime l’excès). Ainsi "Slumber", en contenant sa batterie en dehors de l’espace Göteborg où le groupe a l’habitude de la perdre, possède une agressivité contenue qui le fait figurer parmi les plus belles pièces produites par le groupe.
Ainsi même dans les passages "Deathwalker" et sa mitraille de riffs un peu fatigants prend d’attachantes couleurs de mélancolie grâce… À sa harpe et le backing subtil et sensuel de Fabienne Erni. Lorsqu’il évince toute trace de féminité sur un "Worship" dénué de tout chant clair et brillant par l’auguste présence de Randy Blythe (LAMB OF GOD, qui n’était jusque là dans un diagramme de Ven avec Glanzmann que par la mocheté commune de leurs dreadlocks), il garde malgré tout une approche du rythme où c’est le phrasé des chanteurs qui guident organiquement le flot metallique.

On pardonnera même les écueils du trop routinier Melodeath "A Cry In The Wilderness" et du très youpi-youpla "The Raven Hill", patchwork mi-irlandais ("Oro Se Do Bheatha Bhaile") mi-occitan ("Ai Vis Lo Lop") à la fois bien tenté mais aussi un peu pas réussi (chez ELUVEITIE, les "reprises" sonnent souvent comme des mauvais déjà-entendus).

Formaté ? Toujours un peu. ELUVEITIE répond à un artifice de carte postale new age depuis ses débuts, take it or leave it. Déjà entendu ? Après autant d’albums à la production fashion de chez Nuclear Blast, ça reste inévitable. Attachant ? Toujours autant. Car si ELUVEITIE a parfois manqué d’inspiration, il a rarement manqué de charisme. Les défauts de "Ategnatos", c’est ce qui est arrivé avant lui, l’agonie progressive post- "Slania". Je décide d’en faire abstraction et de 'surnoter' cette œuvre qui sauve une année 2019 pour le moment assez pauvre en sorties Folk Metal excitantes. Si par bonheur le nom du groupe ne vous évoque encore rien, tentez le coup en commençant par là, puis revenez aux sources et à leur premier album, et vous aurez deux œuvres d’une force incroyable.

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- Chrigel Glanzmann (chant, mandole, pipeaux)
- Fabienne Erni (chant, harpe, mandole)
- Matteo Sisti (pipes, bodhran)
- Michalina Malisz (vielle)
- Nicole Ansperger (flûtes)
- Kay Brem (basse)
- Jonas Wolf (guitares)
- Rafael Salzmann (guitare lead)
- Alain Ackermann (batterie, percussions)


1. Ategnatos
2. Ancus
3. Deathwalker
4. Black Water Dawn
5. A Cry In The Wilderness
6. The Raven Hill
7. The Silvern Glow
8. Ambiramus
9. Mine Is The Fury
10. The Slumber
11. Worship
12. Trinoxtion
13. Threefold Death
14. Breathe
15. Rebirth
16. Eclipse



             



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