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SKA-P - Lágrimas Y Gozos (2008)
Par CHAPOUK le 31 Août 2018          Consultée 604 fois

Après dix ans de bons et loyaux services et un "¡¡Que Corra la Voz!!" tonitruant, le groupe annonce en 2005 qu'il se met en pause pendant une durée indéterminée.

Les membres vont alors en profiter pour s'occuper de leurs propres projets chacun dans leur coin : Joxemi s'investit un peu plus dans son groupe NO RELAX, qu'il a monté avec une chanteuse italienne, Pipi monte The LOCOS, dont il est le chanteur principal, Kogote joue dans un autre groupe de Ska Punk (SALIDA NULA) et Pulpul continue de composer dans son coin en vue d'un éventuel futur album.

Malgré tout, le groupe décide de se retrouver en 2007 pour prendre la température entre les membres. Visiblement elle a dû être bonne, puisqu'en 2008 sortait "Lágrimas Y Gozos".

En 2002 (six ans putain), le groupe avait crié une dernière fois toute sa colère avant de se mettre un peu en retrait. Que penser de ce retour alors ? Est-ce que ça signifie qu'ils vont reprendre les mêmes thématiques ? Est-ce qu'ils vont pencher un peu plus d'un côté que d'un autre (Punk/Ska) ?

Et bien "Ni Fu Ni Fa" est là pour nous répondre !
Grands coups de trombone et de trompette pour introduire la mascarade électorale présentée par Pulpul, le tout sur fond de Ska Punk énervé et d'un refrain costaud où le groupe donne tout.
Bon ben le ton est donné hein !
On a là du "¡¡Que Corra la Voz!!" en un peu plus rageur mais un chouïa moins déconneur. Seule "Gasta Claus", avec ce son de clavier qui évoque Noël et son texte qui se moque ostensiblement du Père Noël, rappelle l'humour du précédent skeud.
Autrement l'ambiance est nettement plus sérieuse et parfois cela dessert clairement les morceaux. Par exemple on peut se lasser d'un "El Libertador" (je préfère quand les SKA-P sont vraiment anarchistes et gueulent qu'il faut brûler le pouvoir, plutôt que de les entendre acclamer Hugo Chávez), d'un "El Tercero De La Foto" où le groupe rie jaune en se moquant d'un homme politique espagnol, qu'il traite de "laquais des Ricains", ou encore d'un "Decadencia" assez poussif et pas vraiment aidé par ses lignes de chant.
Mais la plupart du temps c'est bénéfique, ça ne fait que rendre les titres encore plus percutants et violents (surtout textuellement).

"Crimen Sollicitationis" est un véritable molotov, balancé dans les vitraux de l'Église catholique ! Le Ska n'a rien de festif ici, il est là pour souligner l'ironie des couplets qui pointent du doigt les cas de pédophilie au sein de l'Église qui ont été excusés (!) ou que l'on a tenté de dissimuler. Et lorsque débarque le Punk et les gros chœurs vengeurs on se sent envahi d'une furieuse envie d'aller brûler le Vatican, surtout quand vient le final, où l'on peut entendre Pulpul s'arracher vocalement ! Mais c'est encore plus flagrant lors de l'écoute des refrains et du final de "Fuego Y Miedo", qui évoque les fusillades en milieu scolaire en effectuant un parallèle avec ce que le gamin de la chanson ressent lorsqu'il presse la détente et lorsqu'il regardait des films de cow-boy (d'où le côté western du titre et l'harmonica).

Et que dire de "La Colmena" ?
Les Espagnols font référence ici aux émeutes de 2005 qui avaient bien remué la France. Ils en foutent plein la gueule à Sarkozy (en utilisant un sample de son fameux "Vous en avez assez de cette bande de racailles ?" et en chantant en français "je suis le feu de la justice, je suis la racaille de cette patrie, oui on l'attend le karcher de Sarkozy") et disent en substance qu'il a marché une fois de trop sur la gueule des pauvres et qu'ils ont bien eu raison de se révolter. Hormis l'intro et l'outro du titre, ça tatane sec ! Par moments on se rapproche même du Punk Hardcore (avec cuivres par contre) entre cette rythmique effrénée, ces riffs agressifs, ces gros chœurs, et ce débit de furieux.

Dans le genre "qui envoie du bois" on trouve aussi le revendicateur "Vandalo", tandis que l'ode à la chute de l'empire américain qu'est "El Imperio Caerá" ramène un peu de Ska dans tout ce Punk. Mais ces deux-là ne rivalisent pas avec "Wild Spain". Dans le même esprit que "Crimen Sollicitationis" le Ska n'est là que pour souligner de ses cuivres et de sa rythmique bondissante l'ironie grinçante des couplets, donnant un petit côté "cirque/foire" au titre, tandis que le pré-refrain et le refrain viennent, de façon plus brute, pointer du doigt la cruauté de la corrida et de l'Espagne.

Et puis on a deux surprises au milieu de tout ça, deux titres beaucoup plus calmes qui marchent étonnamment bien ! Le premier que l'on rencontre lors de l'écoute du skeud c'est "Los Hijos Bastardos de La Globalización", un mid-tempo, où le clavier a un rôle super important pour instaurer cette atmosphère mélancolique et "légèrement futuriste" qui accompagne le récit d'enfants esclaves condamnés à fabriquer des objets pour un salaire de misère (sous-entendu merci la mondialisation), mais dont le final laisse entrevoir une touche d'espoir. Par contre, celui qui surprend le plus c'est "Qué Puedo Decir" ! Car il se fait beaucoup plus personnel que les autres puisque Pulpul nous dévoile ses états d'âme sur le monde pourri d'aujourd'hui et en profite pour envoyer un message d'amour à sa fille et d'espoir aux enfants du monde, le tout sur fond d'un petit Ska façon MADNESS (où l'on profite à loisir de la basse de Julio).

En somme malgré quelques titres un peu moins percutants que les autres, le groupe signe là un super retour ! Ils ont l'air encore plus énervés qu'au début des années 2000 et en profitent pour en enrichir leur musique. Malgré le côté humoristique qui se perd un peu, le groupe s'en sort très bien et on ne peut que lui souhaiter de ne pas perdre cette colère qui lui sert de combustible.

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   CHAPOUK

 
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- Pulpul (guitare, chant)
- Pipi (chant)
- Kogote (claviers)
- Julio (basse)
- Joxemi (guitare)
- Luismi (batterie)


1. Ni Fu Ni Fa
2. El Libertador
3. Crimen Sollicitationis
4. Fuego Y Miedo
5. La Colmena
6. Gasta Claus
7. El Imperio Caerá
8. Los Hijos Bastardos De La Globalización
9. Vándalo
10. El Tercero De La Foto
11. Decadencia
12. Qué Puedo Decir
13. Wild Spain



             



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