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UNLEASHED - The Hunt For White Christ (2018)
Par PERE FRANSOUA le 2 Avril 2019          Consultée 759 fois

"De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont encore ceux qui se taisent"

Coluche

Je pense toujours à cette vanne pleine de sagesse lorsque je me flagelle pour écrire sur certains albums. Hé oui, car s’il est aisé d’écouter un disque et de laisser un avis flottant se former, écrire une chronique décente à son sujet s’en est une autre.
Il est des groupes que j’aime sincèrement mais qui ne m’inspirent pas des masses. UNLEASHED est de ceux-là.
Prendre ces responsabilités, comme dirait l’autre, pour aller au bout d’un opus, passe encore, mais comme j’ai eu la chance, l’audace et la naïveté de réserver TOUT le reste de la discographie des Suédois qui n’a pas encore été couvert sur ce beau site, je me retrouve face à un mur. L’habile Possopo avait d’ailleurs non seulement identifié le problème d’UNLEASHED mais réussi à le contourner en chroniquant deux albums d’un coup, démontrant l’immobilisme relatif et l’intérêt pas toujours aigu de la bande à Johnny Hedlund.

En trente ans de carrière UNLEASHED s’est rarement planté, délivrant au fil des ans des œuvres d’une qualité plutôt constante, et c’est d’autant plus vrai depuis leur "seconde" partie de carrière où leur "nouveau" guitariste Fredrik Folkare s’occupe de la composition et de la production.
Mais il n’y a pas que la qualité qui est constante, il y a tout le reste : la musique, la prod, les thèmes. À quelques menues exceptions.
Nous sommes donc en face du parfait exemple du groupe de Metal entêté dont la principale qualité est la persévérance et pour qui chaque nouvel album est un album de plus.

Je me tâtais donc pour savoir si j’allais d’abord traiter "As Yggdrasil Trembles", "Hammer Bataillon" ou bien encore "Victory", lorsque l’annonce de la sortie de "The Hunt For White Christ" imposa son planning: traiter la nouveauté en priorité, siempre!

"The Hunt For White Christ", un titre chelou pour qui n’a pas eu la joie intellectuelle de se pencher sur les textes de leurs derniers disques (grosso modo depuis "As Yggdrasil Trembles"). Ceux-ci nous comptent la belle histoire fantasmatique dans un monde post-apocalyptique, post-Ragnarök en fait, appelé Odalhiem (cf "Odalheim", l’album de 2012), où des gentils païens combattent vaillamment contre les méchants chrétiens. Ceux qui conduisent cette belle rébellion émancipatrice, pour protéger famille et mode de vie, sont les guerriers de Midgard et leurs troupes d’élite les Bataillons du Marteau (cf "Hammer Battalion", l’album de 2008.)

Des textes mi-engagés mi-délirants. Païens libres du monde entier, unissez-vous, c’est la lutte finale, non pas contre le Capital (quoi que, il y a toujours eu un fond de critique sociale chez nos vieux Suédois), mais contre les terribles armées du Christ Blanc.
Le Christ Blanc incarne les restes de judéo-christianisme dans ce nouveau monde imaginaire, une sorte de tyran inique et couard (tout le temps en train de s’enfuir), dont les armées sournoises attaquent en traître les populations civiles.
Nous avions quitté les valeureuses armées vikings sur une victoire, aidés par le fils de Thor ("Dawn Of The Nine"), et cette fois on les voit enfoncer le clou et faire la chasse au Christ Blanc jusque dans sa cité de Jorsala (Jérusalem dystopique). Ça finit bien cette fois avec une nouvelle fuite du méchant, la victoire totale des gentils et l’ouverture des frontières pour un monde libre ("Open To All The World"), youpi tralala.
Ne croyez point que l’histoire s’arrêtera là, Johnny a déjà déclaré que la suite nous sera contée sur les prochains disques, toujours en suivant la trame de son livre qu’il n’a pas le temps de concrétiser. On brûle d’impatience.
Et la musique là-dedans ?!

11 titres, 42 minutes, pas le temps de rigoler, ça enchaîne les titres incisifs (comme l’éponyme "The Hunt For White Christ" et ses 2 minutes 36 secondes). On ne cherche pas la petite atmosphère, UNLEASHED c’est le vrai Metal, celui qui n’enlève jamais le perfecto (c’est vrai que c’est jouli les cheveux longs sur le couir noir), défenseur héroïque du bon riff traditionnel qui ne déçoit jamais. Et qui ne surprend pas plus, cette fois c’est plus vrai encore tant "The Hunt For White Christ" paraît être un "Dawn Of The Nine" II, ce qui constitue un compliment en ce sens qu’il n’y a aucune baisse de qualité.
Même prod de champion et une même science du bon riff cuit au chaudron servi dans un menu super équilibré.

Au niveau sonore c’est donc irréprochable, tout est puissant et lisible, la basse claque bien comme il faut et le grain des guitares devrait fédérer tous les metalleux du monde, avec pile l’abrasivité qu’il faut pour faire badass sans repousser les plus frileux.
Les rugissements de notre Mamie Gâteaux préférée, le monument Johnny Hedlund, sont toujours exactement aussi rauques et articulés (parfaitement compréhensibles sans lire les paroles). On ne rate donc rien de ses textes lourdingues, glorifiant, bataille après bataille, le courage des guerriers de Midgard, avec des refrains qui nous rentrent bien dans le crâne.
Bref, on ne change surtout pas une équipe qui gagne.

Au niveau des compos c’est tout le savoir-faire forgé par les décennies de labeur métallique qui se retrouve sur ce monument d’équilibre. Pas de morceau faible mais pas non plus de gros hit. Aucun titre n’est exclusivement rapide ou lent, tout est bien pesé, tempéré, l’efficacité au poing, c’est pas à de vieux vikings qu’on apprend à faire un raid, ils enchaînent les bons riffs maison, énergiques, speed ou écrasants, ça blaste, ça galope, ça martèle.
Cavalcade suédoise de tradition depuis "Where No Live Dwell" ("They Rape The Land", "Lead Us Into War"), arpège sur blast (l’enthousiasmant "You Will Fall"), refrain puissant ("Gram", "Terror Christ"), couplet rythmique dynamique ("By The Western Wall", "Open To All The World"), il y en a pour tout le monde.

Et en plus il y a plein de beaux soli de guitares bien rapides et techniques, vraiment chouettes. Il y en a même à chaque morceau, comme ça on en profite un max, génial, non ? Ils arrivent d’ailleurs toujours au même moment et.. Tiens tiens, si on scrute les structures des titres on s’aperçoit qu’elles sont toujours très exactement les mêmes. Une bonne vieille recette "intro (courte)/couplet/pre-refrain/refrain/couplet/pre-refrain/refrain/soli/reprise couplet-refrain" des familles, rien de mauvais en soi, ça fonctionne toujours. Parce que UNLEASHED ne fait pas que du vrai de vrai Metal, UNLEASHED fait aussi (et surtout) des chansons, des bonnes, des efficaces, des qui se retiennent et qui se fredonnent à tue-tête, et les vraies bonnes chansons c’est comme ça, couplet-refrain-couplet-refrain-soli-de-ouf-reprise.
D’accord mais répété méthodiquement sur tout un album, onze fois donc, sans la moindre exception ni la moindre once de variation, ça fait beaucoup, ça agace, ça handicape, ça leste, et ça ressemble fort à une bonne vieille routine psychorigide typique des seniors. Alors oui, là aussi c’est pas nouveau chez eux, mais disons que c’était quand même un peu moins voyant sur "Dawn Of The Nine" ou "Odalheim".

Tout ce que je disais sur "Dawn Of The Nine" vaut pour "The Hunt For White Christ". UNLEASHED, en tant que papy gâteau du Death Metal accessible, possède un savoir-faire inégalé et délivre un disque ultra-pro parfaitement sonorisé à l’écriture catchy et équilibrée, exact prolongement des opus précédents, à tous les niveaux (sonore, musical, et thématique).
On ne va pas épiloguer sur les besoins de renouvellement ou d’originalité des vieux groupes puisqu’on est sur le cas UNLEASHED qui se définit par sa persévérance et sa loyauté au style et aux fans. En revanche, comme la structure des morceaux est toujours exactement la même et que ça finit par m’agacer, que les titres sont équilibrés, trop équilibrés, compulsivement équilibrés, qu’on en vient à souhaiter du déséquilibre et des petites touches de surprise, m’enfin cassez-moi cette routine je vous prie, je n’arrondis pas la note au niveau supérieur, on reste à trois étoiles méritées mais pas plus.
Vous voyez comme au final j’avais plein de choses à vous dire sur ce disque. Il faudrait que j’arrête de me plaindre.

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   PERE FRANSOUA

 
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- Johnny Hedlund (basse, vocaux)
- Anders Schultz (batterie)
- Fredrik Folkare (guitares)
- Tomas Olsson (guitare)


1. Lead Us Into War
2. You Will Fall
3. Stand Your Ground
4. Gram
5. Terror Christ
6. They Rape The Land
7. The City Of Jorsala Shall Fall
8. The Hunt For White Christ
9. Vidaurgelmthul
10. By The Western Wall
11. Open To All The World



             



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