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REDEMPTION - Long Night's Journey Into Day (2018)
Par HAPLO le 23 Avril 2019          Consultée 1730 fois

Les grands groupes ont ils une âme ? Est-il encore possible d’évoluer musicalement sans se renier tout en conservant son talent, et accessoirement, sa popularité ? Que va donner le scrutin des Européennes après l’hiver social de couleur jaune que nous venons de passer ?

Pour ces questions qui me taraudent actuellement, les deux premières concernent directement REDEMPTION.

Formation américaine (très) talentueuse œuvrant depuis 2002 et pilotée – ou dirait-on “inspirée”- par le prodigieux et multi instrumentiste Nick van Dyk, REDEMPTION a su gagner sa place auprès des groupes respectés de Metal Progressif du moment. Au fil de ses six premiers albums, dont trois commentés sur NIME, ce groupe a acquis et imposé un style bien particulier, vocalement mené par l’excellent Ray Alder (FATES WARNING) à la voix traînante et sableuse dont les harmonies se mariaient si bien avec les mélodies et le rythme des compositions.

Mais voilà : Ray Alder ayant donné son congé… Quid du devenir de REDEMPTION ?

C’est vers un bon ami de Nick van Dyk que les espoirs du groupe vont se tourner, en la personne du sieur Tom S. Englund, tête suédoise pensante d’EVERGREY, également multi instrumentiste et surtout bourré de talent : et là, les amis, ça passe ou ça casse ! Car pour ceux qui connaissent et aiment l’univers d’EVERGREY, on est assez loin de ce qui fait le charme de REDEMPTION… Autre changement de cap, la production est confiée à Jacob Hansen (VOLBEAT, PRIMAL FEAR, AMARANTHE, DORO, EPICA et bien sûr… EVERGREY !), avec lequel les Américains n’ont pas encore travaillé.

Lever de rideau, donc, sur ce septième album de REDEMPTION “The Long Night's Journey Into Day” :
Une très jolie couverture qui fait lever la tête pour regarder le ciel vu d’en bas et surtout le long escalier qui y mène… Le visuel nous invite à nous diriger de l’obscurité vers la lumière, à tenter de nous élever, le voyage ne sera pas pourtant de tout repos.

Or, dès le premier titre “Eyes You Dare Not Meet In Dreams” le ton est donné : l’album commence au pas de charge avec une belle ambiance rythmée, oppressante, chargée et riche. Tom Englund se glisse avec brio au sein du groupe et, sans nous faire oublier Ray Alder, nous bluffe en nous laissant penser qu’il est là depuis des lustres tant sa voix se pose naturellement sur le style et la patte harmonique et rythmique de REDEMPTION.

Suivent trois brûlots qui catapultent l’auditeur crédule de retour sur la planète REDEMPTION : “Someone Else's Problem”, “The Echo Chamber” et “Impermanent”, consacrent, selon moi, le vrai retour de ce groupe aux individualités talentueuses mais au collectif monstrueux : ces trois morceaux alignés permettent de ressentir concrètement l’osmose complète entre la voix, les mélodies, la base rythmique et la technicité des musiciens : les transitions, naturelles, s'annoncent d'elles-mêmes et chacun contribue à une vraie cohérence d'ensemble (on est très loin d’une succession de solo ou de démonstrations techniques individuelles dont certains se font les spécialistes). Les rythmiques sont compressées et aiguisées comme on les aime, une batterie qui s’avère réellement hallucinante, des mélodie prenantes et limite obsédantes, l’alchimie joue et l’on s’élève vers le ciel… Bref, trois véritables tueries tant mélodiques que techniques…
Une micro once de regret cependant : malgré une très bonne balance globale entre les différents instruments, la batterie impériale et archi présente (mais combien a-t-il de bras ???) couvre quelque peu certaines parties de la basse qui se retrouve de fait légèrement en retrait… Dommage !

Notre montée vers la lumière se poursuit avec trois compositions plus calmes (toutes proportions gardées, on reste dans du pur style REDEMPTION) avec l’aérien “Indulge In Color”, le rythmé “Little Men” et le trompeur “And Yet” : ce dernier nous attirant dans une fausse douceur pour prendre un envol tardif mais de toute beauté !

La phase finale de notre voyage s’annonce avec des compositions de belle facture où le talent ne claque plus mais s’installe confortablement dans ses quartiers: “The Last Of Me” et “The Long Night's Journey Into Day” (plus de dix minutes pour ce dernier) nous font savourer cet effort ultime vers la clarté mais sentir également les poids que nous traînons tous dans nos poches...

Le morceau “Noonday Devil” qui clôture l’album (je ne tiens pas compte de la version radio anecdotique de “Someone Else's Problem”) avec ses paroles dures et touchantes nous rappelle qu’une fois atteinte, la lumière contient également sa part de ténèbres… Et le cycle se relance, au risque de nous plonger de nouveau au bas de l’escalier…

Bref, un album riche doté d’une ambiance épaisse et unique portée par des textes réellement touchant, car faisant références aux nombreuses luttes intérieures et extérieures qui font de nous des humains. Musicalement proche de la perfection, REDEMPTION prouve ici que le talent transcende les changements de personnes. Non seulement le groupe nous sort un album de grand cru mais affermit également sa position de leader avec un brio certain: L’alchimie est complète entre des musiciens auxquels Tom Englund vient ajouter son talent inné de frontman.

Seule interrogation qui m’empêche de proposer un 5 plein et entier à cette réussite globale à laquelle j'accorde un 4,5 survitaminé, la présence d’un titre de U2 qui, même bien repris, dénote avec le reste des compositions… Un petit clin d’œil aux années 80 qui, selon mon humble avis, perturbe quelque peu le rythme et l’identité artistique de l’album.

Un retour à la lumière elle même source d’ombres et le cycle s’achève pour finalement répondre à mes questions:
- REDEMPTION est bien doté d’une âme! Nick van Dyk et ce formidable collectif en sont le souffle vital,
- REDEMPTION a su conserver son style unique malgré plusieurs changements majeurs de line-up et tout en progressant dans sa musicalité… C’est en général à cela que l’on reconnaît un grand groupe !

- Pour les élections européennes, seul l’avenir nous le dira, mais le métalleux, tout mélomane qu’il est, se doit également d’être citoyen !

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   HAPLO

 
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- Nick Van Dyk (guitare, claviers)
- Chris Quirarte (batterie)
- Sean Andrews (basse)
- Tom Englund (chant)
- Vikram Shankar (claviers)
- Guest:
- Chris Poland (guitare)
- Simone Mularoni (guitare)


1. Eyes You Dare Not Meet In Dreams
2. Someone Else's Problem
3. The Echo Chamber
4. Impermanent
5. Indulge In Color
6. Little Men
7. And Yet
8. The Last Of Me
9. New Year’s Day
10. The Long Night's Journey Into Day
11. Noonday Devil
12. Someone Else's Problem (radio Edit)



             



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