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ABYSMAL GRIEF - Blasphema Secta (2018)
Par PERE FRANSOUA le 24 Mai 2018          Consultée 627 fois

Alors que je bâtissais, chronique après chronique, avec une clairvoyante pertinence mon argumentaire infaillible autour du fait que ABYSMAL GRIEF n’évolue pas, ou si peu, et c’est d’ailleurs pour ça qu’on l’aime, le voilà qui me tacle sournoisement.

ABYSMAL GRIEF a changé.

Enfin presque pas. Juste à peine plus que d’habitude et d’une façon suffisamment subtile pour qu’il soit dur de dire en quoi et par quoi il diffère. Néanmoins la bête italienne n’est plus tout à fait la même (ni tout à fait une autre, rassurez-vous !).
C’est d’abord et avant tout la production globale qui a bougé. Moins de rouille sur la herse, plus de chauves-souris dans le manoir, autrement dit les guitares rentrent dans le rang après des années à nous râper méchamment avec leur fuzz, pour un mix plus harmonieux. C’est moins ouvertement Doom Sludge et carrément Heavy putride, et c’est loin d’être désagréable.
L’orgue omniprésent sur le précédent opus n’apparaît que timidement (mais sûrement) en seconde moitié d’album et laisse s’exprimer les violons et autres claviers d’épouvante.

Mais c’est surtout le chant qui nous surprend le plus, en tout cas sur les premiers titres. Habitués que nous étions du chant grave de baryton Gothique théâtralisé et exagéré jusqu’au growl, nous écarquillons les oreilles en entendant il signore Labes C. Necrothytus délivrer d’étranges growls murmurés à l’effet horrifique immédiat.
Le chat noir retombera sur ces pattes vocales sur le dernier titre "Ruthless Profaners", du sang pour sang ABYSMAL GRIEF, à savoir un Doom Goth entraînant conduit par l’orgue (on appréciera son break bien Heavy avec chant de messe noire invoquant Satan).

C’est en fait sur le premier morceau (si l’on ne compte pas l’intro), "Behold The Corpse Revived", que se concentrent les "changements" les plus marquants. Et c’est en plus le meilleur morceau du groupe depuis des années. Une marche entraînante de dix minutes qui passent sans qu’on s’en rende compte, où l’on se laisse porter par ces violons entêtants, simples mais efficaces, et qui donnent une touche tragique inédite. Un clavecin transylvanien s’invite pour un break Heavy cryptique qui fait rebondir la mélopée.
Dans son sillage, l’énergique et groovy mid tempo "Maleficence" enfonce le clou dans le cercueil à coups de sons hantés.

Chez ABYSMAL GRIEF on a toujours le droit à une pièce instrumentale pourvoyeuse d’ambiance frissonnante, cette fois il y en a deux, et merci bien. "When Darkness Prevails" est fort réussie dans son genre d’épouvante nocturne qui rendrait jaloux CRADLE OF FILTH.

Mais voilà que nous avons déjà fait le tour du disque ! Résumons. Deux instrumentaux, deux morceaux ouvrant une nouvelle voie avec un chant pas comme d’habitude, un autre à la fin qui est, lui, tout à fait comme d’habitude. Il nous reste donc un dernier grimoire à ouvrir en la qualité d’une longue piste centrale intitulée "Witchlord". On espère que ce sera une de ces lentes et funéraires litanies dont nos macabres Italiens ont le secret.
On apprend alors que c’est une reprise. En bons nécromanciens, ils nous avaient déjà fait le coup de la reprise pointue et improbable sur le prédécesseur en allant déterrer un obscur groupe américain des seventies (BEDEMON) qui n’avait jamais rien enregistré d’officiel. Aujourd’hui ils récidivent et nous gâtent encore en reprenant leurs compatriotes de EVOL, le groupe le plus kitsch (ridicule ?) de tous les temps, chantres d’un Black Folk-Ambiant-fantasy-cheap.
Grazie millepour cette madeleine surgie des 90s, le bon vieux temps où l’on bouffait aveuglément les cochonneries d’Adipocere dont Metallian prêchait benoîtement les mérites. Volthord avait d’ailleurs parfaitement résumé le truc dans sa chro de leur premier album.
C’est donc "Witchlord", leur "tube" qui est ressuscité dans une version en tout point identique à celle qu’on peut entendre sur "Dies Irae", leur dernière galette, en réalité une compil' de raretés et de démos, plutôt que la version un peu plus longue et raffinée du EP "Ancient Abbey" (et qui s’intitule alors "Tale Of The Witchlord").
S’agissant d’un des titres les plus réussis, ou l’un des moins mauvais c’est selon, de ce groupe souvent considéré comme assez nul, on passe plutôt un bon moment avec la version ABYSMAL GRIEF, leurs deux styles kitschouilles se conjuguant à merveille. On voyage durant neuf minutes entre rythmiques Heavy simplissimes (lentes ou groovy), Folk au feu de bois, avec un orgue tout aussi épuré qui domine tout du long. Outre l’invitation d’une voix de femme, pour faire comme sur l’originale, notre maître de cérémonie funéraire offre les cris Black les plus râpeux et gargouillants de sa carrière.

"Blasphema Secta" est leur opus le plus frais depuis des années, offrant une succession de bons titres franchement plaisants qui réussissent le tour de force d’être différents dans la continuité. Une rupture tranquillou, en quelque sorte.
On ne sait plus s’il s’agit encore de Doom Goth. Le groupe qualifie sa musique de "Dark Italian Sound", réaffirmant leur filiation avec Paul CHAIN, DEATH SS et compagnie.
Le seul défaut de ce nouvel album est de nous laisser sur notre faim. S’il affiche ces six morceaux pour 45 minutes réglementaires, une constante chez AB, lorsque qu’on soustrait les deux pistes instrumentales et la reprise de EVOL, il ne nous reste que trois nouvelles offrandes sérieuses, ce qui est mince. Et l’on déplorera aussi et surtout l’absence de titre super lent, ceux qui sont parmi mes préférés du groupe et qui se raréfient déjà sur "Strange Rites Of Evil".
C’est dommage car "Blasphema Secta" frôle la franche réussite. Cela ne l’empêchera pas de se faire une bonne place dans le caveau de famille à côté des autres méfaits, tous pareils et tous différents à la fois, et l’on aimera ce nouveau cadavre tout autant que ces frangins, voire même un peu plus.

Un 3,5/5 sympathiquement arrondi à la valeur supérieure.

[Pour celles et ceux qui aimeraient mettre la main sur leur musique, vu la distribution confidentielle, le meilleur moyen est d’acheter directement auprès de Regen Graves via le site officiel du groupe, ou sur Elektroplasma Musik, ils sont bien réactifs].

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   PERE FRANSOUA

 
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- Lord Alastair (basse)
- Lord Of Fog (batterie)
- Regen Graves (guitares, synthétiseurs)
- Labes C. Necrothytus (vocaux, claviers)


1. Intro (the Occult Lore)
2. Behold The Corpse Revived
3. Maleficence
4. Witchlord (evol Cover)
5. When Darkness Prevails
6. Ruthless Profaners



             



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